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Voir la version complète : Répression au Sahara Occidental


icosium
07/10/2009, 16h53
L’envoyé spécial des Nations unies pour le Sahara Occidental, Christopher Ross, a réuni le 11 août en Autriche des délégations du gouvernement marocain et du Front Polisario pour préparer un cinquième round de négociations en vue de la mise en œuvre des résolutions des Nations Unies pour l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental occupé depuis 1975 par le Maroc en toute illégalité comme l’a confirmé la Cour Internationale de Justice de La Haye.

Quelques jours plus tard, les autorités marocaines ont poursuivi leur politique de répression contre la population sahraouie des territoires occupés. Black-out, emprisonnements, tortures, disparitions, maisons dévastées sont le lot quotidien des Sahraouis. Les associations sahraouies sont interdites. Les étudiants sahraouis dans les universités marocaines subissent également la répression. Les procès se multiplient, notamment contre les défenseurs sahraouis des Droits de l’Homme, avec de lourdes condamnations. Pour avoir participé à des manifestations pacifiques, les 9 membres du groupe dit de "Mohamed Yahia" ont été condamnés à des peines de prison ferme de 1, 4 et 15 ans. Ennaâma Asfari, défenseur sahraoui des Droits de l’Homme et co-président du CORELSO, a été arrêté le 14 août pour détention d’un porte-clés avec le drapeau sahraoui. Après avoir été tabassé par les policiers, il a été emprisonné puis condamné à 4 mois de prison ferme pour "outrage à agent public". C’est sa troisième condamnation en raison de "son militantisme en faveur du Sahara occidental", comme l’a souligné l’association américaine Human Rights Watch.

Du 15 au 18 septembre, des centaines de Sahraouis (notamment des jeunes et des femmes) ont manifesté de façon pacifique dans de nombreuses villes du Sahara Occidental (Boujdour, El Aaiun, Smara) pour exprimer leur refus de l’occupation marocaine et leur volonté de faire respecter leur droit à l’autodétermination conformément aux résolutions des Nations unies. Les forces de police marocaines ont réagi avec brutalité comme en témoignent les photos et reportages transmis par les militants sahraouis sur Internet ainsi que les témoignages des observateurs internationaux qui ont assisté aux procès des militants sahraouis. Hommes et femmes blessés et torturés, enlèvements, maisons saccagées. Cette nouvelle vague de répression a été suivie par des arrestations arbitraires, de nouveaux procès avec des condamnations à de lourdes amendes et de la prison ferme.

La situation dramatique du peuple sahraoui interpelle l’opinion publique mais encore faudrait-il qu’elle soit informée ! Les principaux médias ne voient rien, n’entendent rien, ne disent rien ! Jusqu’à quand resteront-ils indifférents ? Les articles, les reportages ne manquent pas sur la chute du mur de Berlin mais pas un mot sur le mur marocain de 2700 km dans le désert qui sépare les familles sahraouies ! Le gouvernement français et l’Union Européenne, qui n’arrêtent pas de donner des leçons de démocratie, sont également sourds, aveugles et muets !

Le CORELSO exprime sa solidarité aux victimes de cette violente répression et condamne toutes les violations des Droits de l’Homme au Sahara Occidental occupé. La communauté internationale ne peut pas rester spectatrice et apathique. Face à la gravité de la situation, le CORELSO appelle les associations des Droits de l’Homme, les partis politiques, les syndicats ainsi que tous les citoyens soucieux de la défense des Droits de l’Homme et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes à intervenir auprès du gouvernement français, des autorités européennes et des instances internationales pour exiger :

- L’arrêt de la répression et le respect des libertés fondamentales dans les territoires occupés du Sahara Occidental.
- La libération des prisonniers politiques sahraouis.
- L’inclusion dans les compétences de la mission des Nations unies pour le Sahara Occidental (MINURSO) de la protection de la population sahraouie contre la répression.
- La tenue d’un référendum d’autodétermination pour permettre au peuple sahraoui de décider de son avenir en toute liberté.

Pour briser le silence des médias, vaincre la complaisance et la complicité de certains gouvernements à l’égard du Maroc ainsi que l’inertie des Nations unies, le peuple sahraoui des camps de réfugiés et des territoires occupés a besoin de tout notre soutien jusqu’à la victoire.

Aline Pailler
co-présidente du CORELSO

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