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Voir la version complète : Les cafés s’animent durant le mois de Ramadhan en Algérie


morjane
27/08/2009, 12h38
En Algérie, le café est souvent considéré comme un lieu de détente très prisé par les Algériens mais ces lieux prennent un tout autre aspect durant le mois de Ramadhan car certains se métamorphosent en véritables coins de fête.

Au menu, kalb ellouz et chaabi pour le grand bonheur des mélomanes. Comme à l’accoutumée, les cafés algérois se transforment, chaque mois de ramadhan, en lieux de convivialité où la bonne humeur et la musique sont maîtres à bord. Une habitude qui s’est ancrée au fil des années dans les traditions des citadins en quête de détente et de relaxation.

Quelques heures après la rupture du jeûne, la gente masculine commencent à affluer vers les cafés du coin qui en cette période de l’année affichent un nouveau look. Au menu, gâteaux traditionnels au miel, thé, café et chicha à consommer dans un cadre agréable accompagné de musique chaabie.

Parmi ces lieux, le café El Bahdja de Bab El Oued, devenu mythique pour ses soirées animées jusqu’à l’aube. Ammi Omar, âgé de soixante ans, rencontré dans ce quartier nous dira : «Durant le Ramadhan, mon seul coin est le café El Bahdja, c’est là-bas que je rencontre tous mes amis autour d’un bon café pour une quaada dans la pure tradition. Même mes petits-enfants m’accompagnent. D’ailleurs, l’un d’eux se plaît à jouer de la derbouka et accompagne les chanteurs qui passent», dira-t-il. «Dommage que ces habitudes commencent à disparaître à cause d’autres lieux que fréquentent les jeunes», ajoutera le sexagénaire avec dépit.

Hormis ce lieu, Alger regorge de petits cafés qui se plongent dans l’ambiance ramadhanesque. On peut citer le café Oum Keltoum qui diffuse chaque soir de la bonne musique ainsi que le café le Faisan d’or. L’autre coin convoité par différentes tranches d’âge est le légendaire café Malacoff surnommé «qahouat el anka» car le père de la chanson chaabie était un habitué de ce café où il avait ses habitudes et sa table qu’il rejoignait chaque fin d’après-midi après avoir donné ses cours au conservatoire d’Alger.

On citera aussi le café Dallas situé à Bab El Oued qui troque chaque Ramadhan son menu contre un «spécial Ramadhan» qui est une recette gagnante pour tous ces gérants de cafés algérois. Car rien de mieux pour toucher la communauté algéroise qu’une ambiance à l’ancienne. Pour les jeunes qui ne sont pas fanas de dominos et de jeux de cartes, encore moins de chaabi, il reste toujours des coins tels que kheïmas ou les clubs de billard avec un style branché qui plaît tellement à la jeunesse.

Certains diront que l’ambiance des cafés a vraiment changé à cause de la décennie noire qui a conduit à la disparition des quaadate ramadhanesques. «Cette tradition a refait surface durant le début des années 2000 car avant, un grand nombre de cafés avaient baissé rideau pour des questions de sécurité.

Mais malheureusement, les gérants de café font cela aujourd’hui pour en tirer de l’argent et non pour la préservation de la culture», déclare el hadj Ali âgé de 70 ans. Il est vrai que l’aspect commercial a plus ou moins pris le pas sur le côté festif, culturel, mais il reste cependant bien de voir ces quaadate perdurer et refléter une image de l’ancien Alger, quand bien même elles seraient légèrement travesties. Le défi est donc de préserver ces lieux et ces traditions qui constituent l’histoire, l’identité culturelle de nos cités.

Par La tribune

Zeste
27/08/2009, 14h33
J'aurais bien aimé découvrir l'ambiance de ces cafés, mais pas toute la soirée ! :razz:

«Dommage que ces habitudes commencent à disparaître à cause d’autres lieux que fréquentent les jeunes», ajoutera le sexagénaire avec dépitNo comment !

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