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Voir la version complète : 365 jours de détention pour Liu Xiaobo en Chine


morjane
08/12/2009, 18h58
Un an exactement après l'arrestation de Liu Xiaobo, plusieurs organisations de Hong Kong ont appelé hier à une manifestation pour demander sa libération. L'écrivain et ancien professeur d'université de 53 ans avait été interpellé à la veille de la publication de la « Charte 08 », texte appelant à une série de réformes politiques (séparation des pouvoirs, liberté d'expression...) dans le respect de la constitution chinoise. Il y avait au départ 300 signataires et il y en aurait plus de 10 000 aujourd'hui. (Sur la Charte 08, cet article du Figaro : Charte 08.pdf (http://blog.lefigaro.fr/chine/Charte%2008.pdf))

Après avoir été arrêté, Liu Xiaobo s'est retrouvé dans un trou noir pendant six mois, détenu dans un lieu secret. Ce n'est qu'au bout de six mois qu'il a été officiellement arrêté. Mais un an après son embastillement, il n'est toujours pas inculpé, même si la police l'a accusé de « subversion du pouvoir de l'Etat ».

Depuis le printemps, sa femme Liu Xia ne peut plus lui rendre visite dans sa prison de Pékin. « Chaque mois, je dois payer pour ses frais et je lui apporte des vêtements mais ils ne me laissent pas lui parler ni lui écrire des lettres » a-t-elle expliqué à l'AFP. Ses avocats, qui le voient une fois par mois, reconnaissent toutefois qu'il est bien traité et en bonne santé.

Liu Xiaobo , l'ancien professeur exclu de l'Université, âgé de 53 ans, a été l'une des grandes figures du mouvement démocratique de Tiananmen en 1989.

Il avait été condamné à 20 mois de prison dans le sillage de ces évènements. En 1996, il a de nouveau été condamné à trois ans dans un camp de rééducation par le travail.

Toujours à l'AFP, l'un de ses avocats, Shang Baojun, a expliqué que fin novembre, la police avait décidé de prolonger l'enquête de deux mois, ce qui semble traduire une indécision des autorités face à ce cas embarrassant. Les appels à la libération de Liu Xiaobo se sont multipliés ces derniers mois, comme celui de l'organisation Human Rights Watch, basée à New-York, hier. Le 1er octobre, le Congrès américain a adopté à la quasi-unanimité une résolution sommant la Chine de libérer l'écrivain.

Le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, Howard Berman, a déclaré à cette occasion que cette incarcération d'un simple intellectuel était la triste preuve de « l'incapacité de la Chine à se conformer aux principes mêmes qu'elle avance ».

Un diplomate anglo-saxon nous confiait récemment ne pas comprendre ce que la Chine avait à gagner avec de telles méthodes hors d'âge.

"Comment peut-elle s'indigner ensuite d'être critiquée, confiait-il, quand elle emprisonne de façon aussi arbitraire des hommes qui n'ont pas pris de couteaux ou de bombes mais juste le sytlo, et pour écrire des choses ma foi fort modérées, pas des appels au crime?

Par le Figaro

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