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Voir la version complète : Aminatou Haidar refuse la nationalité espagnole offerte par Madrid


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30/11/2009, 23h23
La militante pro-Polisario, en grève de la faim depuis deux semaines pour réclamer son retour au Sahara occidental, Aminatou Haidar, a refusé la nationalité espagnole offerte par Madrid, a annoncé dimanche son avocate, Inés Miranda.

Aminatou Haidar estime que cela ferait d’elle "une étrangère dans sa propre maison", a déclaré Mme Miranda à l’issue d’une réunion à l’aéroport de l’île de Lanzarote (Canaries) avec Agustín Santos, directeur de cabinet du chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos.

Celle que l’on surnomme la "Gandhi sahraouie" a également refusé la possibilité de se voir accorder le statut de réfugiée politique, ainsi qu’à sa famille, a ajouté son avocate. M. Moratinos avait proposé samedi par téléphone à Mme Haidar, dont l’état de santé s’est détérioré depuis le début de sa grève de la faim, de lui accorder la citoyenneté espagnole à titre "exceptionnel". Mme Haidar a souhaité exprimer au gouvernement espagnol "sa grande déception et son grand chagrin face à la triste et inacceptable proposition de lui accorder la citoyenneté espagnole, car cela ne va pas débloquer la situation créée par le gouvernement espagnol", a déclaré Mme Miranda.

Mme Haidar a entamé le 16 novembre à l’aéroport de Lanzarote une grève de la faim après avoir été expulsée le 14 novembre du Sahara occidental par les autorités marocaines, qu’elle accuse de lui avoir retiré son passeport marocain.

Dans un entretien au quotidien El Pais de samedi, Aminatou Haidar a reproché au gouvernement espagnol de joueur le jeu des autorités marocaines. Mme Miranda a estimé que le gouvernement espagnol serait jugé responsable si la situation venait à avoir des "conséquences tragiques", car "c’est l’Espagne qui empêche Mme Haidar de retourner chez elle et retrouver ses enfants".

Le Maroc administre le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, depuis 1975. Rabat, soutenu notamment par les États-Unis, propose une large autonomie pour la région, mais le Front Polisario, soutenu par Alger, refuse et réclame un référendum d’autodétermination.

par R. I
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