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Adhrhar
19/01/2006, 16h39
La corruption devient en Algérie un des plus grands problèmes avec l’insécurité. Tout le monde le reconnaît. Tout le monde le sait. Tout le monde le dénonce. Mais tout le monde ne sait pas ou presque quoi faire pour l’éradiquer. Il y en a évidemment qui en profite. Il n’est pas facile de dénoncer un problème par ceux qui en tirent profit. Mais est ce vraiment un profit qu’en en tire. Des fois oui et des fois c’est plutôt des inconvénients. Avez-vous des idées pour le combattre ? Ou alors la critique est facile devant l’art qui est plus difficile. En guise d’introduction je vous propose un texte.



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La corruption, le mal du pays ?
Par Mohammed Guetarni : Docteur Es Lettres

La corruption est un mot d’essence terrifiante. Son usage quotidien l’a banalisée. Elle est, peut-on dire, jumelle avec notre système social.

Actuellement, la corruption s’est considérablement développée dans notre pays, au point de gangrener des pans entiers des systèmes politique, administratif, économique. Dans son livre «L’Esprit des Lois», Montesquieu estime que «l’éthique politique» est la colonne vertébrale d’un Etat aimé par le peuple pour son équité. Pour lui, l’amour de la patrie est d’abord l’amour de l’égalité, auquel nous adjoignons l’amour de la légalité. Toutefois, si cette éthique cesse de fonctionner dans les coeurs des responsables - chacun à son niveau -, s’installe alors dangereusement l’avarice, c’est-à-dire l’avidité du gain rapide et facile qui ouvre largement la voie à la licence sous toute son ignominie.

Et de là commence le monnayage de l’influence et des décisions, favorisant l’ère au désordre sociopolitique et les délits qui (dé)coulent de source car la corruption est d’essence contagieuse. C’est le sida des moeurs qui touche l’Etat dans son entité. Les lois de la République ne sont plus respectées, encore moins exécutées. La société dégénère et l’Etat, affaibli, périclite et se voit même menacé de disparition. «Il n’y a plus de vertu dans la République, plus de [bonnes] moeurs, plus d’amour de l’ordre» (1). L’identité des autorités s’efface en même temps que leur crédibilité. En percevant des pots-de-vin, le responsable-à quelque niveau que ce soit - n’est plus ce qu’il était parce qu’il ne respecte plus sa fonction. Il bafoue délibérément et en parfaite conscience (?) les lois de la République qu’il est censé défendre.

Dans corruption, il y a le préfixe «co», qui signifie deux (corrupteur et corrompu); «ruption» qui veut dire rupture. Le corrompu rompt avec ce qu’il était. Il n’est plus digne de respect pour avoir failli sciemment et sans scrupule à son devoir moral.

Lorsque la corruption s’installe dans les rouages de l’Etat, le Trésor public devient le porte-monnaie particulier de certains nababs. Les lois deviennent gênantes et les astuces, pour les contourner, deviennent la règle cardinale. A titre d’exemple, le foncier, au lieu de servir l’utilité publique, va servir des intérêts privés moyennant des «pots-de-café». Ce qui est en soi un dysfonctionnement dangereux dans l’appareil de l’Etat.

La mécanique de la corruption constitue un engrenage dans lequel l’argent facile devient progressivement un besoin, voire une nécessité. «La mécanique de la corruption réunit deux opérations apparemment contradictoires: d’une part, elle consiste en des procédures de plus en plus complexes maîtrisées par un petit nombre d’individus; d’autre part, elle consiste en une banalisation de l’échange corrupteur. Progressivement, on s’accoutume à tirer des ressources d’institutions dont l’objet social est totalement détourné» (2).

La corruption est un délit mortel. Elle tue les meilleures volontés qui oeuvrent pour le bien de ce pays comme elle engendre d’autres maux sociaux et pas des moindres: injustice sociale, refus de l’égalité des chances, valorisation de la médiocrité et mépris du mérite, la stratification, voire la hiérarchisation de la société, le trafic d’influence...

A notre avis, le danger provient moins de la corruption elle-même que de sa banalisation par les pouvoirs publics et plus particulièrement de son impunité.

Chaque agent corrompu se sent protégé par son supérieur hiérarchique. D’où l’effet de la contagion. Un délit qui se généralise devient un droit. Donc, le corrompu ne se sent plus en faute - puisque c’est partout pareil - et se voit en passe d’exiger «ses honoraires» pour le service rendu. Il feint d’ignorer qu’il a contrevenu à son devoir de probité.

Les symptômes de la corruption sont facilement décelables dans notre pays. D’abord le décalage scandaleux entre les rémunérations et le coût de la vie. Tous les partenaires sociaux sont unanimes pour dire que le pouvoir d’achat des Algériens ne cesse d’être rogné chaque jour davantage. L’élite politique est outrageusement mieux rémunérée que l’élite intellectuelle (quel est le salaire d’un wali, d’un ministre, d’un député et celui d’un professeur à l’Université, qui a pourtant la lourde responsabilité de former les élites à venir pour le pays). La politique, dans notre pays, assure deux choses chères à l’Algérien avec ou sans mérite: l’aisance matérielle et la considération sociale. Bien que la Fonction publique soit le pilier du Pouvoir, elle est le parent pauvre de l’Etat.

La corruption, dans certains cas, est source d’enrichissement personnel illégal mais dans d’autres, elle est un appoint pour arrondir les fins de mois difficiles tellement les salaires sont dérisoires. Ajoutons à cela les hausses à répétition des prix et le gel des salaires depuis fort longtemps décidé par l’Etat lui-même. Si le salarié - et principalement le cadre universitaire - n’est pas rémunéré équitablement en fonction de ses capacités, de ses compétences, de son expérience, il y a fatalement un découragement pour les études et, du coup, une dévalorisation du travail.

L’Etat a une grande responsabilité en matière de paupérisation de pans entiers de la population et la déconfiture des mœurs sociales par son inertie et surtout son autisme face aux doléances populaires. La lassitude gagne dangereusement le monde du travail. Le désespoir de vivre honnêtement de son seul salaire fraie son petit bonhomme de chemin et mène droit vers la corruption. C’est le dérèglement de l’échelle des valeurs. Les frontières entre le bien et le mal, le permis et l’interdit sont brouillées, d’autant lorsqu’il n’y a pas un sérieux mécanisme de contrôle à l’instar des pays démocratiques.

La corruption, en tant que source de beaucoup de délits, favorise les détournements de deniers publics, la trahison des mandats, la perversion des autorités, parfois même morales. Quant l’élite politique «se délite», c’est toute la société qui s’avachie et tombe dans l’apathie.

La corruption n’est plus un simple fait divers. Elle a pris des proportions inquiétantes dans notre société. Elle est devenue un problème sociopolitique de fond. C’est une véritable «Qaïda» nationale. Les calculs d’intérêts particuliers l’emportent sur l’intérêt national. Quand le sens de la morale se fourvoie, le sens du devoir s’éclipse et lorsque le scrupule n’agite plus les consciences-principalement celles des autorités -, les prisons les plus redoutables, comme celle d’Alcatraz, ne font pas peur.

L’éradication de ce fléau passe moins par la promulgation des lois contre la corruption, il en existe déjà.

Il faut que le chef de l’Etat lui-même montre des signes concrets d’une réelle volonté politique ferme et courageuse pour la combattre s’il veut réellement débarrasser l’Algérie de ses (ces) requins sans scrupules qui ne reculent devant rien. Ça sera une preuve tangible d’amour et de respect que le Président de la République manifeste à l’égard de son peuple qui l’a élu pour deux mandats consécutifs. Ce dernier lui sera reconnaissant.
http://www.lequotidien-oran.com/html/home.html


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mig214
19/01/2006, 19h22
comment allez vous ?

corruption = car impunité, elle s'est incrusté au plus profond des mentalité.

je vous raconte, écoutez :

un jeune adolescent, 14 ans vends des "mhadjeb" à l'intérieur du port d'alger, quel avenir, quelle situation familiale peut être qu'il n'a même pas de famille ou de père. pour rentrer à la sauvette le douanier lui demande 400 DA, de force.

no comment.

matoub1
19/01/2006, 21h37
Quand des députés votent contre une loi de corruption , ca suffit comme indice au lieu de descendre jusqu''au douanier ,flic ou gendarme qui ne fait qu'imiter ses supèrieurs... mais bon l'histoire des députés et une fuite en avant pour blanchir les têtes qui ont volé au peuple algérien ses biens !
Certes faut trouver des solutions au lieu de critiquer sans agir ...Avec un pouvoir pareil impossible d'avoir confiance , la seule solution est qu'il parte , mais il ne partira jamais vu les moyens que possède l'Algérie , et entre eux il y'a toute une liste , chacun son tour à tour de rôle !
Combattre la corruption avec les mêmes têtes qui sont la depuis les années 70 ne sert à rien ...faut plutôt penser comment bousculer ce pouvoir , car c'est lui l'origine des maux et des fléaux..

L'optimiste
20/01/2006, 05h02
@matoub

la loi anti corruption a ete proposé par le garde des sceaux cad le gouvernement, a ce que je sache ce sont les elus du peuple qui l'on refusé.je ne vois pas pourquoi tu melanges tout. donc si le gouvernement propose une telle loi, ce n'est pas ce qui t'arrangerai ou quoi ! quelle lecture tu fais a cette ou confonds tu legislateur et gouvernement .

Madjidrn
20/01/2006, 08h29
Merci Monsieur Adhrhar, et Bravo M Mohamed Guetarni.
Je vous dis A M Maatoub On peut avoir les meilleures lois mais si on ne sait pas gérer c'est l'echec.

Adhrhar
20/01/2006, 14h18
A.Madjid De rien, je t'en pris.
matoub1
Quand des députés votent contre une loi de corruption , ca suffit comme indice au lieu de descendre jusqu''au douanier
D'aprés toi il n'y a rien à faire ?

passanger
20/01/2006, 14h30
je veut pas dramatisé mais la corruption dans ce Bled et comme un cancer trés tard diagnostiqué.......on c'est qu'on l'a mais on ne peut rien faire sauf attendre un miracle :22:
personnellement je ne vois vraiment pas se qu'on pourras faire pour l'instant;du moment que pas male de gens son des corrompuent...du tout simple employer jus'au somet dans tout les domaines

absente
20/01/2006, 16h53
la corruption gangrene notre pays . et elle ne sera éradiquée que par les gens au pouvoir , qui ne le feront jamais , car ca n'arrange pas leurs intérêts et leur bien-être; ...c'est a cause de la corruption , qu'ils se sont débarrassé de l'Ex President Boudiaf , personnage devenu trop encombrant a leurs yeux ?
la corruption existe partout , mais dans les autres pays , la justice tranche et punit équitablement , on ouvre des enquétes

y'a pas que le pouvoir qui est corrumpu , certains algeriens le sont aussi , les douaniers , les flics ..la liste est longue ,les pots de vin , les bakchiches , ils ferment les yeux pour une poignée d'argent . ou un lot de terrain

au cours du seisme de boumerdes mai 2003, j'apprends que l'oncle d'une de mes connaissances a béneficié d'une tente (donnations des pays etrangers ) ,alors que beaucoups de gens passaient la nuit a la belle étoile , je pose la question :" c'est triste , son oncle est sinistré ? " " non , il a 1 villas , 2 appart , un bungalow , la tente c'est pour faire du camping " :22:

en attendant , on continue a réver ........... Pendant que les gens travaillent pour gagner leur pain de tous les jours des « loups garous » pigent dans la caisse pour voler l’argent des honnêtes citoyens et continuent a remplir leurs comptes bancaires .

sadoun
20/01/2006, 21h28
bien le salut à vous et à tous les lecteurs de ce dossier ;
la corruption tient du facteur lié à la misère sociale , elle en trouve sa source originale et s'installe comme un cancer qui fait peur . A propos , pourquoi se plaindre alors que tous les acteurs politico - administratif et sociaux sont générateurs de cette situation .
l'acte lui même ne fait plus peur et est devenu tel un leitmotiv , qui n'as pas vu , qui n'as pas entendu , qui ne l'as pas croisé sur son chemin ne serait ce un jour .
La conspiration contre son bled est désormais consommé et c'est cette triste réalité que nous devons combattre , car elle touche tous les secteurs confondus .
A mon avis on devrait s'entendre une fois pour toute pour instaurer comme en Arabie Saoudite la Châaria .
Il ne faut pas avoir peur de cette recommandation Divine , puisque les tribunaux ne font plus que dans la statistique . Quant à l'APN , faut pas trop s'inquiéter car c'est une affaire de chambre et d'anti - chambre , le point de résonnance ne dépasse guère le boulevard Z.Y !
Le jour ou le maire aura une mainmise sur territoire ...comme en France , la corruption ne dépassera point sa frontière et il en est de même pour ce chef d'entreprise , ce douanier et qu'en sais je encore !!!

nassim
20/01/2006, 22h32
La corruption est très probablement le mal dont a le plus souffert l'Algérie. Elle a un effet dévastateur dans la mesure où de la corruption naissent un tas d'autres problèmes économiques mais aussi sociaux.

Pour la combattre, il faut que les élections soient transparentes pour que les gens "civilisés" puissent choisir les élus les plus intégres qui seront à même de défendre les intérêts de leurs administrés. Il faut aussi un appareil judiciaire digne de ce nom, car disons-le clairement, la justice algérienne n'est pas indépendante. Il nous faut des juges chocs, parfaitement indépendants et protégés par la loi, ainsi, ils seront capables de mener une guerre sans merci contre le corruption et les corrompus.

J'avais récemment parlé du cas d'Eliot Spitzer, le procureur général de New York. Il fait office de DIABLE vis-à-vis des grands groupes américains. Un redoutable chasseur de corrompus qui mène une guerre sans merci contre la corruption. Ce sont des procureurs comme lui qu'il nous faut. Mais malheureusement, en Algérie, la loi ne permet pas encore l'éclosion de ce genre de forces d'élite juridiques.


- merci pour l'info.

Accpluscan
21/01/2006, 03h23
Il est faut de penser qu'on ne peut rien faire contre ce fleau. Il est vrai que la majorite des gens qui composent et qui font durer le systeme politique actuellement en place sont des des voleurs, des corompus et je ne sais quoi d'autres. Par contre, nous les citoyens, on peut agir. A mon humble avis, le mieux qu'on a a faire et de participer dans la construction d'un nouveau systeme. Soutenons les politiciens qui nous semble honnetes. Votons pour ces gens et vous verrez que par vous memes que la situation n'ira qu'en s'ameliorant. Gardons confiance soyons dignes et arretons de penser qu'a nous meme.
Bonsoir.

ouarsenis93
21/01/2006, 09h33
Tout à fait d'accord avec nassim et les autres.
La corruption est le mal absolu de notre pays.Celui qui a fait le plus de dégats dans la société.
Qd on voit des "élus" corrompus jusqu'à la moelle venir nous jouer les patriotes ou même les nationalistes on ne peut qu'être surpris par cette méprise.Les députés et les maires sont les plus corrompus en algérie.Suivis des représentants de l'état ,civils et militaires (hauts-gradés) talonnés de prés par les hauts fonctionnaires et les dirigeants des entreprises publiques comme les banques ,hôpitaux etc.
Le peuple lui, subit et assiste impuissant à cet horrible spéctacle de vol de ses biens.

On voit que ce venin mortel est présent partout et il risque de tuer notre société.Pour le moment il l'hypnotise ou anasthésie.La mort n'est pas loin si on continue à cette cadence.
Moi personnellement je pense qu'on peut facilement venir à bout de cette pieuvre malsaine.La raison est simple.Les corrompus ont laissé beaucoup de "traces" derrière eux et il est facile de les pister.Les coffrer et recupérer ce qu'ils ont fait des années à voler n'est qu'une question de jours.C'est tellement voyant leurs combines.
Maintenant il faut une volonté politique forte avec création de juges incorruptibles et des procureurs hyper-protégés pour traquer ,y compris à l'étranger ,ces crapules.On a vu comment les espagnols ,portugais ,italiens et les autres pays ont fait pour terrasser ces microbes.
En algérie il ne faut pas être un génie pour voir les signes extérieurs de la richesse mal acquise.Pour les petits malins qui ont bénéficié de complicités à l'interieur des institutions étatiques (signatures ,cachets faux et transfert des avoirs à l'étranger ) il y a des spécialistes qui sont capables de les dénicher et les punir.
Pour cela il faut un remaniement complet de notre gouvernement avec l'éloignement des fln des msp et de certains rnd transfuges du fln.Est-ce possible ?

Il y a deux vérités ou résolutions qu'il faut garder vivaces à l'esprit :

----Bien mal acquis ne profite jamais.Tôt ou tard le voleur est démasqué et puni séverement.C'est l'effet boomerang.
----Il ne faut jamais essayer d'effacer l'ardoise et recommencer à zéro.Celui qui prendra cette décision politique sera maudit à tout jamais par DIEU et le peuple algérien.

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