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Adhrhar
19/11/2009, 13h34
Les rues de Marseille étaient bondées après la victoire des Fennecs (DPPI)
Absente de phase finale de Coupe du Monde depuis celle disputée au Mexique en 1986, l’Algérie regoûtera aux joies d’un Mondial suite à sa victoire face à l’Egypte mercredi soir (1-0). Une qualification symbolique qui aura fait réagir toute la planète foot.

par Nizar Hanini, le 19-11-2009

C’est bien connu, le football est le sport le plus populaire et fédérateur. Il peut être source de tristesse inconsolable - demandez aux Irlandais- tout comme il peut soulever tout un peuple de bonheur. Dans ce dernier cas, la frénésie qui a emporté les fans algériens mercredi soir vers les coups de 20h30 en est la plus grande preuve. Qualifiés au bout d’un 3e match d’appui disputé à Khartoum face à l’ogre égyptien (1-0), les Fennecs ont composté le dernier ticket qualificatif au Mondial sud-africain aux dépens de malheureux Egyptiens. Après une nuit endiablée et bien arrosée, les Algériens peuvent maintenant voir l’Afrique du Sud avec espoir.

Les Verts l’attendaient
Plus que l’aspect sportif lui-même, c’est la dimension symbolique de cette qualification qui suscitait l’intérêt mercredi soir. Un ticket au Mondial tant attendu de l’autre côté de la Méditerranée accueilli avec la larme à l’œil. Et pour cause. Cela faisait 24 ans que la patrie de l’ex-gloire algérienne, Rabah Madjer, espérait revoir ses enfants la représenter aux yeux du monde. C’est maintenant chose faite. Animés par un sentiment de vengeance suite aux incidents dont ils ont été victimes au Caire samedi dernier, les coéquipiers de Ziani, grâce à un but venu d’ailleurs signé Yahia, ont permis aux leurs d’oublier les tracas de la vie quotidienne le temps d’une soirée. Un sacré signe du destin pour le défenseur de Bochum. C’était en effet lui qui voyait son but, parfaitement valide, être refusé face au Rwanda lors de la 5e journée des éliminatoires, l’arbitre du match pensant alors que le ballon n’avait pas entièrement franchi la ligne.

Un pass pour l’Afrique du Sud loin d’être gagné d’avance pour les plus superstitieux des supporters verts. Les fins connaisseurs algériens avaient toujours en tête le 17 novembre 1989, soit presque 20 ans jour pour jour. Cette date dramatique de l’histoire du foot algérien voyait l’Egypte se qualifier au Mondial 1990 au nez et à la barbe de…l’Algérie. Une élimination d’autant plus douloureuse quelle précipitait le football algérien dans un gouffre. Une terrible descente aux enfers devenue obsolète depuis mercredi soir comme l’indiquait Mourad Meghni au micro de RMC à l’issue de la rencontre : «C’est ce qu’on attendait depuis 24 ans. On réussit à revenir dans le football qui compte vraiment et ça nous rend très, très heureux».

De Paris à New-York en passant par Khartoum…
Entachée par des débordements au Caire samedi dernier, la rencontre Egypte-Algérie avait suscité l’indignation de la communauté sportive internationale. Conséquence directe, les Pharaons se sont mis à dos une bonne partie de supporters à travers la planète, supposés être neutres au départ. Tout le contraire d’Algériens devenus la coqueluche et la cause à défendre de ces mêmes fans. C’était donc en toute logique que la qualification des Verts se faisait ressentir aux quatre coins de la planète. Avec près de 12 000 personnes réunies sur les Champs-Elysées, Paris ravit la palme. En pleine communion avec les siens, Kamel, 23 ans et grand fan des Fennecs, ne tarissait pas d’éloges sur la qualification de sa patrie, évoquant «l’aspect galactique de cet évènement».

Epicentre de ce véritable tsunami vert, Alger, capitale algérienne, s’était elle aussi montrée à la hauteur de l’évènement. Ainsi, plusieurs milliers d’Algériens arborant tuniques et écharpes à l’effigie de leurs nouvelles stars déferlaient dans les rues à coup de «One, two, three, Viva l’Algérie!» Même son de cloche à Khartoum où le contingent vert, épaulé d’une bonne partie de la population locale, mettait sous l’éteignoir le public égyptien. Une ambiance de folie ressentie dans le vétuste stade d’Al-Merreikh. La tête froide malgré les frissons qui l’ont traversée, Mohamed Raouraoua, président de la Fédération Algérienne de Football (FAF), estimait que pour le moment «la joie et la fête devaient être à l’honneur avant que le staff ne reprenne les choses en main en se préparant pour la Coupe d'Afrique des Nations en Angola». Une chose est sûre, le temps où les Fennecs bataillaient pour une place en CAN est révolu. Et vu même leur appétit qui ne cesse de croître, une bonne performance en Angola est à prévoir…avant d’enflammer les avenues sud-africaines ?

Source sport24

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