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Voir la version complète : Croissance: la France prône une autre approche axée sur le bien-être


gdesmon
15/09/2009, 08h08
L'Expansion.com - 14/09/2009

Nicolas Sarkozy a plaidé lundi 14 septembre 2009 pour un changement de la mesure du progrès économique et social. Le Chef de l'Etat français s'exprimait à la Sorbonne à l'occasion de la réception du rapport de la commission de mesure de la performance économique et du progrès social dirigée par l'économiste américain Joseph Stiglitz.

Selon l'économiste américain, ancien conseiller de Bill Clinton à la Maison Blanche, le progrès économique et social ne peut plus se résumer aux évolutions du produit intérieur brut (PIB), étalon mondial de la puissance des Etats qui mesure la production de biens et de services. "Le PIB n'est pas (...) erroné en soi, mais utilisé de façon erronée", notamment quand il est présenté comme "une mesure du bien-être économique", selon des extraits de ce rapport remis dans la matinée à l'Elysée.

De nouveaux indicateurs doivent donc être mis en place afin de mieux prendre en compte les activités non-marchandes (travaux domestiques, bénévolat, loisirs...), l'accès à la santé ou l'insécurité, tout en reflétant davantage les inégalités, selon ce document.

"La France se battra pour que toutes les organisations internationales modifient leurs systèmes statistiques", a promis le chef de l'Etat dans un discours à l'université de la Sorbonne à Paris appelant, à quelques jours du sommet du G20 à Pittsburgh, à "abandonner la religion du chiffre". La France "adaptera son propre appareil statistique en conséquence", a assuré le chef de l'Etat, qui avait lancé cette réflexion début 2008.

"Il faut penser l'après-PIB", a renchéri la ministre de l'Economie Christine Lagarde, tandis que l'économiste en chef du FMI Olivier Blanchard qualifiait ce rapport d'"utile".

Composée au total de 25 membres, dont cinq Prix Nobel, la Commission Stiglitz plaide également pour des instruments mesurant les atteintes à l'environnement, et notamment pour un "indicateur clair des accroissements de la concentration des gaz à effet de serre". Le PIB ne doit pas être supprimé mais il doit être enrichi et complété, soutient la Commission, faisant écho aux critiques régulièrement adressées à cet indicateur qui s'est généralisé après-guerre.

Cette confusion risque d'aboutir à des "indications trompeuses" et d'entraîner des "décisions politiques inadaptées". "Dans une société où la performance prend de plus en plus d'importance, la mesure statistique compte", a ajouté à la tribune Joseph Stiglitz, pointant un "danger" quand il y a un écart entre les statistiques et la perception de la situation.

L'OCDE a salué dans un communiqué les conclusions de la Commission, relevant qu'un prochain forum mondial sur les statistiques organisé sous son égide se tiendrait fin octobre à Busan (Corée du Sud). "Ce rapport n'est qu'un premier pas", a résumé M. Stiglitz, soulignant que l'application de ces nouveaux indicateurs ne déplairait pas à tout le monde. Grâce à son système de santé, la France pourrait ainsi grappiller quelques places dans le classement des nations, a suggéré l'économiste.

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