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Voir la version complète : Les Italiens, les Chinois et le plan de relance algérien


DZone
26/09/2009, 00h26
Les exportations italiennes de biens d’équipements industriels vers l’Algérie ont enregistré une hausse spectaculaire durant le premier semestre 2009, passant de 759 millions de dollars à 1,24 milliard de dollars, soit une progression de 63%.

C’est le directeur de l’Institut italien pour le commerce extérieur qui en a fait part, lorsqu’il a passé en revue les échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Italie. Il a souligné que ces exportations représentent plus de 57% du total des exportations italiennes. «Durant le premier semestre 2009, les échanges commerciaux entre les deux pays ont enregistré une progression de 9,5% par rapport à la même période de 2008», est-il noté.
les Italiens n’omettent pas, cependant, de souligner la baisse du déficit commercial de leur pays «engendré par la forte baisse des cours pétroliers, mais aussi par le maintien des exportations italiennes malgré le fait que l’Italie soit passée comme 3è fournisseur de l’Algérie avec 2,15 milliards de dollars après la France et la Chine». Les produits alimentaires italiens, en Algérie, affichent eux aussi «une encourageante progression de 41%, passant de 17 millions de dollars durant le premier semestre 2008 à 24 millions de dollars pour la même période de 2009. Les demi-produits, par contre, ont baissé de 30,93% passant de 931 à 643 millions de dollars durant les 6 premiers mois de l’année en cours».

Représentées à 98,3% par l’achat de gaz naturel et de produits pétroliers, les importations de l’Algérie ont, pour leur part, baissé d’une manière importante durant le 1er semestre 2009 (-43%) atteignant les 3 milliards de dollars. «Les échanges commerciaux de l’Italie avec l’Algérie ont atteint, durant le 1er semestre 2009, 4 milliards de dollars enregistrant par là même, une baisse de près de 30% (…)». Porsia estime, cependant, que «l’Italie continue d’être de la reconstruction et de la relance de l’Algérie. On apprend ainsi que les marchés publics, attribués aux entreprises italiennes durant le 1er semestre de cette année, ont atteint 4,5 milliards d’euros dont 80% dans le secteur énergétique. L’Italie, dit Porsia, a confirmé en 2007, des investissements hors hydrocarbures de l’ordre de 70 millions de dollars et si on inclut ceux dans les hydrocarbures, on en a pour une centaine de millions de dollars». Les diplomates italiens indiquent par ailleurs que «bien que l’Italie continue d’être assez présente dans le secteur des travaux publics à travers ses compagnies majors, il a été remarqué une forte prévalence des adjudications en faveur des entreprises chinoises». Le directeur de l’ICE explique : «c’est normal, les Chinois sont plus compétitifs. Nous nous confrontons à un nouveau concurrent. Les entreprises chinoises accaparent la part du lion du marché algérien qui, traditionnellement, revenait aux entreprises italiennes qui ont une expertise internationale». L’ambassadeur renchérit «c’est une concurrence forte en ce qui concerne les appels d’offres».

Pour Porsia «c’est une donnée nouvelle, c’est une compétition ouverte à laquelle les entreprises italiennes continuent de participer. C’est déjà un bon signe de ne pas s’être retiré». La présence économique italienne en Algérie a, est-il noté d’ailleurs, «considérablement augmenté au cours de ces dernières années». Les entreprises italiennes en Algérie sont au nombre de 150 environ dont 40% opèrent dans le secteur de l’énergie, 40% autres dans le BTPH et 20% dans différents secteurs (PME, services, plastique, imprimerie, céramique…). L’Algérie est comptée comme deuxième destination des entreprises italiennes de travaux publics au niveau mondial. Ces entreprises participent dans la réalisation de grands projets dans le domaine des chemins de fer, la construction de barrages et de transferts, routes et autoroutes…

Le directeur de l’ICE promet : «grâce à une importante politique de promotion, il y aura une participation massive de l’Italie au Salon algérien des travaux publics». Dans l’éditorial de la 6è parution de la revue Crescendo pour la période juillet-octobre, Porsia écrit «les chiffres sont tombés, et je peux l’annoncer aujourd’hui de manière officielle et solennelle, l’Algérie est le premier client de l’Italie sur le continent africain et le troisième dans toute la zone Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA) après les Emirats-Arabes-Unis et l’Arabie Saoudite». Il estime «l’information (est) d’autant plus importante du fait que les partenaires traditionnels comme l’Egypte et la Tunisie se retrouvent relégués loin derrière». Il espère que «les investissements directs italiens ne seront pas freinés par le nouveau contexte juridique qui est en train de se dessiner». Le directeur de l’ICE évoquera «le déficit commercial en défaveur de l’Italie, qui n’a cessé de se creuser ces dernières années pour s’élever à 5,6 milliards d’euros en 2008 (…)».

Pour lui, «l’Italie qui a fait de l’Algérie un partenaire stratégique, et auquel elle a confié une part importante de son approvisionnement énergétique, s’attend à ce que l’Algérie, à travers le nouveau plan de relance 2009-2013 annoncé, lui en attribue une large part et que la mise à niveau de ses PME en soit confiée à l’expertise italienne». Ceci, dit-il, «afin de combler ce déficit qui n’a pas d’égal ni d’équivalent avec les autres pays de l’Union européenne». Il précisera qu’en ces temps de crise «de retour des nationalismes économiques et du souverainisme où les sacro-saintes règles de marché ont volé en éclat, cela reste possible et justifié». D’autant plus «comme le répètent fréquemment nos amis algériens», conclut-il, «l’Italie ne nous a pas abandonnés pendant la période la décennie noire».


G.O.
© MONDEACTU

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