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shadok
26/10/2009, 18h55
Un important réseau de faux-monnayeurs de dinars algériens démantelé à Lyon

De Laure BRUMONT (AFP)
26/10/2009

LYON — Un réseau de fabricants de faux dinars algériens, capables d'imprimer des "billets quasiment parfaits" grâce à du papier fiduciaire volé, a été démantelé à Lyon, constituant le premier démantèlement d'imprimerie clandestine en France depuis plus de dix ans.

Pour le responsable de la division économique et financière de la police judiciaire (PJ) de Lyon, Jean-François Ligout, "la spécificité de cette affaire vient du fait que le papier utilisé était destiné aux banques centrales".

Il provenait d'une cargaison d'une quarantaine de rouleaux subtilisés lors d'une attaque à main armée à Marseille en novembre 2006 et destinés à la banque centrale d'Algérie, a-t-il précisé lundi lors d'une conférence de presse.

Deux à trois de ces rouleaux, permettant chacun de fabriquer jusqu'à 500.000 billets, avaient été retrouvés à Naples, en Italie, en janvier 2009.

Les enquêteurs, qui avaient assisté en septembre dans le Vaucluse à la remise de trois de ces rouleaux par des voyous marseillais au réseau lyonnais, n'en ont retrouvé que deux intacts, le troisième étant en cours d'utilisation.

Selon la PJ, les faux-monnayeurs avaient déjà réussi à écouler au moins 200.000 faux billets.

"L'essentiel du réseau a donc été neutralisé" avant qu'une "production de masse" n'ait pu se mettre en place, a précisé le directeur-adjoint de la PJ, Michel Neyret, ajoutant que les billets, d'une valeur de 10 euros, étaient revendus 3 à 4 euros chacun.

Les douze délinquants constituant le réseau lyonnais, interpellés mercredi à Paris, Marseille, Montélimar (Drôme) et Saint-Genis-Laval (Rhône) après quelques mois d'investigations, ont été mis en examen et écroués dimanche pour association de malfaiteurs et contrefaçon.

Les hommes, âgés de 30 à 60 ans et dont certains étaient connus pour des faits de grand banditisme, encourent trente ans de réclusion criminelle.

Deux frères, imprimeurs dans le centre de Lyon, constituaient "le maillon essentiel du réseau": des milliers de billets ont été saisis dans leur entreprise.

Pour M. Neyret, "si les malfaiteurs avaient décidé de fabriquer des billets de 1.000 dinars, le plus répandu en Algérie, c'est parce qu'ils avaient le papier à disposition: si ça avait été du papier destiné à la banque centrale turque, ils auraient fabriqué de l'argent turc".

Le papier fiduciaire volé comportait déjà les trois signes de sécurité (bande holographique, filigrane et fil) nécessaires à la fabrication des dinars algériens (alors que l'euro en compte soixante), ce qui a facilité la tâche des faussaires.

"Il leur restait à ajouter le visage et le montant, ainsi que les numéros du billet", a souligné M. Ligout. L'enquête a révélé que l'étape de la "numérotation" était réalisée à Saint-Etienne par un informaticien qui avait mis au point un logiciel spécifique.

"Les billets étaient quasiment parfaits", a ajouté M. Ligout.

Selon le criminologue Christophe Naudin, interrogé par l'AFP, "l'Afrique est devenue l'eldorado des faussaires" en raison de ses monnaies moins protégées que le dollar, l'euro, le franc suisse ou la livre sterling.

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