nassim
20/01/2006, 01h39
Le massacre continue dans le marché ultra concurrentiel de la photo. Après l'annonce de Nikon qui se consacre désormais au seul numérique, le japonais Konica-Minolta enfonce le clou et annonce l'abandon de toutes ses activités photo, argentique et numérique.
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Konica-Minolta abandonne la photo
Le marché traditionnel de la photo argentique se rétrécit à grande vitesse à cause de la percée du numérique. En raison de ces changements, il est devenu nécessaire de réformer drastiquement nos structures pour assurer notre croissance future.» Par ce communiqué laconique, le groupe japonais Konica Minolta a annoncé jeudi l'arrêt de presque toutes ses activités dans le domaine de la photographie traditionnelle mais aussi numérique en raison de leur manque de rentabilité. Cet abandon devrait s'accompagner de la suppression de 3.700 emplois dans le monde –soit 11% des effectifs totaux du groupe– qui se feront par des mises à la retraite anticipée d'ici 30 septembre 2007.
Konica-Minolta précise qu'une partie des actifs liés aux technologies avancées sera transférée à Sony. Ceci permettra au géant japonais de l'électronique de mettre la main sur le savoir-faire de Konica-Minolta dans les domaine de la mécanique et de l'optique. Konica-Minolta avait déja signé en juillet dernier avec Sony un accord pour développer conjointement des appareils numériques à visée reflex (directement via l'objectif par un système de miroir). Face aux mauvais résultats financiers du groupe (le secteur appareils photo a notamment perdu 53 millions d'euros lors de l'exercice 2004-2005), Konica-Minolta a finalement décidé de céder à Sony ses parts liées à la conception, au développement et à la production de matériel photographique compatibles avec les montures d'objectifs Konica-Minolta, ainsi que les noms de ses marques à partir du 31 mars 2006.
Présent dans le domaine de la photo depuis plus de cent ans –il avait produit le premier papier photographique du Japon en 1903– Konica-Minolta est aussi le pionnier du «mini-laboratoire» qui avait considérablement raccourci les délais de développement pour les photos argentiques. Cette activité doit également cesser le 31 mars prochian. Les derniers liens avec la photographie –hors fabrication d'objectifs pour Sony– seront définitivement rompus un an plus tard avec l'arrêt de la fabrication des films et du papier photo. Après cette sortie quasi-intégrale de l'activité photo, Konica-Minolta restera présent dans l'imagerie médicale, les appareils de mesure, l'optique et les imprimantes multifonctions, autant de domaines qui s'adressent surtout aux professionnels.
La décision de Konica-Minolta intervient alors que l'arrivée massive des groupes d'électronique asiatiques a déja contraint les pionniers de la photographie argentique à changer de stratégie. Les géants Canon et Nikon ont rapidement pris le virage et tirent leur épingle du jeu en raison d'une part de leur notoriété, d'autre part de leur rapidité à s'adapter aux nouvelles compétences requises pour le passage au numérique, enfin de leur capacité à développer des appareils haut de gamme destinés notamment aux professionnels, et conçus à partir de technologies optiques et mécaniques qu'ils maîtrisent depuis longtemps.
Ce qui n'a pas empêché Nikon d'annoncer la semaine dernière qu'il allait arrêter de fabriquer des appareils photo argentiques, à l'exception de deux modèles prisés par un nombre limité de professionnels et de nostalgiques (le F6 haut de gamme et le FM10 d'entrée de gamme), pour se concentrer sur la photographie numérique qui représente aujourd'hui 98% de ses ventes. Les ventes des appareils argentiques existants cesseront quand les stocks seront épuisés, a déclaré Nikon.
Le marché mondial pour les appareils numériques pourrait quant à lui atteindre le record de 69 millions d'unités en 2006. Cette vertigineuse progression (60% de plus qu'en 2003) s'accompagne de l'effrondrement des fabricants traditionnels de papier, de pellicules photo et d'appareils. L'américain Kodak, qui distribuait dans les années 1970 les deux tiers des pellicules vendues dans le monde, a annoncé en 2005 un vaste plan sur trois ans pour se convertir au numérique au prix de milliers de licenciements. Le légendaire fabricant britannique de films photographiques Ilford, fondé en 1879, a pour sa part déposé son bilan durant l'été 2004, de même qu'un autre grand nom centenaire de la photo, l'allemand Agfa, au printemps dernier. Même le célébrissime Leica, appareil argentique mythique de photographes comme Henri Cartier-Bresson et de trois générations de reporters, peine aujourd'hui à prendre le virage du numérique: ses nouveaux appareils sont arrivés trop tard par rapport à ceux de la concurrence, et leur prix, très élevé comme pour tous les produits du groupe, n'est pas justifié comme dans l'argentique par la notoriété de la marque.
Par Libération
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Konica-Minolta abandonne la photo
Le marché traditionnel de la photo argentique se rétrécit à grande vitesse à cause de la percée du numérique. En raison de ces changements, il est devenu nécessaire de réformer drastiquement nos structures pour assurer notre croissance future.» Par ce communiqué laconique, le groupe japonais Konica Minolta a annoncé jeudi l'arrêt de presque toutes ses activités dans le domaine de la photographie traditionnelle mais aussi numérique en raison de leur manque de rentabilité. Cet abandon devrait s'accompagner de la suppression de 3.700 emplois dans le monde –soit 11% des effectifs totaux du groupe– qui se feront par des mises à la retraite anticipée d'ici 30 septembre 2007.
Konica-Minolta précise qu'une partie des actifs liés aux technologies avancées sera transférée à Sony. Ceci permettra au géant japonais de l'électronique de mettre la main sur le savoir-faire de Konica-Minolta dans les domaine de la mécanique et de l'optique. Konica-Minolta avait déja signé en juillet dernier avec Sony un accord pour développer conjointement des appareils numériques à visée reflex (directement via l'objectif par un système de miroir). Face aux mauvais résultats financiers du groupe (le secteur appareils photo a notamment perdu 53 millions d'euros lors de l'exercice 2004-2005), Konica-Minolta a finalement décidé de céder à Sony ses parts liées à la conception, au développement et à la production de matériel photographique compatibles avec les montures d'objectifs Konica-Minolta, ainsi que les noms de ses marques à partir du 31 mars 2006.
Présent dans le domaine de la photo depuis plus de cent ans –il avait produit le premier papier photographique du Japon en 1903– Konica-Minolta est aussi le pionnier du «mini-laboratoire» qui avait considérablement raccourci les délais de développement pour les photos argentiques. Cette activité doit également cesser le 31 mars prochian. Les derniers liens avec la photographie –hors fabrication d'objectifs pour Sony– seront définitivement rompus un an plus tard avec l'arrêt de la fabrication des films et du papier photo. Après cette sortie quasi-intégrale de l'activité photo, Konica-Minolta restera présent dans l'imagerie médicale, les appareils de mesure, l'optique et les imprimantes multifonctions, autant de domaines qui s'adressent surtout aux professionnels.
La décision de Konica-Minolta intervient alors que l'arrivée massive des groupes d'électronique asiatiques a déja contraint les pionniers de la photographie argentique à changer de stratégie. Les géants Canon et Nikon ont rapidement pris le virage et tirent leur épingle du jeu en raison d'une part de leur notoriété, d'autre part de leur rapidité à s'adapter aux nouvelles compétences requises pour le passage au numérique, enfin de leur capacité à développer des appareils haut de gamme destinés notamment aux professionnels, et conçus à partir de technologies optiques et mécaniques qu'ils maîtrisent depuis longtemps.
Ce qui n'a pas empêché Nikon d'annoncer la semaine dernière qu'il allait arrêter de fabriquer des appareils photo argentiques, à l'exception de deux modèles prisés par un nombre limité de professionnels et de nostalgiques (le F6 haut de gamme et le FM10 d'entrée de gamme), pour se concentrer sur la photographie numérique qui représente aujourd'hui 98% de ses ventes. Les ventes des appareils argentiques existants cesseront quand les stocks seront épuisés, a déclaré Nikon.
Le marché mondial pour les appareils numériques pourrait quant à lui atteindre le record de 69 millions d'unités en 2006. Cette vertigineuse progression (60% de plus qu'en 2003) s'accompagne de l'effrondrement des fabricants traditionnels de papier, de pellicules photo et d'appareils. L'américain Kodak, qui distribuait dans les années 1970 les deux tiers des pellicules vendues dans le monde, a annoncé en 2005 un vaste plan sur trois ans pour se convertir au numérique au prix de milliers de licenciements. Le légendaire fabricant britannique de films photographiques Ilford, fondé en 1879, a pour sa part déposé son bilan durant l'été 2004, de même qu'un autre grand nom centenaire de la photo, l'allemand Agfa, au printemps dernier. Même le célébrissime Leica, appareil argentique mythique de photographes comme Henri Cartier-Bresson et de trois générations de reporters, peine aujourd'hui à prendre le virage du numérique: ses nouveaux appareils sont arrivés trop tard par rapport à ceux de la concurrence, et leur prix, très élevé comme pour tous les produits du groupe, n'est pas justifié comme dans l'argentique par la notoriété de la marque.
Par Libération