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Voir la version complète : Les drones américains déployés en Afghanistan et en Irak piratés par des insurgés


morjane
17/12/2009, 16h09
Selon le Wall Street Journal (accès payant), les drones américains déployés en Afghanistan et en Irak ont été piratés par des insurgés. Grâce au logiciel de conception russe SkyGrabber , ils auraient intercepté des liaisons descendantes de flux vidéo non cryptés émis depuis les drones, et retransmis vers le sol par des liaisons satellites commerciales non protégées. Le logiciel SkyGrabber est proposé au téléchargement pour 25,95 dollars et sert notamment à pirater les émissions satellites de chaînes de télévision commerciales.

Selon des militaires, qui ont confirmé cette ahurissante information aux confrères du WSJ, les troupes américaines ont découvert des vidéos provenant de drones sur l'ordinateur portable d'un "militant chiite" qu'elles avaient arrêté en Irak en juillet dernier. Il y aurait eu "des jours et des jours et des heures et des heures" d'images provenant de drones Predator, et un officiel du Pentagone a précisé : "Il y a bien là une vulnérabilité. Cela n'a pas entraîné de dommages pour nos troupes, ou de missions compromises, mais c'est un problème que nous devons prendre en considération, et nous le faisons."

Le général David A. Deptula , qui supervise les programmes de drones de l'US Air Force, a précisé récemment que cette question était traitée d'autant plus sérieusement que les drones de dernière génération MQ-9 Reaper emporteront une caméra révolutionnaire, la Gorgon Stare , capable de suivre simultanément dix objectifs différents et d'en transmettre les images au sol.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette vulnérabilité est connue depuis les premières utilisations de drones par les Américains en Bosnie au début des années 1990, mais le Pentagone considérait que les interceptions d'images non cryptées par des pirates n'étaient pas réalisables.

En vingt ans, les choses ont évolué, et les drones vont devoir être rapidement équipés de systèmes de transmissions cryptées, ce qui demandera des délais, et augmentera le prix des engins.

Un spécialiste de ces machines pilotées à distance nous explique : "Il est vrai que le problème était connu, mais il va maintenant falloir le régler, car les conséquences opérationnelles peuvent être lourdes." Mais pourquoi donc ne pas avoir protégé ces liaisons dès la conception des engins ? Parce que "la crypto, ça "coûte" et ça "pèse" dans un drone. Les grammes sont chers, tout comme les centimètres cubes, donc on n'en met pas !" affirme le même spécialiste.

Par Jean Guisnel, Le Point

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