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Voir la version complète : Foot - EGY-ALG, Boniface : «Prestige arabe en jeu»


zek
20/11/2009, 11h19
Pour Pascal Boniface, spécialiste de géopolitique et de football, l'enjeu d'Égypte-Algérie (18h30) est autant sportif que politique. «Le prestige du vainqueur sera d'autant plus important qu'il sera le seul ambassadeur arabe en Afrique du Sud.»

«Pascal Boniface, dans l'affaire du bus caillassé, les gouvernements des deux pays n'ont rien fait pour calmer le jeu. Pourquoi ?

Sans doute pour surfer sur la vague nationaliste mais aussi par crainte d'aller à contre-courant des opinions publiques. L'épisode fournit un dérivatif à leurs problèmes de politique intérieure, sur fond de succession des présidents Moubarak en Égypte et Bouteflika en Algérie. Quant à la responsabilité directe de l'incident, elle incombe clairement au Caire. Alors que les risques étaient connus avant le match, il est très surprenant que le bus des joueurs algériens n'ait pas fait l'objet d'une protection efficace. Comme si la police égyptienne avait regardé ailleurs.

« Seul ambassadeur arabe en Afrique du Sud »

La rivalité sportive explique-t-elle à elle seule cette tension spectaculaire entre pays "frères" ?

Entre l'Égypte et l'Algérie, comme entre l'Angleterre et l'Argentine après la guerre des Malouines, géopolitique et football ne sont jamais loin. Leur rivalité sportive est bien réelle. Il y a vingt ans, l'Égypte s'était qualifiée aux dépens de l'Algérie pour le Mondial italien de 1990, dans un climat déjà très tendu. En 2002, l'Algérie, déjà éliminée, avait privé l'Égypte d'un billet pour la Coupe du monde Corée-Japon*. Ce soir (mercredi), le prestige du vainqueur sera d'autant plus important qu'il sera le seul ambassadeur arabe en Afrique du Sud puisque la Tunisie a craqué au dernier moment et que l'Arabie Saoudite puis Barheïn ont été éliminés.

« Deux visions du nationalisme arabe »

Les relations entre les deux pays seront-elles durablement affectées ?

Il n'y aura pas de conflit sérieux mais je pense que l'affaire laissera des traces en raison du poids des opinions publiques dans les relations entre les deux pays. Ce qui s'est passé illustre la rivalité entre deux visions du nationalisme arabe. D'un côté, l'Égypte se considère depuis Nasser comme le phare du monde arabe et voit l'Algérie comme un second. De l'autre, l'Algérie se vit en nouveau porte-drapeau tiers-mondiste depuis le rapprochement égyptien avec les États-Unis dans les années 70. Même si Alger s'est à son tour rapproché de Washington ces dernières années.»

Recueilli par J. LB.
L'Equipe

* Le 17 novembre 1989, après la victoire de l'Égypte sur l'Algérie (1-0), une bagarre générale éclate entre les joueurs et des scènes d'émeute embrasent Le Caire. En 2002, à Alger, le match est interrompu vingt minutes en raison de projectiles jetés par les supporters algériens sur les joueurs égyptiens. La non-victoire des Pharaons (1-1) qualifie le Sénégal pour la Coupe du monde asiatique.

Pascal Boniface vient de publier avec Hubert Védrine «L'Atlas des crises et des conflits» (Armand Collin).

Adhrhar
20/11/2009, 11h28
Bonjour

Pas mal cette analyse.

zek
20/11/2009, 12h00
Salam, Adhrhar

Je ne savais pas que les égyptiens étaient aussi rancuniers, voici le vrai motif de cette affaire, ça a du rester au travers de leur gorge, et leurs médias n'ont rajouter que de l'huile sur le feu, vraiment pas fairplay cette méthode, pour un pays qui mise tout sur l'accueil et le tourisme.

En 2002, l'Algérie, déjà éliminée, avait privé l'Égypte d'un billet pour la Coupe du monde Corée-Japon*.

Atlantic
20/11/2009, 12h13
Sauf qu'en 2002 le sort de l'égypte ne dépendait même pas d'elle. C est le maroc et la sénégal qui étaient premiers ex-equo et on a fait match nul en plus à la fin. Il nous suffisait un petit but de rien du tout...

citoyen
20/11/2009, 13h00
Certes mais Boniface a aussi une occasion de nous commenter l'incident diplomatique entre l'Irlande et la France pour à peu près les mêmes raisons et mêmes enjeux.

Il n'y a pas eu d'incidents entre supporters mais les deux premiers minsitres commencent à s'envoyer des cailloux.

L'analyse est pauvre étant donné qu'elle n'explique pas les vrais enjeux et les retombées d'une participation à un mondial.

Certes il y a le prestige, mais est-ce suffsant pour expliquer que des états en viennent à des querelles diplomatiques pour régler leur différents sur un terrain de foot ou inversement régler leur adversité sur le terrain en usant d'actions diplomatiques. Point commun : l'opinion publique, est-elle manipulée dans ce cas ou simplement en avant garde ?

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