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morjane
10/12/2009, 17h19
Prise en charge défaillante et ruptures récurrentes des stocks de médicaments anticancéreux en Algérie!

Les patients ne savent plus à quel saint se vouer. En fait, les centres anticancéreux, en nombre insuffisant, ne sont plus à même d’assurer les soins de radiothérapie. Des produits anticancéreux vitaux ne sont pas disponibles depuis plus de trois mois, sans que cela émeuve le ministère de la Santé.

Les associations d’aide aux cancéreux dénoncent cette situation et pointent un doigt accusateur sur le ministère de la Santé.

Réunies hier au forum d’ El- Moudjahid, plusieurs associations d’aide aux cancéreux ont dénoncé une prise en charge chaotique des patients cancéreux, dont le nombre est en nette progression, avec plus de 250 000 cas dont 50 décès quotidiennement.

Selon Mme Kettab Hamida, SG de l’association El-Amel, c’est un vrai calvaire que vivent les patients. Les centres anticancéreux de Blida, d’Alger, de Sidi-Bel-Abbès et de Batna ne peuvent satisfaire tous les patients, sans parler de la radiothérapie. Elle précise que des pannes à répétition sont enregistrées en matière de soins en radiothérapie, dans les centres spécialisés, souvent pour des raisons de caducité.

Sachant que la notion de temps est vitale pour le patient, «au CPMC, la radiothérapie est à l’arrêt actuellement. Les RDV sont renvoyés à des dates dépassant les 6 mois, alors qu’une radiothérapie doit être entamée pour chaque patient dans un délai ne dépassant pas un mois et demi», explique Mme Kettab.

Durant cette attente, en Algérie des patients meurent, récidivent et doivent recommencer leur cure de chimiothérapie. «30% des malades meurent en attendant une radiothérapie ou un médicament souvent trop coûteux», explique-t-elle. Et d’ajouter que les malades qui sont passés par la radiothérapie sont repris en catastrophe pour une autre cure de chimiothérapie afin de freiner l’évolution de la maladie et de minimiser les dégâts».

Autre problème soulevé par les associations, les ruptures de stocks de médicaments au niveau des pharmacies centrales des hôpitaux. Des ruptures qui perdurent depuis trois mois. «J’ai dû vendre des biens et emprunter de l’argent pour procurer un médicament à mon père atteint d’un cancer du foie. Il est resté 5 mois sans le prendre, n’étant plus disponible à la PCH», témoigne un jeune homme. Coût du traitement pour un mois : 500 000 DA. Et d’arguer : «Au lieu d'affréter des avions pour les supporters, les politiques auraient pu améliorer la prise en charge des malades et régler le problème des médicaments», s’insurge- t-il.

La moitié du budget de la PCH est consommée dans l’achat de médicaments anticancéreux. La PCH a dépensé, au cours du premier semestre 2009, 35 % de son budget pour l’achat de médicaments produits localement et 65 % pour les médicaments importés, explique Mme Kettab.

Rien n’est visible sur le terrain. L’hypothèse de pénurie de médicaments tant réfutée par Saïd Barkat se confirme de jour en jour. Le méthotrexat utilisé en chimiothérapie et le melphalan sont en rupture de stock depuis plus de trois mois, ne cessent de rappeler les associations. Des médicaments onéreux qui, comble de tout, ne sont pas autorisés à la vente en vertu de la circulaire 007. Celle-ci précise que c’est l’Etat qui est chargé de son approvisionnement.

Les patients les plus nantis sont prêts à se les procurer. Mais cette disposition interdit, par ailleurs, aux médecins, de prescrire ces médicaments sur ordonnance, même en cas de pénurie, étant donné que c’est la PCH qui est censée les fournir. Les praticiens, devant la détresse des patients, prescrivent des ordonnances aux patients, qui essayent tant bien que mal de se les procurer depuis l’étranger.

Ce qui constituerait, aux yeux du MSPRH, une entrave. C’est ce qu’explique Mme Kettab.

On parle de mauvaise gestion du budget au niveau de ministère de la Santé et de la direction de la pharmacie, et les cancéreux dénoncent et interpellent Saïd Barkat. Ils clament : « Barakat !».

A bon entendeur…

Par Le Soir

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