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desert_rose
29/08/2009, 20h06
Les entreprises opérant dans le secteur maritime et portuaire ont ressenti fortement les décisions prises par les pouvoirs publics dans le cadre de la loi de finances complémentaire pour 2009. Une baisse de l'activité a été enregistrée depuis la promulgation de ce texte de loi.

Les ports algériens ont accusé un ralentissement du trafic depuis le début août dernier.Certains ports, à l'instar de ceux de Skikda, de Ghazaouet et de Annaba, ont ressenti fortement les effets de la loi de finances complémentaire, a confié hier le DG de la société maritime Algerian Shipping, M. Bedoui.

A l'exception de l'importation du fer et quelques matériaux de construction, les quais des ports sont restés vides. Il n'y a plus de navires en rade, a tenu à signaler notre interlocuteur, notamment pour le port de Skikda. «Le trafic a connu une chute vertigineuse. Nous ne savons pas quoi faire. Certaines sociétés risquent même de fermer, ne pouvant plus supporter les charges et les coûts de gestion», soutient ce professionnel du secteur maritime.

Les procédures instaurées en matière d'importation de biens et de services à la faveur de la loi de finances complémentaire pour 2009 visaient à réduire le volume des importations ayant atteint en 2008 les 39 milliards de dollars. Les pouvoirs publics ont estimé une baisse de 5% de la facture d'importation.

Dans les milieux portuaires et maritimes, on annonce quasiment la disparition de l'import-import. Notons également que les procédures de contrôle qualité ont eu un effet sur les flux d'importation, étant donné le blocage de tout produit interdit à la commercialisation en Algérie. Le DG d’Algerian Shipping salue au passage les mesures prises par l'Etat. «Les dispositions qui ont été instaurées permettent de stopper l'hémorragie de la devise. C'est un point important.

Mais les conséquences sur les emplois et les chiffres d’affaires des sociétés activant dans le secteur seront catastrophiques», relève-t-il. Dans ce domaine, il y a toute une chaîne d'intervenants qui seront affectés. Le nombre de sociétés dépasse largement la centaines, voire le millier, si l'on intègre les transitaires et commissionnaires en douanes qui verront leur métier disparaître.

De grandes sociétés mondiales, à l'exemple du groupe français CMA CGM, du danois Maersk ont investi le marché algérien en créant leurs propres ports secs et des directions à travers tous les ports algériens. La CMA CGM traitait à elle seule plus de 150 000 conteneurs par an, faisant de la filiale algérienne l'un des plus importantes dans le bassin méditerranéen.

Inquiétudes et interrogations

Les entreprises portuaires au nombre de 11 verront leur activité réduite, sachant que le personnel des ports est encore énorme et l'activité est essentiellement basée sur le traitement des marchandises importées. Au sujet de la décision prise par la Banque extérieure d'Algérie d'autoriser la domiciliation des opérations d'importation des matières premières sans le recours au crédit documentaire, des professionnels considèrent que cette mesure concerne une partie «infime» d'entreprises.

Les importations de produits finis sont beaucoup plus importantes que celles des intrants, signalent-ils. A l'étranger, les dispositions prises par les autorités publiques ont suscité des réactions et des inquiétudes. Le port de Marseille-Fos, qui réalise une partie importante de son trafic avec l'Algérie, a subi de plein fouet les nouvelles mesures décidées dans la loi de finances complémentaire pour 2009.

Au port de Marseille-Fos, les effets de ces mesures sont immédiats. Selon le Moci (moniteur du commerce extérieur), les départs de navires rouliers (ou Ro-Ro) dédiés au transport de véhicules ont été suspendus faute de marchandises. Pour la première fois, un bateau à destination d'Alger est resté à quai pendant cinq jours dans l'attente de marchandises.
«Aujourd'hui, il y a 50% de marchandises en moins qui sont envoyées vers l'Algérie et aucun approvisionnement n'a été réalisé au début de cette semaine», signalent des armateurs français, pénalisés par la politique de substitution à l'importation instaurée par l'Algérie.

Pour ces opérateurs, la situation est vraiment critique, non seulement pour les transporteurs, mais aussi pour l'ensemble de l'économie de la ville de Marseille. L'Union maritime et fluviale Marseille-Fos (UMF) a été contrainte d'alerter, le 25 août, la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, sur les menaces qui pèsent sur les échanges franco-algériens. L'organisation qui fédère les associations de professionnels portuaires de Marseille-Fos et les compagnies maritimes a dénoncé les mesures prises par Alger pour freiner ses importations.

Farouk Belhabib

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