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jawzia
01/07/2009, 23h04
Maroc - Crise: L’été de tous les «dangers» ?
Publié le 29.06.2009 | 13h16

Alors que la saison estivale pointe le bout de son nez, les effets de la crise internationale sont passés à une vitesse plus rythmée avec une présence plus accrue au sein des artères des pans de l’économie nationale. Immobilier, tourisme, exportations, automobile, services,… Rien n’échappe à la crise !

Aujourd’hui, il ne s’agit pas de s’interroger sur le débarquement de la crise, mais de constater, impuissant, son impact (et ses dégâts) sur le tissu socioéconomique. Celle-ci apporte notamment son lot de destruction d’emplois et de fermetures d’usines, une diminution des arrivées touristiques (et baisse drastique des recettes touristiques), vide les carnets de commandes,… Bref, la crise fait son lit.

Aujourd’hui, chacun s’accorde à reconnaître que le Maroc est confrontée à la réalité de la crise et doit se préparer à la…subir. Souffrir en silence, mais jusqu’à quelle (s) limite (s) et dans quel (s) délai (s) ? Deux questions pertinentes à l’heure où de (très) nombreux acteurs économiques s’interrogent sur fond d’inquiétudes et de doutes.

Dans les pays européens – partenaires économiques majeurs du Maroc – la crise est mesurable (récession déclarée en France, 700 000 demandeurs d’emplois supplémentaires programmés pour 2009 et plus de 70 000 sociétés menacés de fermeture, 16% de la population active comme demandeurs d’emplois quantifiés en Espagne). Par contre au Maroc, c’est sous la pression des associations professionnelles que l’on peut prendre la température économique ambiante avec l’annonce de chiffres…contestés, souvent, par des membres de l'exécutif.

Du coup, aucune visibilité n’est donnée aux entrepreneurs et aux investisseurs potentiels. Conséquences ? Le statu quo. Du côté des banques, les dossiers de création (d’extension) d’entreprises à caractère industrielle ne font pas légion. Pis. Certains établissements bancaires «avouent» (en off) que l’activité du traitement de dossiers dédiés à l’emprunt – déposés par des professionnels ou des particuliers (crédit immobilier / mobilier) – ont considérablement baissé.

Seules les sociétés de crédits se portent à merveille avec une croissance à deux chiffres (+ 19,2%). Scénario logique en période de crise. Un phénomène «classique» au sein d’une société qui fait l’apprentissage de la (sur)consommation sur fond de compétition dans un environnement où l’on n’existe au travers de «ce que l’on a en matière de richesse et non pas pour ce que l’on est».

En guise de synthèse, que faut-il craindre sur le court et /ou le moyen terme ? Etant donné la santé affichée par la balance des paiements (2 mois de réserves de devises ?!) et les (premiers) effets dévastateurs de la conjoncture internationale, doit-on s’attendre au pire ?

Pour l’heure et étant donné l’urgence de la situation, tous les regards sont braqués sur le nord et l’attitude (et le comportement) des membres de la communauté marocaine. Seront-ils nombreux à venir…consommer cet été ?

Si la campagne agricole, qualifiée d’exceptionnelle, a permis au Maroc de...souffler au printemps, qu’en sera-t-il de la campagne «MRE», cuvée 2009 ? Doit-on craindre le…pire ?

Rachid Hallaouy

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