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Voir la version complète : Le pression fiscale en Algérie reste importante selon Slim Othmani


nassim
02/07/2009, 23h56
Pour le patron de NCA, la pression fiscale en Algérie reste importante. Ce facteur ne favorise pas la compétitivité des sociétés locales. Il reste beaucoup à faire pour apporter toutes les réponses adaptées aux problèmes vécus par les entreprises algériennes. C’est ce qu’a affirmé hier M. Slim Othmani, président-directeur général de la Nouvelle conserverie algérienne (NCA) et membre du Forum des chefs d’entreprise, sur les ondes de la radio Chaîne III, dans l’émission “Invité de la rédaction”. M. Slim Othmani reconnaît que la fiscalité directe, en matière notamment d’IBS, est assez basse, mais il ne partage pas l’opinion qui dit qu’en matière de pression fiscale, “nous avons les taux les plus faibles du Maghreb”. Le président de la Task force Goal 08, en référence au Code de gouvernance d’entreprise lancé en Algérie, indique que les mesures prévues dans l’avant-projet de loi de finances complémentaire, même si M. Othmani précise ne pas pouvoir en parler en détail étant donné que ces mesures ne sont que des propositions pour l’instant, concourent certainement “à apporter un souffle à l’entreprise”.

Cependant, estime-t-il, elles ne sont pas suffisantes pour renforcer la compétitivité de l’entreprise algérienne. Et pour cause, M. Slim Othmani, membre de l’exécutif du Forum des chefs d’entreprise, juge les charges patronales “excessivement lourdes”. Plus de 3% du chiffre d’affaires est consacré à la couverture des charges dans le domaine de l’industrie. Dans les services, le taux est multiplié par 3 ou par quatre. En matière de taxes, l’invité de la rédaction de la Chaîne III plaide pour la suppression de la taxe sur les activités professionnelles (TAP), “une taxe incomprise” par le monde entrepreneurial. Les bénéfices réinvestis sont trop fiscalisés. Le patron de NCA plaide aussi pour la suppression de la double imposition. La double imposition d’un même revenu, à travers l’IBS sur le résultat de l’entreprise puis à travers l’IRG en cas de distribution, “n’incite pas l’actionnaire à investir dans d’autres activités”, argumente M. Othmani. Au-delà de la fiscalité, l’entreprise algérienne supporte d’autres coûts qui la rendent mois compétitive par rapport à ses concurrents. Il cite notamment les coûts des transactions (logistiques, bancaires …) et les coûts des matières premières. “Les droits de douane pour les intrants dans le cas de l’industrie sont excessivement élevés. Nous sommes confrontés à de grands soucis de compétitivité vis-à-vis de produits importés qui parfois viennent des pays où les coûts des intrants sont nuls. Finalement ces produits arrivent sur le marché algérien et concurrencent les produits algériens”, explique M. Othmani.

Le président-directeur général de la Nouvelle conserverie algérienne affirme que beaucoup d’entreprises algériennes sont capables de concurrencer des produits internationaux. “Ces entreprises ont besoin de bénéficier des mêmes règles de jeu que leurs concurrents”, plaide-t-il, précisant que “l’entreprise privée algérienne est encore très jeune, à peine 18 ans d’âge. Il n’y a pas d’accumulation de capital qui permettrait à ces entreprises d’être agressives sur leur marché”. Du coup, M. Othmani souligne la nécessité d’engager rapidement un programme massif de mise à niveau. “Il devrait se chiffrer en milliards d’euros, nous avons besoin de plus de formation, plus d’infrastructures pour rendre l’entreprise algérienne très compétitive”, indique-t-il. “Le projet de l’autoroute, le doublement et la multiplication du réseau ferroviaire vont certainement améliorer la compétitivité de l’entreprise algérienne. Mais il y a encore de beaucoup de coûts qui gênent la compétitivité de l’entreprise algérienne”, a-t-il ajouté, indiquant que l’entreprise doit aussi faire un effort en matière de qualité. Évoquant la question des exportations, M. Slim Othmani rejette le terme “de frilosité” des entreprises à l’export. “Elles ont envie d’exporter mais exporter ne s’improvise pas. Il est vrai que l’entreprise a besoin d’être structurée en interne pour exporter.

Cependant, les mécanismes d’incitation et les infrastructures doivent être aussi au rendez-vous pour accompagner l’entreprise à l’export. Les entreprises ont besoin d’être accompagnées. Beaucoup d’efforts sont faits mais beaucoup reste à faire”, indique le patron de NCA. Le président de la Task force Goal 08 a, par ailleurs, souligné les enjeux de la gouvernance d’entreprise. Par l’amélioration de ses relations avec son environnement, l’entreprise ne manque pas d’accroître sa crédibilité et son attractivité, de modifier positivement le regard des tiers à son égard et, ainsi, de transformer favorablement son environnement au lieu de le subir. Le monde patronal et les pouvoirs publics peuvent inciter les entreprises, en majorité familiale, à aller dans ce sens. “Il faut une prime au savoir”, plaide M. Othmani pour qui le caractère familial des entreprises en Algérie n’est pas un handicap. “90% des entreprises dans le monde sont des entreprises familiales”, relève-t-il. Seulement “si l’environnement n’est pas incitatif, l’informel occupe une place aussi importante en économie, forcément, il y a beaucoup de gens qui ne vont pas se remettre en question”, reconnaît le patron de NCA. Et sur la question du secteur informel, M. Othmani parle de la nécessité d’établir un dialogue et mettre en place des mécanismes pour réintégrer l’informel dans le formel “sans le diaboliser”.

source : Liberté

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