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chegevara
03/11/2009, 12h28
La loi de finances complémentaire 2009 et les mesures prises par le gouvernement seraient à l’origine de ce déplacement.
La loi de finances complémentaire 2009 continue à susciter des mécontentements. Les mesures économiques prévues par ce texte ne sont toujours pas digérées à l’extérieur. Après les chancelleries, l’inquiétude gagne des institutions plus puissantes. Le Fonds monétaire international (FMI), n’a pas apprécié, apparemment, les décisions de l’Algérie. Une délégation d’experts du FMI est présente actuellement à Alger pour s’enquérir de la situation. La délégation devait rencontrer des responsables du gouvernement ainsi que des parlementaires. Une rencontre avec les membres de la commission parlementaire des finances et des budgets est prévue. Cette délégation a pour mission de débattre de la crise financière internationale et son impact sur l’Algérie.
Or, cela est loin d’être le motif principal de ce déplacement. Selon une source proche, la loi de finances complémentaire et les mesures protectionnistes prises par le gouvernement seraient à l’origine de cette mission. Connu pour sa vision libérale, le FMI n’arrive pas avaler la pilule. L’envoi d’une délégation au moment de l’examen de l’avant-projet de loi de finances 2010 cache mal les arrière-pensées du FMI et explique bel et bien ses appréhensions suite au lifting opéré dans l’environnement économique algérien, ces derniers mois. Nul n’ignore que les mesures économiques prises en juillet dernier ont soulevé une vive polémique à l’étranger. Plusieurs chancelleries n’ont pas hésité à faire part de leur mécontentement. Même la Commission européenne a manifesté son malaise. Une correspondance, faut-il le rappeler, a été adressée au gouvernement algérien pour s’expliquer sur les mesures prises.
L’ouverture du capital à hauteur de 51% du capital de la société à un partenaire national et 49% à l’étranger et l’obligation aux sociétés commerciales effectuant des activités d’importation de biens destinés à la revente en l’état d’associer à hauteur de 30% un opérateur national n’ont pas été du goût des opérateurs et des représentants diplomatiques. Même si le caractère rétroactif a été annulé et que ces nouvelles dispositions ne s’appliquant qu’aux sociétés nouvellement créées, il n’en demeure pas moins que ces mesures continuent à susciter moult interrogations. Les chancelleries sont toujours sceptiques quant au développement des investissements en Algérie. Celles-ci ont tenté d’exercer un forcing sur le gouvernement algérien l’obligeant à revoir ses décisions. En vain. Pas de recul sur les dispositions prises dans la loi de finances complémentaire 2009.
Le Premier ministre a coupé court en affirmant à qui veut l’entendre: «Nous n’allons pas faire marche arrière.» S’exprimant lors de l’ouverture de la session parlementaire d’automne, le Premier ministre Ahmed Ouyahia a brisé le silence pour répondre à l’offensive menée contre les dispositions de la loi de finances complémentaire 2009. Il a rappelé que les intérêts de l’Algérie priment et que ceux-ci «n’ont pas changé entre le mois de juillet et le mois de septembre». Même ton, même intransigeance affichée par le chef de l’Exécutif quelques mois auparavant suite à la batterie de mesures décrétées pour réorganiser le monde de l’investissement dans le cadre de la loi de finances 2008, touchant notamment les parts de marché et le transfert des bénéfices.
Nadia BENAKLI

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