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Voir la version complète : Pourquoi la voiture électrique n'a pas l'avenir survolté qu'on lui prédit


nacer-eddine06
16/09/2009, 13h18
16/09/2009 10:16

Le salon automobile de Francfort a ouvert ses portes hier. La société de conseil Oliver Wyman vient tout juste de publier une étude prédisant un avenir tout sauf survolté pour les voitures électriques... A l'horizon 2025, elles représenteraient à peine plus de 3 % du marché mondial !

Les explications de Remi Cornubert, spécialiste automobile du cabinet auteur de l' étude .

Selon votre étude, la part des véhicules électriques à batterie ne dépassera pas 3,2 % du marché mondial à l'horizon 2025. La voiture électrique a-t-elle tant d'inconvénients ?

Oui, ils sont nombreux. Le coût de cette technologie est encore très important. Pour produire une voiture électrique, il faut dépenser en moyenne 10.000 euros de plus que pour une voiture à moteur. En 2025, les coûts de production devraient dépasser encore de 60 % ceux du moteur à explosion !

Ensuite, la taille des batteries et la faiblesse de l'autonomie, qui ne dépasse actuellement pas 250 km, sont des problèmes qui n'ont pas encore été résolus. Les infrastructures non plus ne sont pas adaptées à la voiture électrique. Dans Paris intra-muros par exemple, il faudra que les utilisateurs, en plus de trouver une place pour se garer, dénichent une place câblée pour recharger leur voiture. Cette recharge peut durer des heures, alors que les utilisateurs sont toujours plus pressés. Autant de sacrifices que ne sont pas prêts à faire les consommateurs, qui restent pragmatiques et basiques.

Par ailleurs, de nombreuses incertitudes demeurent au sujet de l'intérêt d'investir dans ces voitures. Si un automobiliste achète une Argus en 2009, il sait exactement quelle sera sa cote en 2013. Si on achète de l'électrique, il est impossible de savoir quelle sera sa valeur quatre ans plus tard. Voilà comment nous parvenons à ces estimations. La voiture électrique a un avenir, mais son développement prendra beaucoup plus de temps que ce qu'annoncent les constructeurs.

Les constructeurs rassemblés à Francfort semblent pourtant prêts à tout faire pour développer l'électrique !

C'est très à la mode en ce moment. De nombreux constructeurs investissent et communiquent sur l'électrique car ils ont compris qu'ils ne pourraient pas passer à côté. Notamment pour des questions environnementales. Seulement, ils savent aussi que les perspectives de marché sont limitées dans les années à venir.

Renault, qui est déjà très optimiste, a estimé qu'à terme, les véhicules électriques pourraient peser 10 % du marché mondial (lire l'encadré). D'ici là, les constructeurs ne vont bien évidemment pas tout investir dans ce domaine. Ils doivent en ce moment se concentrer sur les petits modèles, améliorer leurs performances, par exemple sur les moteurs trois cylindres. La guerre du poids sera bien plus au cœur des préoccupations à venir que l'électrique.
Certains facteurs ne vont-ils directement dans le sens de la voiture électrique ?

En effet, les incertitudes autour du prix du pétrole, de la réglementation ou encore la cause environnementale sont autant de facteurs qui pourraient accélérer le phénomène de la voiture électrique. A Amsterdam, par exemple, les voitures diesel et les camions ne sont plus autorisés depuis cet été à entrer dans la ville. De telles mesures drastiques, si elles étaient adoptées largement, pourraient donc faire varier nos statistiques.

Tous les pays n'ont toutefois pas le même intérêt à développer la voiture électrique. C'est intéressant pour la France qui a fait le choix du nucléaire pour ne pas produire de CO2. Pas forcément pour l'Allemagne et la Chine, qui ont pris des options différentes.

Julie de la Brosse, L'Expansion.com

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