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Voir la version complète : La fin sanglante d'un baron de la drogue mexicain


Geass
19/12/2009, 15h39
Les forces de la marine ont abattu Arturo Beltran Leyva à l'issue d'une bataille rangée.

http://www.lefigaro.fr/icones/coeur-.gif Arturo Beltran Leyva, un des narcotrafiquants les plus recherchés du Mexique, a été tué au cours d'un affrontement avec les forces armées dans la nuit de mercredi à jeudi à Cuernavaca, au centre du pays. Le président mexicain, Felipe Calderon, en guerre ouverte contre les narcos (http://www.lefigaro.fr/international/2009/12/11/01003-20091211ARTFIG00019-la-guerre-sans-fin-du-mexique-contre-les-narcos-.php), a qualifié l'opération de «réussite importante» et de «coup dur contre l'une des organisations criminelles les plus dangereuses du Mexique et du continent». Le gouvernement fédéral offrait 1,5 million de dollars pour sa capture.
Cette fin de cavale intervient au bout d'une semaine de poursuites intensives. Vendredi dernier, Arturo Beltran Leyva avait échappé de peu aux forces de la marine alors qu'il assistait à une posada, traditionnelle fête mexicaine précédant Noël. Un des membres du cartel, arrêté à cette occasion, aurait donné l'emplacement de son refuge : un appartement dans la résidence de luxe Altitude, près du centre-ville de Cuernavaca.
La marine, en charge de l'opération, fait alors débarquer ses hommes en hélicoptère dans la zone résidentielle. Tous les habitants du bloc sont évacués vers un gymnase voisin. Arturo Beltran Leyva et ses gardes du corps se réfugient dans une tour de la résidence et repoussent pendant plusieurs heures les forces spéciales. Depuis les rues avoisinantes, un commando d'une vingtaine d'hommes du cartel tente de libérer, sans succès, le chef de l'organisation. Plusieurs grenades sont lancées sur les hélicoptères de la marine stationnés à proximité.
Vers 21 h 30, les forces spéciales lancent un ultime assaut. Arturo Beltran Leyva et trois de ses hommes de main tombent sous les balles. Le dernier garde du corps préfère se suicider plutôt que se rendre. En tout, sept membres du cartel sont tués. La marine compte un mort et trois blessés.
Une fortune de 6 milliards de dollars

Âgé de 51 ans, Arturo Beltran Leyva a été l'homme de confiance de Joaquin «el Chapo» («petit») Guzman, chef du puissant cartel de Sinaloa. En 2008, il fait sécession et constitue son propre cartel. Il s'allie avec le groupe des Zetas, bras armé du cartel du Golfe, et le cartel de Juarez. L'affrontement entre ces deux coalitions de narcos aurait causé la mort d'une centaine de personnes ces derniers mois.
Arturo Beltran Leyva avait la réputation d'être l'un des plus sanguinaires barons de la drogue. Au moins douze cadavres, décapités et démembrés, ont été retrouvés avec un message signé de son nom de guerre «le Chef des chefs». Aussi connu comme «le Barbu», «la Mort» ou bien «Bottes blanches», il était un intermédiaire incontournable pour les cartels colombiens, avec lesquels il entretenait d'excellentes relations. Il se chargeait d'acheminer la cocaïne à travers le Mexique jusqu'aux États-Unis, un trafic estimé à 64 milliards de dollars depuis 1990 et qui lui aurait personnellement rapporté 6 milliards de dollars.
«Le cartel des Beltran Leyva est aussi une organisation qui a causé beaucoup de dégâts au gouvernement fédéral, explique Eduardo Guerrero, expert en sécurité publique. Au début de l'année dernière, ils ont fait assassiner Roberto Velasco, directeur du renseignement au ministère de l'Intérieur, et Edgar Millàn, directeur de la police fédérale.» Selon Guerrero, une nouvelle vague de violence est à craindre : «Maintenant, le cartel est affaibli et son ennemi, el Chapo Guzman, va en profiter pour l'attaquer.» Une analyse partagée par le ministre de la Justice, Arturo Chavez Chavez, qui a déclaré : «L'affaiblissement du cartel est une opportunité pour d'autres cartels en lutte pour un territoire.»
Quant au corps d'Arturo Beltran Leyva, le ministre de la Justice a expliqué qu'il serait remis aux membres de la famille qui le réclameraient. Dans le cas contraire, il serait inhumé dans une fosse commune.


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