PDA

Voir la version complète : Abdoun: «Je suis prêt pour le combat»


mecmad
05/10/2009, 16h16
L’impatience est très palpable sur le doux visage de Djamel Abdoun. On peut même dire qu’il ne pense qu’à son départ vers Alger afin de vivre sa toute première sélection parmi les Verts, tellement il en parle passionnément.

Vous n’êtes qu’à une semaine de votre première sélection parmi les Verts. Qu’est-ce que cela vous fait ?
C’est sûr que je bouillonne de l’intérieur. Je suis hyper impatient d’y être et de découvrir le groupe et l’ambiance d’un match de l’EN au bled.
A quoi pensez-vous au juste ?
Je pense en même temps à l’accueil des gens, à la découverte de l’équipe, mais aussi et surtout à être au top avant le match pour gagner la confiance du coach. Il ne reste que deux matchs dans ces éliminatoires et je sais que ce sont les plus importants. Il va falloir répondre présent du début jusqu’à la fin du match. Je suis déjà dans l’optique de la préparation mentale. Comme tous les joueurs de l’EN, je ne dois pas décevoir et j’en fais un poing d’honneur.
Vous avez discuté avec le coach et le président de la FAF. Comment a été ce premier contact ?
Ça s’est très bien passé. C’est le président de la FAF qui m’a parlé en premier, puis il m’a passé le coach. Ils ont tous les deux été très réconfortants et m’ont demandé de me préparer pour faire partie du groupe pour le prochain stage. Leur discours a été agréable et ce contact m’a beaucoup plu.
Êtes-vous prêt pour jouer dès votre première convocation ?
Ce n’est pas à moi de décider de cela, mais je ne dirai sans doute pas non si le coach venait à me faire confiance. Je suis un compétiteur dans l’âme et si je dois aller en Algérie cette semaine, c’est surtout pour aider l’équipe à se qualifier. Une chose est sûre, c’est que je me sens prêt pour le grand combat. Je donnerai le meilleur de moi-même, il n’y a pas le moindre doute. Le coach sait très bien qu’il peut compter sur moi. Je vais jouer pour la victoire et pour l’honneur du peuple algérien.
Quelles sont les appréhensions qu’on peut avoir avant un tel rendez-vous ?
Les blessures sont ce qu’on peut craindre le plus. A part ça, il n’y a pas de place pour la crainte. Nous possédons un groupe très solide, nous sommes en tête et nous allons jouer chez nous, devant notre public. Celui qui a peur d’un tel match n’a pas sa place au sein de l’équipe. Il faut garder ce mental de guerrier que l’équipe a affiché depuis le début de ces éliminatoires et penser à monter en puissance à chaque fois que nos concurrents essaieront de nous rejoindre. Il faut les laisser derrière et les faire douter par notre force.
A qui allez-vous penser en foulant la pelouse du stade de Blida ?
Ce sera sans doute pour ma famille et pour tout le peuple qui attendent cette victoire. J’ai moi-même été à leur place, il y a quelques semaines et je sais ce qu’on voudrait demander aux joueurs. Je ferai donc en sorte à ce que le rêve de tous se réalise. C’est pour ce but qu’on est en train de bosser tous.
Vous allez certainement inviter vos cousins à assister au match du 11 octobre, non ?
Je vais vous faire une confidence. On a convenu avec ma mère pour qu’elle vienne assister au match contre le Rwanda. Elle aimerait tant vivre cette ambiance dans les tribunes. Elle est venue déjà me voir jouer en France, mais cette fois ça va être différent, parce que je serai avec les couleurs de notre pays. Ça donne déjà des frissons rien que d’y penser. Depuis le temps que j’en rêvais…
Vous êtes combien dans la famille ?
On est cinq enfants. Mohand qu’on appelle aussi Moumouh, Liès, Lynda et Lila. Moi, je suis le plus jeune de la famille. Mon père est mort lorsque j’avais quatre ans. Nous avons donc été élevés par ma mère à qui je dois rendre un vibrant hommage de nous avoir fait grandir sans ressentir le moindre manque de quoi que ce soit.
Elle a dû travailler toute sa vie, la pauvre, non?
C’est sûr ! Et elle continue même aujourd’hui à le faire. Elle ne veut pas s’arrêter même si elle n’est plus dans le besoin. Il lui faut tous les jours ses heures de ménage. Elle dit que c’est une question de principe. Si elle arrête de travailler, elle risque de tomber malade. Ma mère est une énorme bosseuse. C’est elle qui nous a appris à ne jamais rien lâcher dans la vie. Ma mère est le courage en personne.
Quels souvenirs gardez-vous de votre défunt papa?
Franchement, je n’ai pratiquement aucun souvenir de mon père Allah yerrahmou. J’en garde des souvenirs vagues alimentés par l’imaginaire de quelques photos, ou lorsqu’on allait faire les courses. Je n’avais que quatre ans lorsqu’il nous a quittés. C’est difficile pour un môme de cet âge de s’en rappeler.
Comment on vit cela quand on est ado et qu’on voit les autres jeunes soutenus par leur papa et pas vous ?
En fait, je m’étais habitué à ne pas avoir de père depuis toujours. Mais c’est vrai que par moment, lorsqu’on est adolescent, on aurait aimé avoir son père à ses côtés. Mais moi, au lieu de me lamenter sur mon sort, la vie m’a appris à faire toujours plus d’efforts que mes coéquipiers afin d’être le plus fort. C’est donc cela qui m’a aidé à grandir très vite et à me démerder tout seul.
Votre maman ne s’est pas remariée ?
Non, elle est restée veuve à ce jour. C’est une question de nif ! Elle n’est pas Algérienne pour rien !
Qui a joué le rôle du père par la suite ?
C’est un peu mon grand frère, mais on ne peut pas enlever à ma mère tous les sacrifices qu’elle a consentis pour nous élever. Hamdoullah, ma mère est une femme très courageuse. Elle a pris pour elle et elle a réussi sa vie et celle de ses enfants. Je suis toujours en admiration devant ce qu’elle a enduré la pauvre. En plus, on n’était pas des enfants faciles. Mais personne n’a mal viré dans la famille.
Vous avez souffert du manque d’argent dans votre enfance ?
C’est vrai que ma mère ne gagnait pas des millions en faisant le ménage, mais Al Hamdoullah, elle nous a toujours habillés convenablement. On ne nous a jamais regardés comme des pauvres. Elle se sacrifiait totalement pour qu’on soit habillés proprement et avec de la marque pour ne pas passer pour des démunis. Elle a toujours su nous garder la tête haute. Elle nous a appris à être fiers, à l’algérienne quoi ! Tout le monde est marié chez moi et aujourd’hui, c’est à nous de lui renvoyer l’ascenseur en l’aidant à vivre comme une reine, car elle le mérite bien après tout ce qu’elle a fait pour nous.
Qu’est-ce qui vous tenait le plus à cœur dans votre vie ?
Ma mère rêvait d’acheter une maison et Al Hamdoullah, Dieu m’a accordé la chance de pouvoir la lui offrir. C’est un peu cela qui me tenait le plus à cœur. Après le reste, c’est une question d’ambition de chaque personne dans la vie.
Vous êtes de quel patelin à Akbou ?
On est du village d’Amalou. Mes parents y sont originaires tous les deux. Ils sont partis de là-bas tous les deux et nous ont eus ici en France. J’aimerais profiter de cette occasion pour saluer ma mère et toute la famille à Akbou. Elle est chez nous dans le village.
Comment avez-vous découvert l’Islam ?
C’est lorsque je jouais à Ajaccio que j’ai été imprégné de la douceur de l’Islam. J’ai découvert cela avec Abderraouf Zarabi, Yacine Bezzaz et Rafik Saïfi. Il y avait également un autre frère qui s’appelle Michael Marquet et qui est aussi musulman. C’est en les côtoyant et en les écoutant que j’ai appris les rudiments de l’Islam. J’ai été touché par cet enseignement au quotidien de la pratique de notre religion. Par la suite, je me suis procuré des livres pour approfondir mes connaissances. Aujourd’hui, Al Hamdoullah, je me sens nettement plus à l’aise, plus calme, plus apaisé et je recherche constamment d’autres vérités et d’autres sagesses dans le Coran et la sunna du Prophète (SAW).
Vous avez appris l’arabe?
Un peu seulement. Mais je me suis promis de m’y mettre sérieusement très prochainement. C’est très important pour ma religion, mais aussi pour communiquer avec mes frères algériens. A commencer par mes coéquipiers de l’EN et les supporteurs du bled.
Quels sont les souvenirs que vous gardez du bled ?
Plein de souvenirs d’enfance quand on y allait avec ma mère. On était souvent à Béjaïa, du côté des belles plages de Tichy, Boulimat et tous les autres coins merveilleux. : «Tu te baignes et tu surveilles tes affaires, parce qu’il y a des singes qui descendent pour te fouiller les sacs et te chiper la nourriture. Tu n’as pas intérêt à oublier de fermer les fenêtres et les portes de ta voiture.» C’est un endroit sublime. J’y allais très souvent, jusqu’à ce que je démarre ma carrière professionnelle.
Mais vous pouvez y aller en été aussi, non?
Ma mère y va toujours au mois d’août et moi en cette période je suis déjà à l’entraînement. C’est là que démarre la saison pour nous. Mais je vais sans doute rattraper cela dans les années à venir in cha Allah, car j’ai même l’intention de construire une maison à Béjaïa afin de me rapprocher un peu plus de mon pays. C’est un projet qui me tient vraiment à cœur. J’espère le réaliser le plus tôt possible.
Qu’est-ce que vous écoutez comme musique ?
J’écoute beaucoup le Coran que de la musique. Mais je ne suis pas contre les bons CD des chanteurs algériens. Mais j’écoute essentiellement de la musique kabyle. Je ne parle pas assez l’arabe en fait. A la maison, c’est toujours taqvaïlith (du kabyle).
Vous écoutez qui comme chanteurs kabyles ?
J’écoute Allaoua, Oulahlou, Massa Bouchafa, Takfarinas, Idir, Aït Menguellet et tant d’autres encore. En fait, c’est ma mère qui nous a inoculé le virus de la chanson kabyle.
Vous mangez plutôt marocain avec votre épouse. Vous la préférez à la cuisine algérienne ?
Non, moi je suis à fond pour la cuisine algérienne. Tikourvavine nyemma, par exemple, je ne l’échangerai pour rien au monde. Ah, non, je défends d’abord les plats de ma mère et de la Kabylie.
Que peut-on vous souhaiter pour le match contre le Rwanda ?
Un souhait de victoire d’abord pour l’équipe. Une victoire avec incha’Allah un score très large en prévision du dernier match contre l’Egypte, si la Zambie n’arrive pas à gagner chez elle la veille. Sur un plan personnel, je souhaiterais convaincre le coach lors des séances d’entraînement qu’on va avoir pour pouvoir jouer ce match et lui donner raison de m’avoir accordé sa confiance pour un RDV aussi important. Je suis très impatient d’y être afin d’apprécier de l’intérieur cette ambiance merveilleuse qui règne dans les tribunes et dont seul le public algérien possède le secret.
Entretien réalisé par Nacym Djender

Le buteur

Attarikh
05/10/2009, 18h05
Vraiment terrible Abdoun, Inchallah qui gagne notre petit kabyle algérien!

Cookies