médisante
31/12/2005, 13h07
L'espagne y va fort avec cette nouvelle loi. Si elle cause bien des résistances : toute une mentalité à changer, toute une organisation à transposer, c'est une loi bénéfique pour la santé de chaque enfant, adolescent, et adulte.
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"Interdiction de fumer", diront à partir du 1er janvier des millions d'affichettes en Espagne où 30% des habitants devront arrêter la cigarette sur leur lieu travail, sans même la possibilité d'utiliser des zones spéciales, et à l'intérieur de certains établissements de loisirs.
Les lieux de travail, mais aussi des bars et des restaurants, devront appliquer une loi adoptée le 15 décembre par une large majorité de députés et qui régule de façon draconienne la consommation, la vente, l'approvisionnement et la publicité sur le tabac.
L'Espagne, qui a découvert le tabac à Cuba au cours du premier voyage de Christophe Colomb en Amérique et l'a ramené en Europe, laissait jusqu'à présent fumer avec une grande permissivité. Il n'était pas rare de voir des gens avec une cigarette allumée dans une boucherie, à la banque et même dans une pharmacie. Le fabricant de cigarettes hispano-français Altadis sera obligé de renoncer d'offrir des cigarettes à ses employés.
L'objectif de la loi lancée par le gouvernement socialiste, une des plus exigentes en Europe avec celles de l'Irlande, de la Norvège ou de la France, est de réduire de 5% en deux ans le taux de fumeurs en Espagne, où chaque année le tabac provoque la mort de 50.000 fumeurs et 700 fumeurs passifs.
L'entrée en vigueur de la loi a été précédée d'une vaste campagne publicitaire à la radio, dans les journaux et à la télévision d'un montant de quatre millions d'euros.
Dès dimanche, les fumeurs devront s'abstenir totalement sur leur lieu de travail, mais aussi dans des bars, restaurants et lieux de loisirs de plus de 100 m2 qui n'auraient pas de "zones fumeurs". Ces zones ne pourront pas excéder 30% de la surface du local.
Les infractions à la loi seront sanctionnées par des amendes de 30 à 600.000 euros.
Les établissements de moins de 100 m2 pourront choisir entre être fumeur ou non, mais ils devront en informer le client sur la porte.
"Nous réfléchissons à ce que nous allons faire. Nous n'avons pas encore pris de décision", explique à l'AFP Goyo Escabilla, responsable du Café Gijon à Madrid, un établissement créé en 1888 qui fut un lieu de rencontre privilégié d'intellectuels comme Federico Garcia Lorca ou Antonio Machado.
Les bars et restaurants de plus de 100m2 disposeront d'un délai de huit mois pour se mettre en accord avec la loi.
L'Espagne, second pays touristique au monde, compte 300.000 établissements hôteliers, dont 120.000 de petite taille.
Beaucoup de commerçants craignent de ne pas recevoir d'autorisations des mairies pour faire les travaux. Pour d'autres, comme le Gijon, il s'agit plutôt d'une question d'esthétique.
"Il faudrait diviser la salle avec une cloison, cela ne serait pas beau", estime Nicolas Martinez, qui travaille depuis 1962 au Gijon, célèbre également pour son minikiosque qui vend des cigarettes dans le salon principal. Le vendeur, Alfonso Gonzalez, 74 ans, officie depuis 30 ans et ne pense pas prendre sa retraite.
Les aéroports, hôtels, théâtres et cinémas, mais aussi les établissements psychiatriques, devront être pourvus de zones spéciales pour fumeurs.
La loi a toutefois suscité des résistances.
L'écrivain Antonio Gala allumait il y a quelques jours une cigarette au milieu d'une conférence de presse en signe de protestation et affirmait: "Ceux qui fument sont les survivants du CO2 des voitures, de la pollution et des exhalations des politiques".
En outre, plusieurs marques à bas prix sont sorties depuis un an, certaines atteignant un euro, et ont conquis 10 à 15% de parts de marché, selon la presse espagnole.
Pour la ministre de la Santé, "nous nous trouvons face à une puissante industrie qui désire inoculer l'habitude de fumer au cours des jours qui restent avant l'entrée en vigueur de la loi à un plus grand nombre de jeunes".
AFP 29.12.2005 - 11:47
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"Interdiction de fumer", diront à partir du 1er janvier des millions d'affichettes en Espagne où 30% des habitants devront arrêter la cigarette sur leur lieu travail, sans même la possibilité d'utiliser des zones spéciales, et à l'intérieur de certains établissements de loisirs.
Les lieux de travail, mais aussi des bars et des restaurants, devront appliquer une loi adoptée le 15 décembre par une large majorité de députés et qui régule de façon draconienne la consommation, la vente, l'approvisionnement et la publicité sur le tabac.
L'Espagne, qui a découvert le tabac à Cuba au cours du premier voyage de Christophe Colomb en Amérique et l'a ramené en Europe, laissait jusqu'à présent fumer avec une grande permissivité. Il n'était pas rare de voir des gens avec une cigarette allumée dans une boucherie, à la banque et même dans une pharmacie. Le fabricant de cigarettes hispano-français Altadis sera obligé de renoncer d'offrir des cigarettes à ses employés.
L'objectif de la loi lancée par le gouvernement socialiste, une des plus exigentes en Europe avec celles de l'Irlande, de la Norvège ou de la France, est de réduire de 5% en deux ans le taux de fumeurs en Espagne, où chaque année le tabac provoque la mort de 50.000 fumeurs et 700 fumeurs passifs.
L'entrée en vigueur de la loi a été précédée d'une vaste campagne publicitaire à la radio, dans les journaux et à la télévision d'un montant de quatre millions d'euros.
Dès dimanche, les fumeurs devront s'abstenir totalement sur leur lieu de travail, mais aussi dans des bars, restaurants et lieux de loisirs de plus de 100 m2 qui n'auraient pas de "zones fumeurs". Ces zones ne pourront pas excéder 30% de la surface du local.
Les infractions à la loi seront sanctionnées par des amendes de 30 à 600.000 euros.
Les établissements de moins de 100 m2 pourront choisir entre être fumeur ou non, mais ils devront en informer le client sur la porte.
"Nous réfléchissons à ce que nous allons faire. Nous n'avons pas encore pris de décision", explique à l'AFP Goyo Escabilla, responsable du Café Gijon à Madrid, un établissement créé en 1888 qui fut un lieu de rencontre privilégié d'intellectuels comme Federico Garcia Lorca ou Antonio Machado.
Les bars et restaurants de plus de 100m2 disposeront d'un délai de huit mois pour se mettre en accord avec la loi.
L'Espagne, second pays touristique au monde, compte 300.000 établissements hôteliers, dont 120.000 de petite taille.
Beaucoup de commerçants craignent de ne pas recevoir d'autorisations des mairies pour faire les travaux. Pour d'autres, comme le Gijon, il s'agit plutôt d'une question d'esthétique.
"Il faudrait diviser la salle avec une cloison, cela ne serait pas beau", estime Nicolas Martinez, qui travaille depuis 1962 au Gijon, célèbre également pour son minikiosque qui vend des cigarettes dans le salon principal. Le vendeur, Alfonso Gonzalez, 74 ans, officie depuis 30 ans et ne pense pas prendre sa retraite.
Les aéroports, hôtels, théâtres et cinémas, mais aussi les établissements psychiatriques, devront être pourvus de zones spéciales pour fumeurs.
La loi a toutefois suscité des résistances.
L'écrivain Antonio Gala allumait il y a quelques jours une cigarette au milieu d'une conférence de presse en signe de protestation et affirmait: "Ceux qui fument sont les survivants du CO2 des voitures, de la pollution et des exhalations des politiques".
En outre, plusieurs marques à bas prix sont sorties depuis un an, certaines atteignant un euro, et ont conquis 10 à 15% de parts de marché, selon la presse espagnole.
Pour la ministre de la Santé, "nous nous trouvons face à une puissante industrie qui désire inoculer l'habitude de fumer au cours des jours qui restent avant l'entrée en vigueur de la loi à un plus grand nombre de jeunes".
AFP 29.12.2005 - 11:47