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Voir la version complète : Un réseau de contrefaçon de dinars démantelé en France: Vingt milliards en faux bille


djet 7
28/10/2009, 04h05
par Djamel Belaïfa


Un important réseau de trafiquants de faux billets de banque algériens vient d'être démantelé en France. Il s'agit, selon les premiers éléments de l'enquête, de la plus importante affaire de fausse monnaie de ces dix dernières années en France.

Les centaines de millions de faux billets algériens saisis à l'issue de l'opération, et ceux déjà écoulés en Algérie dénotent de l'ampleur du trafic. L'affaire suscite aussi moult interrogations sur les ramification de ce réseau, en Algérie, et dans quel circuit cet argent est-il utilisé d'autant plus qu'il ne s'agit pas de la première affaire du genre. La police italienne avait déjà découvert un trafic similaire en début d'année.

Selon l'AFP qui cite des sources judiciaires françaises, douze personnes ont été écrouées et mises en examen dimanche après la découverte d'une imprimerie qui a fabriqué des centaines de millions de faux dinars algériens à Lyon. La police judiciaire de Lyon, qui avait mis en place une surveillance depuis avril, a arrêté en flagrant délit en fin de semaine ces 12 Français âgés de 30 à 60 ans, dont certains membres présumés du grand banditisme lyonnais ou marseillais.

Mis en examen pour association de malfaiteurs et contrefaçon notamment, les 12 individus ont été placés sous mandat de dépôt. Dans l'imprimerie qui avait pignon sur rue dans le 3e arrondissement de Lyon, les policiers ont découvert du papier fiduciaire, provenant d'un vol à main armé perpétré à Marseille en 2006, des planches de billets imprimés et 30.000 billets de 1.000 dinars prêts à l'emploi. Le réseau a déjà écoulé au moins 200.000 billets de 1.000 dinars, soit près de 2 millions d'euros, selon la même source. L'enquête a été menée sous l'autorité de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs), par les polices judiciaires de Lyon et Marseille, située sur le littoral méditerranéen, avec l'appui de l'Office central français de répression du faux-monnayage. Elle n'a pu encore établir comment les faux dinars, dont une partie transitait par Paris, étaient écoulés en Algérie. Le coup de filet de la police judiciaire lyonnaise rappelle une première opération menée en début d'année par la police italienne. La police financière italienne (GDF) avait découvert en janvier dernier une imprimerie clandestine de faux billets algériens de 1.000 DA. La découverte a été faite dans la région de Naples. Les enquêteurs avaient saisi en dinars, l'équivalent de prés de 3,5 millions d'euros.

Dans un communiqué rendu public, la GDF a signalé, que «des machines d'imprimerie sophistiquées, 350.000 billets de 1.000 dinars algériens et une importante quantité de papier spécial ont été saisis.». Les autorités policières italiennes ont affirmé que «les faux billets saisis sont d'une qualité très élevée car ils ont été imprimés sur du vrai papier à billet avec les filigranes, muni d'un fil de sécurité, provenant probablement d'une entreprise de ce secteur.» En plus de près de 400 kg de ce papier qui ont été saisis, la police a procédé à l'arrestation d'un typographe napolitain en train de fabriquer les billets algériens. «C'est une saisie anormale, nous essayons de comprendre et nous enquêtons sur toutes les pistes possibles», a déclaré la GDF à propos des fins d'utilisation de cette fausse monnaie

En réaction à cette importante opération, le ministère des Finances avait tenu de prime abord à préciser que «ce genre de trafic n'est pas propre à l'Algérie, affirmant au passage qu'imprimer et faire circuler une masse de fausse monnaie est inévitablement un élément de gêne pour l'économie nationale.» Au département de M. Karim Djoudi, on a signalé d'autre part «qu'une intervention externe dans la masse monétaire du pays et de surcroît une intervention en faux billets, pourrait servir à l'achat de biens ou au financement de transactions commerciales dans d'autres créneaux, ce qui provoquerait une grande gêne dans les prévisions et bouleverserait la donne économique et commerciale.» Néanmoins, le ministère se voulait rassurant en signalant que le billet national est prémuni, le papier avec lequel il était fabriqué est infalsifiable.

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