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Voir la version complète : La France regrette l'interdiction de vente du Monde au Maroc


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mendz
04/08/2009, 13h32
La France est "surprise" par la saisie au Maroc de journaux, dont Le Monde, qui voulaient publier un sondage sur le bilan du roi Mohammed VI, a indiqué mardi 4 août le ministère français des affaires étrangères. "Nous sommes surpris par cette mesure que nous regrettons", a déclaré à la presse un porte-parole du ministère, Romain Nadal.

"Nous sommes particulièrement attachés à la liberté d'expression, protégée par le pacte international des Nations unies relatif aux droits civils et politiques qu'a ratifié le Maroc, et à son corollaire, la liberté de la presse", a ajouté le porte-parole français. Les autorités marocaines ont interdit lundi soir la vente du Monde. (Lire aussi : "Maroc, le sondage interdit").

"L'édition de ce quotidien datée du 4 août n'a pas été autorisée à fouler le sol marocain à son arrivée lundi soir à l'aéroport de Casablanca. Il ne sera pas mis en vente mardi dans les kiosques", avait déclaré un responsable marocain. Cette interdiction s'ajoute à la saisie samedi par les autorités des deux derniers numéros des hebdomadaires indépendants marocains TelQuel et Nichane, sa version arabe, qui ont publié le même sondage effectué en partenariat avec le quotidien français Le Monde. 91 % des Marocains interrogés par ce sondage ont pourtant jugé positif le bilan du roi Mohammed VI lors des dix premières années de son règne.

Dès samedi, le ministère marocain de la Communication Khalid Naciri avait averti que si Le Monde maintenait la publication de ce sondage, il ne sera pas mis en vente au Maroc. "C'est une question de cohérence", a-t-il dit avant de souligner que "la monarchie au Maroc n'est pas en équation et ne peut faire l'objet d'un débat même par voie de sondage". Le journal Le Monde a annoncé depuis Paris qu'il maintenait la publication de ce sondage à destination du Maroc préférant faire endosser la responsabilité de l'interdiction aux autorités marocaines que de "s'auto-censurer".

Le groupe TelQuel a en outre annoncé qu'il déposera mardi une plainte devant le tribunal administratif de Casablanca contre la saisie de ses deux derniers numéros. Lors d'une conférence, Ahmed Benchemsi, directeur de l'hebdomadaire TelQuel a estimé "qu'aucune loi n'interdit les sondages au Maroc".

Le Monde

mendz
04/08/2009, 13h36
"Nous sommes particulièrement attachés à la liberté d'expression, protégée par le pacte international des Nations unies relatif aux droits civils et politiques qu'a ratifié le Maroc, et à son corollaire, la liberté de la presse", a ajouté le porte-parole français.


Meme la France, la protectrice la plus zélée du roi du Maroc s'offusque de la dictature qui régne au Maroc.

Assez révélateur comme prise de position ;)

Maroc02
04/08/2009, 13h44
Pour ton plus grand plaisir ;)

TAGHITI
04/08/2009, 13h54
Meme la France, la protectrice la plus zélée du roi du Maroc s'offusque de la dictature qui régne au Maroc.

Assez révélateur comme prise de position

remarques que dans un passé pas si loin, les Médias francais fermaient les yeux et les oreilles pour plus grave que ca, de ce qui se passait au Maroc!

3ich tchouf;)

icosium
04/08/2009, 14h28
L'édition du Monde daté mardi 4 août a été censurée au Maroc. La non-distribution du quotidien dans le royaume a été confirmée, mardi matin, par la société en charge de la distribution, la Sochepresse. Au cours du week-end, les autorités marocaines avaient informé celle-ci que Le Monde serait censuré dès lors qu'il publierait les résultats d'un sondage d'opinion sur le bilan des dix années de règne du roi Mohammed VI.

Pour avoir rendu compte de ce sondage réalisé en partenariat avec Le Monde - et largement positif pour le fils de feu Hassan II -, l'hebdomadaire marocain TelQuel et sa version en arabe Nichane avaient été saisis samedi 1er août. La monarchie "ne peut faire l'objet d'un débat, même par voie de sondage", devait expliquer le ministre de la communication, Khalid Naciri.

"Aucune loi n'interdit les sondages au Maroc", s'est défendu, lundi, le directeur de TelQuel, Ahmed Benchemsi, au cours d'une conférence de presse au siège de l'hebdomadaire. Selon lui, "les responsables ont interdit nos 100 000 exemplaires (le chiffre global des exemplaires de TelQuel et de Nichane mis en vente) en s'appuyant sur des articles de la Constitution et du code de la presse qui qualifient de sacrée la personnalité du roi".

M. Benchemsi a annoncé le dépôt le même jour d'une plainte devant le tribunal administratif de Casablanca. La décision des juges est attendue mercredi.

La saisie des deux hebdomadaires marocains a été condamnée par le syndicat de la presse marocaine "au nom du respect de la liberté de la presse". L'association Reporters sans frontières (RSF), dont le siège est en France, a de son côté dénoncé une "décision archaïque et illégale". L'Association marocaine des droits de l'homme a fait de même.


"VOLONTÉ DE NUIRE"

Les démêlés de la presse marocaine avec le Palais royal ne sont pas sans rappeler une affaire voisine. Début 2006, un hebdomadaire arabophone avait désigné "l'homme de l'année". Or le choix s'était porté sur un défenseur des droits de l'homme, Driss Benzekri, et non sur le roi Mohammed VI, arrivé en deuxième position. "Ce présumé sondage est une véritable méprise (Il a) visiblement comme objectif la mauvaise foi et la volonté de nuire", avait commenté un ministre tandis qu'un autre évoquait un "besoin urgent d'une loi qui organise les sondages".

Récemment, à la mi-juillet, Le Monde, dont la diffusion ne cesse de progresser dans le royaume, avait publié un dossier dressant le bilan des dix années du règne de Mohammed VI. Le numéro avait été retenu par les autorités et mis en vente très tardivement. Cette censure déguisée n'avait pas empêché le journal d'être bien vendu.

Jean-Pierre Tuquoi
Le Monde / 04.08.09

icosium
04/08/2009, 14h29
Le Makhzen se ridiculise de plus en plus avec cette affaire de sondage.

Tems
04/08/2009, 14h31
le roi réagira tot ou tard et ont véra bien ....

icosium
04/08/2009, 14h33
Reporters sans frontières (RSF) a condamné aujourd'hui dans un communiqué la saisie par les autorités marocaines du dernier numéro de l'hebdomadaire indépendant TelQuel, suite à la publication d'un sondage sur le bilan des dix premières années du règne du roi Mohammed VI. Jugeant cette décision "à la fois archaïque et illégale", RSF estime que les Marocains, "qu'ils soient journalistes ou non, devraient pouvoir exprimer leur opinion sur le roi et la monarchie, sans crainte d'être arrêtés, emprisonnés, ou condamnés à payer de lourdes amendes".

Le quotidien français Le Monde s'est associé à l'hebdomadaire marocain TelQuel et à sa version en arabe Nichane pour mener un sondage sur le bilan du souverain.
La publication d'un tel sondage, inédit dans la monarchie marocaine, a été à l'origine de la saisie par le ministère marocain de l'Intérieur des deux derniers numéros de TelQuel et Nichane. Le Monde, qui a publié les résultats du sondage dans son édition datée du 4 août -- parue lundi après-midi à Paris--, a décidé de maintenir son envoi d'exemplaires vers le Maroc "pour que les autorités marocaines prennent la responsabilité de saisir elles-mêmes le journal et que ce ne soit pas Le Monde qui vienne à s'auto-censurer", précise le directeur du quotidien Eric Fottorino, cité par RSF.

AFP
03/08/2009

icosium
04/08/2009, 14h36
Comment réagir à la décision arbitraire et liberticide prise par les autorités marocaines, samedi 1er août, de saisir et détruire près de 100 000 exemplaires des magazines TelQuel et Nichane ? Un communiqué, une déclaration à la presse ? Mais quels mots choisir ? Que dire quand la bêtise s’allie à la vilénie pour combattre la liberté de penser, d’écrire et de parler ? Ma plume n’a pu rendre qu’une brève copie dont voici le contenu. Le texte qui suit peut paraître naïf, mais il a le mérite d’être sincère. Face à la dictature, la démocratie a justement besoin d’amants sincères et fidèles.

Hier, un homme a parlé.
Il a osé
Décrire et dénoncer
Ce que les autres, par peur ou servitude,
Intérêts ou habitudes,
Essayent d’occulter.

Hier, un homme a parlé ;
Plus précisément, il a hurlé.
Qu’a-t-il dit ?
Des vérités ou des mensonges ?
Des réalités ou des songes ?
Il a juste narré des tranches de vies.

Hier, un homme a parlé.
En brisant le silence, il a tenu à ne rien cacher.
Sans tabous, débarrassé de tout censeur,
Affranchi des interdits, il s’est libéré.
Prenant soin de ne rien oublier,
Il a révélé tout ce qu’il avait sur le cœur.

Hier, un homme a parlé
Du roi et de la liberté.
Il a dit qu’un pays
Où les journaux sont mis au pilon
Et les libres-penseurs envoyés en prison
Etait tout sauf une démocratie.

Hier, un homme a parlé,
Mais personne n’a semblé l’écouter.
Conteur sans auditoire,
Oiseau refusant de vivre dans une cage,
Marin sans port d’attache, voyageur sans bagages,
Il a largué les amarres.

Aujourd’hui, cet homme est sorti des mémoires.
Toutefois, quelques avertis – bien que rares –
S’entêtent à tendre les oreilles et, à force de patience,
Réussissent parfois à entendre
Sa voix et à comprendre
Ses paroles et ses histoires ; instantanés virtuels de leur existence.

Aujourd’hui comme hier,
Aujourd’hui plus qu’hier
Le silence et la servitude
L’ignorance et la turpitude
Ne s’imposent qu’à ceux
Qui le veulent… bon gré, malgré eux.

© Youssef Jebri, août 2009.

Eric54
04/08/2009, 14h45
wa comment les courageux forumiste algérien viennent défendre la démocratie et la liberté au Maroc alors qu'il viennent du pays du 3eme mandat et des 99%
mais pour ca il reste muer de meme pour les pauvres journaliste d'Arte ou marocain venu couvrir les élection
faut dire qu'en ce qui concerne la liberté des journaliste marocain quand c'est le gouvernement marocain c'est haram mais quand c'est le gouvernement algérien c'est halal....
au fait vous donner de la valeur au journaux français mais quand c'est meme journaux vous parle des moines de Tiberine la ils sont moin crédible

rodmaroc
04/08/2009, 14h53
Et moi qui croyait que le gouvernement du Maroc exucutait toujours les ordres de la France....il faudra qu'on m'explique.

btp50
04/08/2009, 16h11
Les démêlés de la presse marocaine avec le Palais royal ne sont pas sans rappeler une affaire voisine. Début 2006, un hebdomadaire arabophone avait désigné "l'homme de l'année". Or le choix s'était porté sur un défenseur des droits de l'homme, Driss Benzekri, et non sur le roi Mohammed VI, arrivé en deuxième position.
C'est vraiment du n'importe quoi ces sondages, ainsi que l'auteur Jean-Pierre Tuquoi, on dirait qu'il vient d'inventer le fils à couper le beurre avec cette analyse qui consiste à opposer le roi du Maroc et un defenseur des droits de l'homme. Je ne vois pas comment l'auteur puisse opposer l'un et l'autre, on peut à la rigeur opposer des gens qui font le meme metier, deux rois, deux défenseurs des droits de l'homme, deux pilotes d'avions, deux mecaniciens, deux plombier, deux cuisinier, mais pas un patissier et un plombier et déclarer que l'un est homme de l'année et pas l'autre.
Le roi, le ministre, le president ne saurait etre l'homme de l'année, il est l'homme de la situation, à plus forte raison quand il s'agit d'un roi qui gouverne, il est l'homme de tous les ans. Car enfin, si on déclare le roi du Maroc l'homme de l'année, cela voudrait dire que l'année derniere il ne l'était pas. Le roi ne saurait etre mis en equation à travers des sondages bidons et qui ne veulent rien dire, surtout si on le compare à quelqun qui n'est pas roi ni meme chef d'etat, ni meme gestionnaire d'une petite commune.
.

Bachi
04/08/2009, 16h17
La France a du temps à perdre...
Depuis quand la France s'occupe de la liberté de presse dans le monde ?

C'est vraiment surréaliste ce truc là...

Eric54
04/08/2009, 17h00
moi ce que je trouve surréliste c'est que des gens qui viennent d'un pays ou les droits de la presse sont bafouer , venir poster plusieur article la dessus alors qu'il ne le ferai pas s'il s'agisait de l'Algérie
le dénigrement du Maroc est devenue un hobbie pour certain :rolleyes:

The Black Stone
04/08/2009, 17h14
le gouvernement royale subit des pression

c'est bien pour nous ^^

charaf
04/08/2009, 19h41
Cette histoire ne regarde ni la France ni l'Algérie ni aucun autre pays... Les Marocains sont assez intelligents pour voir où est leur intérêt...

De la méme façon que je ne supporterais pas que la France ou le Maroc se mêle des affaires de mon pays...

freesoda
04/08/2009, 19h44
La France regrette l'interdiction de vente du Monde au Marocça n'est pas leur affaire, c'est une affaire maroco-marocaine, surtout avec Sarkozy le mini-dictateur (c'est le cas de le dire), ils n'ont pas de leçons à donner

desert_rose
04/08/2009, 22h39
Tout a fait. Mais pourtant un peu de critique entre ami est sain, et a mon avis plus que bienvenu. Ce bruit va aider le Maroc a toujours revoir sa politique dans tous les sens et de ne pas domir sur ses deux oreilles.

J'ignore la position du Roi par rapport a tout cela, mais je crois presentir que le Palais est generalement plus souple que les membres du gouvernement qu veulnt montrer du zele. Amon sens il faut revoir e genre de pratique, laisser la presse dire ce qu'elle veut, et tout simplement faire comprendre a tout le monde que le Palais ignore toutce cirque. Ca suffirait.

Avec cette pratique le Maroc est entrain de gacher des choses. C'est un, a mon sens le seul qui avance vraiment dans le monde arabe au niveau des libertes dans tous les domaines. Et ce genre de notes viennent gacher inutilement le rythme. Personne n'y est gagnant.

ça n'est pas leur affaire, c'est une affaire maroco-marocaine, surtout avec Sarkozy le mini-dictateur (c'est le cas de le dire), ils n'ont pas de leçons à donner

Pihman
05/08/2009, 01h26
c'est de l'autodestruction

gratis, inutile et bête
:22:

houari16
05/08/2009, 02h30
ça n'est pas leur affaire, c'est une affaire maroco-marocaine,

OK ! la censure est une affaire maroco-marocaine .. ! Mais pourquoi en ce temps avant et après le bilan et la fête du trône , la presse française s est acharnée contre le Maroc ?

* Voilà qui laisse à penser !

diablo-colorado
05/08/2009, 14h02
Réponse de Khalid Naciri ministre de la communication et porte parole du gouvernement:

***

Le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, réagit :Leçon irrecevable Refus des agissements des donneurs de leçons patentés

Un monde nous sépare, non pas celui d'un journal qui s'autoproclame précepteur désintéressé d'un pays décidément réfractaire au «politiquement correct», mais un monde opposant un pays qui se reconstruit dans la sérénité et une conception surannée d'un journalisme messianique et donneur de leçons, invétéré et immodeste.

Nous pensions définitivement révolues ces pratiques méprisantes et méprisables qui nous avaient valu au cours des années 70 et 80 du XXe siècle, d'être relégués au statut minable de mauvais élèves de la bien-pensance parisienne. C'était l'époque où l'aristocratie de l'esprit, libérale, versait de l'eau au moulin des diverses chapelles de gauche pour contester ex-cathedra les choix doctrinaux, idéologiques, théoriques et politiques des forces démocratiques et progressistes marocaines. On nous reprochait pêle-mêle d'être au mieux, de doux rêveurs, incapables de théoriser le processus historique de changement sociétal et politique, au pire, des opportunistes et des vendus à un régime monarchique, irrémédiablement féodal et réactionnaire. Nous avions alors le courage d'entrer en conflit idéologique et politique ouvert avec eux pour leur dire que leur inconsistance n'avait d'égale que leur suffisance.

In fine, c'est à nous que l'histoire a donné raison. Leurs analyses évoluant dans la stratosphère de la politique, se déployant dans des approches misérablement mécanistes, ont fini par mordre la poussière. Ils n'ont pourtant jamais eu le courage de faire mea culpa en présentant des excuses au peuple marocain et à ses forces les plus lucides et les plus combatives, pour toutes les insanités qu'ils ont déversées sur elles. Les historiens devront s'arrêter un jour sur cet épisode peu glorieux des relations entre une partie des élites françaises et marocaines. 2009, on ne reprend pas les mêmes, mais on recommence. Un éditorial bien senti vient donner la plénitude de cette capacité à être humiliant. Ainsi donc, c'est du «régime marocain» qu'il est question et non pas du gouvernement.

Sémantiquement, le choix du concept de « régime » est plus que significatif. Quel regard porterait-on sur un journaleux qui, parlant des institutions nationales de France ou de Navarre, évoquerait par exemple «le régime français» dont la justice condamne des journalistes pour diffamation ? Le florilège des adjectifs, laisse pantois : la décision de saisie administrative de deux revues qui, par ailleurs, passent leur temps à vilipender ce «régime» est une décision «contestable», «arbitraire», «incompréhensible», «absurde». On affirme «dénoncer fermement cet acte qui est une injure au peuple»!! Autant de violence verbale nous laisse sans voix. La vérité est que c'est l'éditorial en question ainsi que l'économie générale des articles de ce journal qui renouent avec la vieille manie détestable des leçons de bienséance, administrées avec des gifles bien senties à des bougnoules impertinents. C'est cela l'injure au peuple marocain.

Allons au fond, à présent et clarifions les termes du débat.
1°/ De quel droit, le journal « Le Monde » puisque aussi bien c'est de lui qu'il s'agit, se permet-il de nous tancer de la sorte ?
2°/ La liberté d'expression, à laquelle nous tenons par-dessus tout, s'accommode-t-elle de la transformation d'un organe de presse en procureur zélé ?
3°/ De quel droit, devrions-nous au Maroc, accepter l'outrecuidance des réprimandes que « Le Monde » nous administrerait pour non-conformité de la démocratie naissante au Maroc avec les standards qu'il a érigés en référentiel absolu ?
4° De quel droit se permet-il de juger les choix souverains du peuple marocain, fruits de son évolution historique ?
5°/ De quel droit, le regard anthropologique sur le «régime marocain» conclut-il de fait, que la sacralité de la monarchie n'est qu'un ersatz de démocratie, un sous-produit de la modernité ?
6°/ Le statut de la monarchie au Maroc doit-il, pour être «démocratiquement validé», se conformer définitivement à la « norme européenne » ?
7°/ Au journal « Le Monde», dans quel lexique puise-t-on pour évoquer les monarchies européennes ? La sémantique consacrée au Maroc s'alimente-t-elle dans le même registre ?
8°/ Ose-t-on parler en termes irrespectueux et en donneurs de leçons lorsqu'il s'agit des monarchies espagnole, anglaise, belge, hollandaise, suédoise… qui sont à notre connaissance, des grandes nations où le manquement au respect dû au Roi ou à la Reine n'est pas admis ?

De toute évidence, on se permet avec le Maroc des comportements inconcevables avec les monarchies européennes. Et de grâce, qu'on nous épargne ici la réplique trop facile du ‘'mais ce n'est pas la même chose!''. L'argument serait irrecevable pour cause d'européocentrisme.

Oserait-on, au «Monde», affirmer sans broncher, que la monarchie marocaine, avec ses caractères génétiques, est génétiquement insoluble dans la démocratie? L'affirmer, ce ne serait rien d'autre que condamner les Marocains à choisir entre démocratie et monarchie. Or, précisément, c'est cette synthèse qu'ils sont en train de réussir avec un Roi qui a la lucidité et le courage de vivre cette synthèse et de la vivifier. Pour les Marocains, il ne s'agit ni d'un dilemme ni d'un choix, mais d'une dualité fondamentalement assumée. Alors que des marginaux inconscients ou provocateurs s'essaient à ce jeu de massacre à l'intérieur, ou que des analystes superficiels ou à l'ego hypertrophié se lancent dans cet exercice à l'extérieur, cela n'ébranlera pas nos convictions : le Maroc est irréversiblement engagé dans un processus d'édification démocratique et cela se fera dans la stabilité institutionnelle. Les parasitages latéraux feront de la nuisance, mais cela s'arrêtera là.

A qui de droit de comprendre une fois pour toutes que ni le peuple marocain ni ses forces vives, ni la société, ni les institutions ne sont plus en mesure
d'accepter les agissements grossiers des donneurs de leçons patentés. La démocratie au Maroc a ses hérauts et ses défenseurs. Le pays est un immense chantier bouillonnant. La vie politique l'animant, pour brouillonne et immature qu'elle soit, a le mérite d'exister et de créer une dynamique que les Marocains sont capables de gérer dans la pluralité institutionnalisée.

Quant aux fondamentaux en l'absence desquels il n'est nulle pérennité nationale, la conscience nationale les préservera. Ce pays, en effet, dispose d'un potentiel de stabilité évolutive qui l'autorise à se projeter avantageusement dans l'avenir. Certains, en dehors de nos frontières, se sont cassé les dents depuis plus de trente ans à essayer de le faire dévier du chemin qu'il s'est choisi. En vain. Il est temps qu'ils se rendent à l'évidence.

Nous leur tendons la main pour nous accompagner dans la dignité, sur le chemin que NOUS balisons pour NOTRE pays. Il est encore temps pour eux de méditer ce que disait un certain Hubert Lyautey il y a un siècle déjà… en découvrant au Maroc non pas une terra nullius qu'une mission civilisatrice et rédemptrice allait sauver de la sauvagerie, mais une nation, un peuple et un Etat déjà fiers et structurés.

Par Khalid NACIRI | LE MATIN

diablo-colorado
05/08/2009, 14h06
* Voilà qui laisse à penser !

Ils ont eu peur que le Maroc ne devienne comme " la Tunisie de Zine Al-Abidine Ben Ali ou à l'Algérie d'Abdelaziz Bouteflika " c'est Le Monde qui le dis.

Sinon pour tes sous entendus , ne crains rien la France est et reste notre premier partenaire , et notre premier soutien et allié a l'UE , a l'ONU et au conseil de sécurité.

ayoub7
05/08/2009, 14h19
Le roi Mohamed VI arrive au Parlement le 12 octobre 2007 (Ph.Linh/Reuters)

Les Marocains adorent leur roi Mohammed VI. Mais « M6 » ne veut pas que cela se sache. La preuve : les autorités ont détruit le dernier numéro de l'hebdomadaire « Tel Quel » et de sa version en arabe « Nichane ».

La raison ? Les deux publications marocaines devaient publier un sondage inédit sur le bilan des dix années de règne du souverain. Ce sondage, publié hier par le quotidien français « Le Monde », montre que 91% des Marocains jugent de manière positive le monarque. Ahmed Réda Benchemsi, directeur de l'hebdomadaire Tel Quel et Nichane, est à l'interview.
Votre réaction après la saisie de vos publications ?

Bien sûr que je condamne la saisie et la destruction de 100.000 exemplaires des deux magazines. Le samedi 1er
août, alors qu'ils étaient encore sous presse, le ministère de l'Intérieur a ordonné leur saisie, puis leur destruction dans les locaux même de l » imprimerie.

Les autorités reprochent à nos magazines d'avoir voulu publier, en partenariat avec « Le Monde », un sondage d'opinion sur le bilan des 10 ans de règne. Et cela même si les Marocains plébiscitent le souverain dans leur écrasante majorité. 91% estiment en effet que son bilan est « positif » à « très positif ».
Comment expliquez-vous cette réaction ?

Officiellement : « La monarchie ne peut être mise en débat, même par la voie d'un sondage ». C'est contraire à sa sacralité. On nous dit aussi que Tel Quel a enfreint les lois et règlements en vigueur. Sauf qu'aucune loi marocaine n'interdit la publication d'un sondage.
Vous voulez dire que sonder la popularité du roi est interdit ?

C'est ce que le gouvernement marocain veut nous faire croire. Sauf qu'il a violé la loi deux fois en saisissant nos publications sans raison et pour avoir détruit tout les exemplaire à l'imprimerie.
Mais est-ce dû au fait que la personne du roi est sacrée ?

Oui, mais cela ne doit pas empêcher les Marocains de donner leur avis sur leur souverain. Dans les démocraties achevées, les sondages d'opinion, même au sujet d'un chef d'Etat non- élu, sont non seulement un vecteur d'expression démocratique et populaire, mais un indispensable outil de gouvernance public.
Le plus étonnant est que votre sondage est favorable à Mohammed VI…

C'est la première fois qu'un sondage est réalisé sur le roi du Maroc. Et ça dérange le gouvernement. Sauf qu'il faudrait être cohérent. Que veut-on ? On veut rester dans une théocratie absolue où le roi est un symbole tel que parler de lui est sacrilège ou alors veut-on avancer vers un régime engagé dans un processus de démocratisation ?

Les autorités sont déchirées entre ces deux options. Elles veulent une « monarchie exécutive et démocratique » (l'expression est de Mohammed VI) mais sans cet « inconvénient » de la démocratie qui est la responsabilité devant l'opinion publique. C'est impossible.

Dans une démocratie, on peut critiquer le chef exécutif. Sinon, ce n'est pas une démocratie. Ce n'est même pas une revendication politique, c'est juste logique.
Et si votre sondage avait été négatif ?

Nous l'aurions publié quand même. En sachant, cette fois, que nous prenions un risque. Mais nous l'aurions fait, parce que c'est notre métier. Il se trouve que les résultats étaient positifs. Nous nous sommes donc dits qu'il n'y avait aucune crainte à avoir.
La semaine passée, la presse mondiale a salué les 10 ans de règne de Mohammed VI. Ces commémorations se terminent sur une fausse note…

Oui, à mon grand regret. Force est de constater que le pouvoir marocain c'est tiré une balle dans le pied. A l'heure d'Internet, il est absurde de censurer quoi que ce soit.
Il y a des sujets tabous que la presse marocaine n'aborde pas comme le Sahara occidental, la fortune du roi ?

J'étais à Tindouf, en Algérie, pour visiter les camps sahraouis avec un collègue. Nous avons réalisé un reportage mais n'avons jamais été inquiétés par les autorités. On a aussi enquêté sur la fortune du roi, et ça été publié sans problème. Il n'y a quasiment plus de sujets interdits au Maroc. La religion aussi est débattue.

Mais parfois, le couperet tombe, brutalement. C'est la limite de la liberté d'expression au Maroc : l'imprévisibilité des réactions des responsables. En gros : nous sommes libres jusqu'à preuve du contraire.
Les personnes sondées risquent-t-elles quelque chose ?

Bien sur que non. Ce n'est pas leur identité qui a été prise en compte pour les choisir parmi l'échantillon que nous avons sondé, mais leur âge, leur sexe, leur lieu de résidence, leur catégorie socio-économique, bref leur représentativité. Aller traquer les gens qui ont répondu à un sondage serait effroyable, digne de la pire des dictatures.
La révélation de ce sondage est qu'une majorité de Marocains sont contre la Moudawana et le combat du roi pour les droits des femmes ?

C'est la grande surprise, avec la pauvreté. Seuls 37% des Marocains estiment que la situation s'est améliorée pour les pauvres en dix ans. Le peuple juge aussi que le roi est trop féministe. A part ces critiques, notre sondage sur le roi n'avait rien de spécial.

Sauf qu'il était le premier, et vu ce qui s'est passé, probablement le dernier. Dommage pour la démocratie !

nacer-eddine06
05/08/2009, 16h20
L'une des rares réserves que suscite Mohammed VI concerne l'éradication de la pauvreté. Un tiers seulement des Marocains estiment que la situation s'est améliorée dans le royaume, ces dix dernières années. Un autre tiers ne le pense pas. Un quart estime que la pauvreté s'est même aggravée. En matière de sécurité, même désaveu ; 49 % des Marocains se sentent menacés par le terrorisme et la montée de la criminalité.

Bachi
05/08/2009, 16h31
Allons au fond, à présent et clarifions les termes du débat.
1°/ De quel droit, le journal « Le Monde » puisque aussi bien c'est de lui qu'il s'agit, se permet-il de nous tancer de la sorte ?
2°/ La liberté d'expression, à laquelle nous tenons par-dessus tout, s'accommode-t-elle de la transformation d'un organe de presse en procureur zélé ?
3°/ De quel droit, devrions-nous au Maroc, accepter l'outrecuidance des réprimandes que « Le Monde » nous administrerait pour non-conformité de la démocratie naissante au Maroc avec les standards qu'il a érigés en référentiel absolu ?
4° De quel droit se permet-il de juger les choix souverains du peuple marocain, fruits de son évolution historique ?
5°/ De quel droit, le regard anthropologique sur le «régime marocain» conclut-il de fait, que la sacralité de la monarchie n'est qu'un ersatz de démocratie, un sous-produit de la modernité ?
6°/ Le statut de la monarchie au Maroc doit-il, pour être «démocratiquement validé», se conformer définitivement à la « norme européenne » ?
7°/ Au journal « Le Monde», dans quel lexique puise-t-on pour évoquer les monarchies européennes ? La sémantique consacrée au Maroc s'alimente-t-elle dans le même registre ?


S'il fallait à chaque fois, chaque gouvernement juge le journal avant de le laisser vendre , il n'y aura pas beaucoup de journaux vendus nulle part.

Laisse le lecteur marocain lire, analyser, juger, poser les questions lui-même.
La censure, c'est du paternalisme, c'est un manque de respect au droit du lecteur.
8°/ Ose-t-on parler en termes irrespectueux et en donneurs de leçons lorsqu'il s'agit des monarchies espagnole, anglaise, belge, hollandaise, suédoise… qui sont à notre connaissance, des grandes nations où le manquement au respect dû au Roi ou à la Reine n'est pas admis ?

Celle-là est vraiment rigolo...

Maroc02
05/08/2009, 16h36
Je suis contre ce sondage et contre l'interdiction de ces journaux.

btp50
05/08/2009, 16h42
Celle-là est vraiment rigolo...
Oui, moi aussi j'ai trouvé cela rigolo, d'autant plus qu'il fait référence à des monarchies dapparats, qui n'on rien à voir avec la monarchie marocaine. Sinon je trouve le reste du texte tres correcte, mais bon, c'est de la rethorique, il y a du nif :)

houari16
05/08/2009, 18h18
diablo-colorado
* Voilà qui laisse à penser !

La réponse donné indirectement .

que la monarchie marocaine, avec ses caractères génétiques, est génétiquement insoluble dans la démocratie ? L'affirmer, ce ne serait rien d'autre que condamner les Marocains à choisir entre démocratie et monarchie.Waw !

MorayMohand
05/08/2009, 22h10
Voila la liberte d'expression dans les pays nord africain.:mur:

Je ne sais pas jq aujourdhui sur quelles secrets d'etats le journal a ecrit!:confused:

houari16
05/08/2009, 23h34
Vous voulez dire que sonder la popularité du roi est interdit ?
C'est ce que le gouvernement marocain veut nous faire croire. Sauf qu'il a violé la loi deux fois en saisissant nos publications sans raison et pour avoir détruit tout les exemplaire à l'imprimerie.Une question qui se pose :

Est-ce que le Roi M6 est au courant aux sujet de ces agissements du gouvernement ?
qui peut nous s'éclaircira SUR CES AGISSEMENTS qui donne une mauvaise image sur la liberté d expression au Maroc ?

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