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28/08/2009, 12h03
Ramadan à Alger
Les restos du cœur font recette
Par Ahmed Haniche




Aubaine
Les restos du cœur permettent à de nombreux nécessiteux de rompre le jeûne. Les conditions de restauration et la qualité des repas y sont plutôt acceptables.

Samedi 22 août, premier jour du ramadan. L’appel à la prière du Maghreb, autorisant les fidèles à rompre le jeûne, approche. Il est 18h, une heure et demie nous sépare de l’Adhan. Les principales rues et ruelles d’Alger commencent à se vider. Les gens rentrent en pressant le pas. Normal, puisque chacun tient à rompre le jeûne chez lui, parmi les siens.
A l’arrêt des bus de l’Etusa de la place Maurice-Audin, la tension commence à monter à partir de 18h 30. Une dispute éclate. Sans l’intervention de personnes âgées, les querelles auraient pu avoir de graves conséquences. Les bus menant vers différentes directions arrivent et les derniers voyageurs regagnent leurs domiciles. Il reste ceux qui n’ont pas où aller.
Des travailleurs issus des autres régions du pays, des citoyens venus passer des examens médicaux à Alger et qui n’ont pas pu regagner leurs foyers le soir, des sans-abri, des mendiants et des malades mentaux. Ils se mettent tous à la recherche d’un endroit où manger. «Si tu trouves un coin du côté du boulevard Mohammed-V, fais-moi signe et moi, je descends à la rue Hassiba et s’il y a quelque chose, je t’appelle».
C’est ainsi que Omar et Hamid, originaires de Bouira, ouvriers dans un chantier de construction à Alger, tentent de se débrouiller en conjuguant leurs efforts. C’est la première fois qu’ils passent le mois sacré loin de leurs familles et ils n’ont donc pas l’habitude de rompre le jeûne dans des restos du cœur. Quelques minutes plus tard, Hamid appelle son ami. Il vient de repérer, à la rue de Mulhouse, un restaurant de la rahma ouvert par le Croissant-Rouge algérien (C-RA) au profit des nécessiteux. Il est 19h 20. Environ une centaine de personnes a déjà pris place dans la grande salle. A quelques minutes de la rupture du jeûne, une affluence considérable est enregistrée. «Ceux qui arrivent à ce moment savent qu’il existe un resto de la rahma ici. Les autres ont demandé avant d’atterrir ici», nous explique un bénévole. Si la salle n’est pas pleine, cela s’explique par le fait que le début du ramadan a coïncidé avec un jour du week-end et les travailleurs ont préféré le passer chez eux. Des jeunes veillent au grain. Après avoir placé les plats sur les tables, ils font des tournées, demandant aux gens s’ils ont besoin de quoi que ce soit. A l’appel du muezzin, un silence de cimetière règne dans la salle. Les gens mangent en silence.
L’ambiance est plutôt morose, personne ne connaît l’autre. Un bol de chorba, un tadjine zitoune, quelques dattes, un morceau de viande congelée et un pot de yaourt. Une bouteille d’eau minérale est également offerte.
Les bénévoles du C-RA s’attendent à une affluence beaucoup plus importante, notamment durant les jours ouvrables. Une moyenne de 300 repas pourrait être servie quotidiennement, prévoient-ils.

A.H.

le soir

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