PDA

Voir la version complète : Heurts en Iran, Rafsandjani parle de pays en crise


morjane
17/07/2009, 16h40
Des heurts sérieux se sont produits en Iran entre policiers et partisans du candidat à l'élection présidentielle Mirhossein Moussavi, à la sortie de la grande prière hebdomadaire à l'université de Téhéran

Celle-ci a fourni l'occasion à l'ex-président Akbar Hachémi Rafsandjani, qui a soutenu Mirhossein Moussavi face au président sortant Mahmoud Ahmadinejad, réélu avec le soutien de l'ayatollah Ali Khamenei, de mettre en cause le guide suprême en parlant de pays "en crise".

A l'issue de la prière, des milliers de partisans de Moussavi arborant la couleur verte du candidat modéré et scandant "Ahmadinejad démission!" ont affronté la police qui les a dispersés à coups de matraque et de gaz lacrymogènes. Une quinzaine d'arrestations ont été opérées.

Auparavant, Rafsandjani, l'un des quatre prédicateurs habilités à prononcer le sermon du vendredi à la mosquée de l'université, avait pris la parole devant des dizaines de milliers de fidèles, pour la première fois depuis l'élection présidentielle controversée du 12 juin.

"Nous sommes tous membres d'une même famille. J'espère que ce sermon sera entendu au-delà de cette période difficile que l'on peut qualifier de crise", a déclaré l'ancien président, qui conserve une influence notable au sein du régime.

"LEVER LES DOUTES"

Aucun autre dignitaire de la République islamique n'avait encore qualifié les troubles qui ont suivi la réélection contestée du radical Ahamadinejad de crise. Il défie ainsi Khamenei, qui avait ratifié les résultats des élections malgré la contestation de la rue.

Mirhossein Moussavi, ancien Premier ministre de l'ayatollah Ruhollah Khomeïni, prédécesseur de Khamenei et fondateur de la République islamique, a assisté aux prières à l'université, faisant ainsi sa première apparition publique depuis l'élection de juin, qu'il juge truquée.

Akbar Hachémi Rafsandjani a souligné qu'un grand nombre d'Iraniens doutaient toujours de l'honnêteté d'un scrutin remporté avec une surprenante marge d'avance par Mahmoud Ahmadinejad, et estimé que ces "doutes" devaient être "levés".

Rafsandjani, qui préside le Conseil des experts, une instance qui peut en théorie révoquer le guide suprême, a critiqué le Conseil des gardiens, l'instance religieuse conservatrice chargé d'examiner les plaintes pour irrégularités.

"Quand les gens ne sont pas présents et que leurs votes ne sont pas là, le gouvernement n'est pas islamique. L'amertume est de mise aujourd'hui", a-t-il dit en soulignant que la population devrait retrouver la confiance dans le système.

"Cette confiance ne peut être rétablie du jour au lendemain. Nous avons tous été atteints. Aujourd'hui nous avons plus que jamais besoin d'unité", a-t-il poursuivi.

"LAISSER LES MÉDIAS TRAVAILLER"

Rafsandjani a également critiqué le recours aux forces de sécurité pour réprimer durement les manifestations de masse qui ont suivi la proclamation des résultats de l'élection et réclamé la libération des nombreuses personnes arrêtées à cette occasion et toujours détenues.

Parmi elles figurent de nombreux journalistes, selon les organisations de défense des droits de l'homme. "Ce n'est pas nécessaire de faire pression sur les médias. Il faut que nous les laissions travailler librement dans le cadre de la loi", a dit Akbar Hachémi Rafsandjani.

"Si les aspects islamique et républicain de la Révolution ne sont pas sauvegardés, cela veut dire que nous avons oublié les principes de la Révolution", a-t-il affirmé en se présentant comme un acteur de celle-ci "sur une base quotidienne".

La démonstration de force des partisans de Moussavi, ce vendredi, est la plus importante depuis celles de la semaine qui a suivi les élections et dont la répression sans ménagement par les milices islamiques du régime aurait fait au moins une vingtaine de morts.

Par Reuters

Cookies