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Voir la version complète : Séparées par la guerre d'Algérie, deux soeurs se retrouvent 47 ans plus tard


DZone
28/07/2009, 00h20
C'était jeudi le grand jour pour Aïcha et Yasmina, les deux soeurs séparées depuis quarante-sept ans. Aïcha, la Coudekerquoise, est venue chercher sa soeur, à Lesquin, au débarquement de son vol d'Alger. Dès le premier regard, elles se sont reconnues. C'étaient juste avant les larmes et les embrassades.
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« Je ne sais pas si je vais la reconnaître. Je l'ai vu en photo, mais ce n'est pas la même chose. Est-ce qu'elle va porter le voile ou pas ? J'en sais rien. » Aïcha Mahieux, Coudekerquoise de 62 ans, est anxieuse. Des mois qu'elle se prépare à cette rencontre, pourtant. Mais aujourd'hui, c'est plus fort qu'elle, elle ne tient plus en place. Et avoue qu'elle n'a pas dormi de la nuit. Revoir une soeur qu'on a perdu de vue il y a quarante-sept ans, ça en retournerait plus d'un.

Cette chaude journée de juillet 1962, c'est toute sa famille qu'Aïcha a quittée. « Il y avait la guerre d'Algérie, ça bombardait de partout. J'étais en vacances chez ma soeur, l'aînée de la famille », raconte-t-elle. Tout s'est enchaîné très vite, du jour au lendemain. Un avion, un train de rapatriés d'urgence. Aïcha, sa soeur et le mari de cette dernière se retrouvent « réfugiés » en France. Elle avait 14 ans quand elle s'est installée à Calais, comme employée de maison chez un docteur. À ce moment-là, elle ne sait pas encore qu'elle ne reverra plus ses parents.
Les années passent, Aïcha décide de vivre en France. Les moyens financiers lui manquent pour retourner voir sa famille. Elle finit par rencontrer son mari, à 18 ans, à Bergues, et devient française. Elle reçoit encore des nouvelles du bled jusque dans les années 70. Depuis, plus rien.
« J'ai appris, un an après, que mes parents étaient décédés. Mes frères et soeurs ont dit que c'était de ma faute. Qu'ils étaient morts de chagrin parce que je ne suis plus jamais revenue. » L'accusation est lourde, la sentence encore plus : elle perdra tout contact avec sa fratrie.
« On a fini par s'oublier et puis on s'est perdu de vue », raconte Aïcha.
Jusqu'à ce que ses enfants mettent fin à ses soupirs nostalgiques. Ils ont tapé, tout simplement, le nom de ses frères et soeurs sur Internet. La recherche a été concluante : ils ont retrouvé, en Algérie, la trace de Yasmina, la soeur cadette de cinq ans. Rendez-vous est pris, les appels téléphoniques ne s'arrêtent plus. Comme si cette initiative leur avait ouvert les yeux, à tous, sur la bêtise de l'éloignement.

De retour à l'aéroport. Si elle pouvait se ronger frénétiquement les ongles, Aïcha l'aurait sans doute fait. Les gens sortent par vague. Elle ne voit pas sa soeur. Et puis, la porte se ferme. La Couderkerquoise ouvre les yeux bien grands et ne comprend pas. Ne serait-elle pas montée dans l'avion ? Une autre vague. « Oh, je crois que c'est elle, oui, c'est elle ». De l'autre côté du portique, une femme aux mêmes traits coiffée d'un voile rose fond en larmes. C'est bien elle.

Sur le chemin du retour, elles ne se quitteront pas d'une semelle. Des bises sur les joues, des accolades, des mains qui se serrent forts. Et quand elles commandent un café, elles rient aux éclats de tourner leur cuiller de la même main. Comme deux soeurs gauchères.

lavoixdunord.fr

Mohenza
28/07/2009, 10h15
que c'est beau mash'allah:D
elle ont jamais désespérer depuis le temps :rolleyes:

lilha
28/07/2009, 11h50
entre larmes de joie et de tristesse je trouve cette histoire vraiment émouvante :cry:

Djamila1961
28/07/2009, 13h08
je comprends leur bonheur, c'est super

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