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Voir la version complète : Schwarzenegger inflexible sur le budget en Californie


morjane
07/08/2009, 17h52
Quand Arnold Schwarzenegger annonce, hilare, un couteau de boucher à la main, de nouvelles coupes budgétaires, son humour passe mal. Des millions de familles modestes, de pauvres, de malades et de personnes âgées se demandent comment ils vont surmonter l'épreuve de l'absence de services indispensables à leur vie. Et des milliers d'employés de la fonction publique craignent d'aller grossir les rangs des 11,6 % de chômeurs que compte l'État de Californie.

Tara et Justin Metsker ont un fils de 14 ans, gravement handicapé. Christopher ne parle pas, est incapable de s'alimenter seul, ou de rester en position assise sans être attaché. Même si prendre soin de lui présente d'énormes contraintes, ses parents l'aiment et veulent le garder auprès d'eux. En dépit de la situation économique désastreuse que connaît la Californie, ils voulaient croire qu'ils ne seraient pas obligés d'envoyer leur enfant dans un centre, du moins jusqu'au prochain budget. C'était compter sans les coupes supplémentaires de 500 millions de dollars imposées par Arnold Schwarzenegger. Le gouverneur de Californie a usé de son droit de veto pour combler le déficit de 24 milliards de dollars restant après l'adoption du budget, le 21 juillet dernier.

«Privés d'aides vitales»

«Nous sommes complètement impuissants et abattus», avoue Tara. Jusqu'à présent, les aides sociales dont a toujours bénéficié la famille lui ont permis de faire face. Une infirmière, payée par l'État, se rend chaque jour au domicile des Metsker. À 10 heures, un ramassage scolaire vient chercher Chris pour le conduire dans une école spécialisée. Une allocation mensuelle permet à Tara de rester mère au foyer. «Nous ne savons pas encore à quelle sauce nous allons être mangés, dit-elle, mais il est possible que les nouvelles mesures nous privent d'aides sociales vitales». À l'âge de 6 mois, une méningite mal diagnostiquée par les médecins d'une base militaire, alors que son père était soldat, a réduit Chris à cet état végétatif. Pourtant, Tara a dû se battre bec et ongles pour obtenir ce qu'elle risque aujourd'hui de perdre.

Si l'action de Schwarzenegger se révèle légale - son droit de veto a été mis en doute par la présidente de l'Assemblée californienne, Karen Bass - seront supprimés 80 millions de dollars servant à financer les programmes d'aides aux enfants maltraités, 50 millions de dollars alloués au programme Healthy Families, qui fournit une couverture santé à des millions d'enfants déshérités, 50 millions de dollars attribués aux services d'aides aux enfants attardés mentaux, 16 millions de dollars aux programmes d'assistance aux victimes de violences domestiques et 6,3 millions de dollars de subventions aux services d'aides aux personnes âgées.

Retour sur le grand écran

Autres victimes des coupes, les 279 parcs californiens, avec 6,2 millions de dollars en moins. Une centaine d'entre eux risquent d'être fermés jusqu'à nouvel ordre, à moins de trouver de généreux sponsors. Tout cela à un moment où les Californiens désargentés s'y précipitent faute d'avoir les moyens de partir en vacances. Du nord au sud, des douzaines de bureaux de poste risquent de subir le même sort. Et à partir de septembre prochain, tous les tribunaux seront fermés le troisième mercredi de chaque mois, tandis que les juges devront prendre une journée mensuelle de congé sans solde.

Les 500 millions de dollars de coupes devraient au moins permettre à la Californie de payer ses fournisseurs. Depuis le 2 juillet dernier, ils sont près de 210 000 d'entre eux à n'avoir reçu, en guise de paiement pour leurs services, que des titres de reconnaissance de dettes sur papier. Pour certains d'entre eux, comme Nancy Baird, cela pourrait signifier une faillite prochaine.

À la tête d'une petite entreprise de broderie, cette femme de 58 ans vient de lancer une procédure judiciaire contre la Californie, qui lui doit 28 000 dollars pour une commande de tee-shirts destinés aux enfants d'une colonie de vacances subventionnée par l'État. «Sans cet argent, je ne peux pas continuer», explique Nancy, qui espère rallier d'autres fournisseurs à sa cause et déposer un recours collectif. «Jamais je n'aurais cru que l'État puisse se conduire comme ça», s'indigne-t-elle.

Arnold Schwarzenegger, lui, pense peut-être déjà à son retour sur le grand écran. Il devrait figurer dans le prochain film de James Cameron dont le tournage démarrera dans quatorze mois, quand s'achèvera, le 2 novembre 2010, son second mandat à la tête de l'État californien.

par le Figaro

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