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Voir la version complète : Hocine Ouali, 9ans, la chanson en thérapie


morjane
08/08/2009, 12h46
Etant impressionné par la prestation du jeune chanteur Hocine Ouali, âgé de 9 ans, sur scène à Maâtkas, à l’occasion du gala de Akli Yahiatène, rentrant dans les festivités du Panaf, celui-ci a réussi ce jour-là, à émouvoir toute l’assistance par l’interprétation d’une chanson historique et mythique A yemma esvar urattru de Farid Ali, chanteur de la Révolution algérienne.
Sentant chez ce jeune artiste l’existence d’un secret, nous l’avons approché pour le connaître davantage et savoir comment il arrive à concilier la chanson, un monde presque réservé aux adultes, et les études.

C’est sa mère adoptive (chose que nous avons apprise au fil de la discussion) qui nous raconte l’histoire de vie de cet artiste, une vie pleine de maladies, d’hospitalisations, de déchirements et de souffrance. “Hocine, je l’ai élevé depuis sa tendre enfance (3 mois), depuis exactement la découverte par les médecins de sa maladie (fibrose pulmonaire). Alors que pour certains le pari semblait perdu, j’ai cru dur comme fer que l’espoir de redonner vie et de sauver le petit était encore possible avec l’aide de Dieu et des hommes de bonne foi. Avec Hocine dans les bras, j’ai sillonné différents hôpitaux (Tizi-Ouzou, Maillot, Baïnem, Mustapha...) à chaque fois, le diagnostic n’est pas définitif, certains affirment qu’il a bien une fibrose pulmonaire d’ailleurs, il en montre les signes surtout en fournissant des efforts.

D’autres spécialistes envisagent une autres maladie sans toutefois être catégoriques. Ainsi, nous avons consulté des dizaines de spécialistes, Hocine a dû prendre des dizaines de traitements, il a passé toute son enfance à se soigner. Notre vie est faite tantôt d’espoir, tantôt de crainte du pire.

Son père adoptif et moi avons tout fait pour le sauver au point d’oublier tout le reste ; peu importe, l’essentiel est de voir le petit guéri. Tout notre temps et tous nos moyens lui sont consacré. Il faut dire que Hocine lutte aussi et fait face à sa maladie avec courage et une grande volonté.

A l’âge de 6 ans, il fallait l’inscrire à l’école mais la maladie l’a empêché de faire sa 1re année malgré l’aide des enseignantes et du directeur. Ses séjours à l’hôpital se faisaient fréquents, alors nous avons décidé de l’aider à la maison en attendant des jours meilleurs.

En 2e année, il a pu suivre normalement sa scolarité grâce à l’assistance de ses camarades de classe, son enseignante, Mme Daid, et son directeur M. Si Salah, mais pour se faire, on était obligés de lier amitié avec l’encadrement pour mettre Hocine à l’aise et en confiance. A la fin de l’année scolaire, Hocine a participé à la chorale organisée par l’école et c’est à partir de là que nous avons découvert son don et son talent artistique, surtout avec sa merveilleuse et angélique voix. Koum tara, Alaiki mini salem, Mata sa nafrihou, sont des chansons qui ont révélé au grand jour, les capacités du jeune artiste.

Son père adoptif, M. Dahiman, un professionnel en la matière et qui est chef d’orchestre remarquera illico presto que sont petit chantait juste et suivait correctement la gamme et depuis, Hocine s’est lancé dans la chanson. En 3e année, il a représenté dignement son école comme chanteur en interprétant une chanson de Med Mahoui Assirem et depuis, Hocine participa régulièrement aux fêtes et festivals auxquels il est invité ; d’ailleurs, il a été honoré par le wali et le directeur de l’éducation de Tizi-Ouzou.

Lors de la dernière campagne électorale, il a chanté pour le président Bouteflika. Une seule chose que je regrette c’est que Hocine n’ait pas été invité au festival, Alger, capitale du monde arabe, pourtant il en avait vraiment envie et il en avait besoin. Finalement, il a pu participer au Panafricain grâce au directeur de la culture”, nous raconte sa mère.

Chanter pour Hocine Ouali est un besoin vital et une thérapie qui lui permet de combattre sa maladie, chose que les médecins lui recommandent car bien des patients présentant cette maladie, n’arrivent même pas à respirer convenablement. Hocine aussi ne peut pas jouer au foot, ne peut pas faire des efforts physiques mais sur scène, il s’en sort très bien ; ni fatigue ni douleur au contraire surtout, lorsque ses parents sont devant lui car sans eux, Hocine ne fera rien.

En les voyant, il est à l’aise et retrouve confiance. Alors, il se dépasse et accomplit des exploits que beaucoup ne feront pas. Hocine s’adapte à la situation du jour et étonne plus d’un par son improvisation sur scène afin d’animer et donner un cran supplémentaire à l’ambiance. Nous avons appris que cet enfant chanteur a bénéficié d’une prise en charge médicale en France, par le président de la République et son chef du gouvernement. Prions pour sa guérison et son retour au pays qui en a grandement besoin. Ses parents n’oublieront pas de remercier ceux et celles qui les ont aidé et assisté, et souhaitent que leur enfant vive pour pouvoir réaliser ses rêves. Hocine veut devenir pédiatre pour soigner les enfants et chanteur pour distraire les Algériens.

Que Dieu exhausse les vœux de Ouali Hocine !

Par La Dépêche de Kabylie

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