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Voir la version complète : Ahellil du Gourara, patrimoine mondial de l’humanité


morjane
31/12/2005, 14h20
L’Ahellil est un chant profond et mélodieux que l'on peut entendre s'élever la nuit rompant ainsi son silence pour l'envelopper de ce chant dont les textes sont des louanges à Dieu, au Prophète et à tous les saints hommes. L’Ahellil du Gourara a été dernièrement classé patrimoine de l'humanité.

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L’Ahellil est ce chant profond et envoûtant qu’on peut entendre s’élever la nuit dans tous les ksour du Gourara. Surtout les ksour construit autour d’une zaouia, tel Kali. Les groupes de chants constitués exclusivement par des hommes s’appellent eux aussi des Ahellil. Les textes chantés durant ces soirées notamment durant les ziarate (fêtes en hommage à un marabout) dans ces régions du Sud-Ouest, sont des louanges à Dieu, au Prophète et à tous les saints hommes. Ces poèmes, en arabe essentiellement même si on retrouve dans certains des expressions zénates (langue amazighe de la région) sont généralement un héritage littéraire transmis oralement de génération en génération. Certains textes datent de plusieurs siècles.

Récemment classé patrimoine mondial de l’humanité, l’Ahellil viendrait de l’arabe tahllil (louange). La troupe d’un Ahellil est généralement constituée par une vingtaine de personnes qui constituent le chœur. Elles forment une ronde au milieu de laquelle se trouve le goual qui déclame le texte tandis que le chœur chante le refrain.

Le goual est aussi le soliste qui joue de la flûte ou du guoumbri, un petit instrument traditionnel à cordes, dont la caisse de résonance est constituée par une calebasse cultivée par les agriculteurs dans toute la région. Dans un Ahellil, n’est utilisé qu’un seul de ces deux instrument, soit la flûte soit le «guoumbri», mais pratiquement jamais les deux à la fois. Aux côté du goual assis au milieu du cercle d’hommes, se tiendra un ou deux percussionnistes. Deux pierres nommées «Adgha» (qui veut dire pierre en zénète et en amazigh) sont utilisées par le percussionniste qui les bat l’une contre l’autre pour marquer la cadence. Le chœur qui reprend le refrain chanté par le soliste bat le rythme avec les mains. La mélodie du Ahellil est quant à elle exécutée dans une échelle musicale pentatonique, à savoir une gamme à cinq notes, d’où sont exclus les demi-tons.

Les poèmes sont le plus souvent des louanges à Dieu, à son prophète et aux marabouts. Mais les Ahellil ont aussi eu des textes patriotiques chantéS pendant la guerre de libération nationale. Ce genre de chants a souvent été utilisé pour diffuser auprès des populations les informations relatives à la situation dans le pays, à la révolution et aux batailles ayant opposé les moudjahidine de l’Armée de libération nationale aux troupes françaises, tant au Sud qu’au Nord.

Non loin? dans les ergs environnants de nombreuses batailles ont en effet eu lieu durant cette période notamment dans les régions de Hassi Saka et Hassi Kambo.

Le défunt Mouloud Mammeri a été l’un des premiers chercheurs en littérature pour ne pas dire le premier, à s’être intéressé à l’Ahellil du Gourara. D’autres suivront dont Rachid Bellil qui a fait un travail remarquable sur le sujet.

Source: La Tribune