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gdesmon
10/12/2009, 18h16
L'Espagne, la Grèce et l'Irlande mettent à mal la zone euro. Ils sont sous pression pour redresser la barre de leurs finances publiques.

L'agence de notation financière Standard and Poor's (S&P) vient d'abaisser à "négative" contre "stable" auparavant la perspective de l'Espagne, qu'elle avait déjà retiré de sa liste des pays les mieux notés en janvier en attribuant la note de "AA+" à sa dette long terme, contre "AAA" auparavant.

Perspective négative pour l'Espagne

La décision de mercredi est justifiée par "l'attente d'une croissance du PIB significativement plus basse et de déficits fiscaux persistants", a déclaré l'analyste de S&P Trevor Cullinan, cité par le communiqué, alors que la récession a plombé les comptes publics espagnols.

La perspective négative allouée par S&P est supposée refléter les risques encourus pendant les deux prochaines années "en l'absence d'actions plus décidées des autorités pour lutter contre les déséquilibres fiscaux et extérieurs", selon le communiqué.

Pour 2009, le gouvernement prévoit officiellement un déficit des comptes publics représentant 9,5% du PIB en 2009, bien au-delà des limites fixées par le pacte de stabilité européen (3% du PIB). La prévision pour 2010 est de 8,1%.

S&P relève toutefois que l'Espagne, qui jouit d'une position de départ favorable en raison d'une dette publique relativement basse (prévue à 62,5% du PIB par le gouvernement en 2010) par rapport à ses voisins européens.

La Grèce inquiète la zone euro

La situation de la Grèce est aussi jugée préoccupante. Son déficit public est estimé à 12,7% du PIB pour 2008 et sa dette estimée à quelque 113% du PIB pour la fin de l'année devrait atteindre 120% en 2010. Lundi et mardi, les agences de notation Standard and Poor's et Fitch ont successivement mis sous surveillance la note de crédit à long terme et abaissé la note de dette à long terme.

Dans une note, la banque Natixis a estimé "qu'à la différence de la Grèce (...), la situation espagnole est bien connue".

Les pays de la zone euro pressent la Grèce d'agir rapidement pour éviter un phénomène de contagion de la méfiance des investisseurs pour l'euro. La devise européenne repartait à la baisse face au dollar mercredi en fin d'échanges européens, repassant sous le seuil de 1,47 dollar pour un euro.

La Grèce s'est engagée mercredi à tout mettre en œuvre afin de restaurer la crédibilité financière du pays et regagner la confiance des marchés. " C'est la seule voie pour nous assurer que la Grèce ne perdra pas ses droits à la souveraineté", a souligné le Premier ministre Georges Papandréou, au cours d'un conseil des ministres.

Douloureux tour de vis en Irlande

L'Irlande qui traverse sa plus grave récession depuis les années 1930, avec un PIB qui devrait baisser de 7,5% cette année, et encore de 1,25% l'an prochain, doit engager de sévères politiques d'austérité alors que le pays a été longtemps champion de la croissance de la zone euro.

Le ministre des Finances Brian Lenihan a confirmé, en présentant le projet de budget 2010 au Parlement, l'objectif annoncé depuis plusieurs mois : l'Etat va économiser 4 milliards d'euros sur ses dépenses l'an prochain, une somme colossale pour un pays de 4,5 millions d'habitants. C'est le second tour de vis budgétaire auquel le gouvernement de Brian Cowen est contraint de procéder cette année. Il avait déjà adopté en avril un collectif budgétaire visant à économiser plus de 3 milliards d'euros d'ici la fin de cette année.

Cela devrait permettre de stabiliser le déficit public à 11,6% du PIB en 2010, après 11,7% cette année. L'Etat doit emprunter chaque semaine plus de 400 millions d'euros pour couvrir son train de vie.

Avec ce nouvel effort, le ministre des Finances veut récolter plus d'un milliard en réduisant les salaires de la fonction publique, une mesure qui suscite l'ire des syndicats, lesquels avaient proposé à la place la prise de congés sans solde par les fonctionnaires.

La baisse ira de 5% pour les fonctionnaires de base, jusqu'à 15% pour les cadres les mieux rémunérés. Le gouvernement donnera l'exemple en réduisant de 15% la paye des ministres et de 20% celle du "Taoiseach" (premier ministre), Brian Cowen. Les dépenses sociales seront réduites de 760 millions de livres, un coup de rabot auquel seuls les bénéficiaires de l'allocation-vieillesse échapperont.

Enfin, deux milliards proviendront d'une baisse générale des dépenses de fonctionnement et des investissements publics.

Côté recettes, le ministre des Finances a confirmé l'instauration d'une taxe sur les émissions de CO2, réclamée par les Verts, alliés du parti centriste Fianna Fail de Brian Cowen. Cet impôt "vert" rapportera 250 millions d'euros l'an prochain.

TV avec AFP

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