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Voir la version complète : PÉTROLE/Proche de 70 USD à New York, miné par niveau des stocks US et dollar


nacer-eddine06
09/12/2009, 20h23
Londres (awp/afp) - Les cours du pétrole chutaient pour la sixième séance d'affilée mercredi en fin d'échanges européens, sur un marché plombé par le renforcement du dollar et de plus en plus inquiet de l'état de l'offre et la demande, notamment après une nouvelle hausse des stocks de produits pétroliers aux Etats-Unis.

Vers 17H00 GMT (18H0 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord, échangé à Londres pour livraison en janvier, perdait 2,00 dollars à 73,19 dollars.

A la même heure, le baril de "brut léger texan" (WTI) échangé à New York pour la même échéance chutait de 1,32 dollar à 71,30 dollars, après un creux jusqu'à 70,53 dollars, un plus bas depuis le 7 octobre.

Alors que les cours avaient peu réagi au rapport sur les stocks pétroliers américains, leur chute a repris vers 17H00 GMT, lorsque le dollar américain a grimpé à 1,4689 dollar pour un euro, près d'un plus haut depuis 5 semaines.

Cette glissade s'est produite dans un contexte d'inquiétudes grandissantes sur l'état du marché physique, attisées par le rapport du Département américain de l'Energie.

Les réserves de brut se sont certes repliées de 3,8 millions de barils, lors de la semaine achevée le 4 décembre, mais l'effet potentiellement positif de cette annonce a été gommé par une hausse des stocks de produits distillés (dont le gazole et le fioul de chauffage), de 1,6 million de barils, ainsi que par une forte progression des réserves d'essence, de 2,2 millions de barils.

La demande n'a, elle, donné aucun signe de résurrection : sur les quatre dernières semaines, les Américains ont consommé en moyenne 18,5 millions de barils par jour (mbj) de produits pétroliers, soit 3,0% de moins qu'à la même période de 2008.

"Les chiffres du DoE restent médiocres, une légère hausse de l'activité des raffineurs ayant fait augmenter les stocks de produits pétroliers", juge ainsi Christophe Barret, analyste chez Calyon.

Selon lui, la baisse des stocks de brut provient "essentiellement de considérations de taxes de fin d'année", les raffineurs essayant de minimiser les impôts à payer en réduisant leurs stocks de brut grâce à une réduction des importations, a-t-il expliqué.

Pour M. Barret, les fondamentaux "sont très mauvais" et devraient le rester jusqu'à l'été 2010, ce qui pourrait entraîner une chute des cours jusqu'à 60 dollars le baril.

Le relèvement des pronostics de demande de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) pour 2009 et 2010 semblait ainsi sans réel effet sur les cours.

La baisse de la demande mondiale d'or noir cette année devrait être moins forte que prévu, a annoncé l'agence. Elle prévoit désormais un recul de 1,7% sur un an, à 84,8 millions de barils par jour (mbj), alors qu'elle tablait jusque-là sur une contraction de 1,9%.

Mardi, l'Agence américaine sur l'Energie, une émanation du DoE, avait au contraire entretenu la morosité du marché pétrolier en abaissant, pour la première fois depuis trois mois, sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2010, à +1,1 million de barils par jour (mbj) en moyenne.

Pour les Etats-Unis, elle ne table plus que sur une croissance de 270'000 barils par jour, soit un peu moins que dans son précédent rapport le mois dernier.

Signe de la prudence des producteurs, qui semblent encore craindre une rechute des cours pétroliers, le Mexique a souscrit un contrat de couverture de près de 1,172 milliard de dollars (792 millions d'euros) pour s'assurer contre une possible baisse des cours du pétrole en 2010, qui représentent environ 40% de ses recettes fiscales, a annoncé mardi le ministère des Finances.

Le gouvernement a souscrit des options dites "put" pour garantir un prix de vente minimal de 57 dollars le baril.

jq

(AWP/09 décembre 2009 18h37)

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