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KAMEL
30/12/2009, 09h29
Mondialisation et professionnalisme

Sommes-nous prêts pour le grand saut ?

Le président de la FAF a souligné qu’il est prêt à lancer ce championnat professionnel, même avec un nombre réduit de clubs qui ne dépasserait pas les douze. Pour lui, il est important que les clubs qui disposent des moyens adéquats seulement soient triés et sélectionnés afin de faire partie de cette ligue professionnelle.

Le président de la FAF, Mohamed Raouraoua, ne cesse de parler depuis son investiture à la tête de Fédération en avril dernier du professionnalisme, promettant un nouveau mode de gestion basé sur la rigueur et le sérieux, surtout que le football a touché le fond ces dernières saisons, à cause justement de ces gestions catastrophiques des clubs qui n’ont pu aller de l’avant et restaient à la traîne par rapport aux clubs des pays voisins qui ont connu une avancée extraordinaire, devenant des clubs professionnels à part entière, ce qui leur permettra, d’ailleurs, d’accroître leur domination sur le contient africain. C’est le cas des clubs tunisiens de l’Espérance sportive de Tunis, de l’Etoile sportive du Sahel, en plus du CS Sfaxien, qui est également devenu ces dernières années un des clubs les plus en vue, grâce à victoire finale en Ligue des champions arabe et en Coupe de la CAF. Il ne faut pas oublier aussi les Egyptiens qui disposent des clubs les plus structurés et cela a eu son effet pour des clubs comme El’Ahly d’Egypte et le Zamalek, qui à eux deux disposent du plus gros des titres africains. Raouraoua veut donc arriver à créer cette élite qui regroupera uniquement les clubs capables, selon un cahier des charges dûment établi, de jouer dans ce championnat professionnel. Le président de la FAF a souligné qu’il est prêt à lancer ce championnat professionnel quitte à ce que cela soit avec un nombre réduit de clubs qui ne dépasserait pas les douze. Pour lui, il est important que les clubs qui disposent des moyens adéquats seulement soient triés et sélectionnés pour faire partie de cette ligue professionnelle. Tout club doit disposer d’un stade qui serait homologué par la FAF, mais aussi par la CAF, pour qu’il puisse abriter les rencontres internationales et notamment les matchs de C1 ou C2 africaine. Le club professionnel devrait disposer aussi de certains moyens financiers qui lui permettront de faire ses déplacements, en Afrique notamment. Il y aussi la nécessité de mettre à la disposition des clubs visiteurs, et surtout en Coupe d’Afrique, un hôtel de haute facture et qui serait au moins un quatre-étoiles. Tout cela est fait pour permettre une bonne organisation à l’occasion de compétitions internationales. L’Algérie est-elle prête à faire ce grand saut et s’orienter vers le professionnalisme ? Nul ne peut répondre maintenant à cette question, même si des éléments de réponse sont déjà visibles.

Un professionnalisme qui nous sera imposé

Contrairement à l’impression que donne le président de la FAF, Mohamed Raouraoua, et qui tâche d’expliquer que cela est sa propre initiative, il faut savoir que la question du professionnalisme nous a été imposée et n’est nullement l’effet d’une étude faite par les instances de notre pays qui seraient arrivées à une conclusion que cela était possible. En effet, il faut savoir que le président de la Confédération africaine de football, Issa Hayatou, lors d’une visite qu’il avait effectuée à notre pays à l’occasion des Jeux Africains organisés par l’Algérie et ensuite et surtout la CAN des moins de 17 ans qu’ont abritée les stades de Zéralda et Dar El Beïda, avait déclaré que le professionnalisme deviendra une obligation pour tout pays africain, étant donné que seul le club professionnel pourra désormais jouer la Ligue des champions africaines, sachant qu’un club amateur ne pourra plus jouer cette prestigieuse compétition. Il faut savoir que les clubs africains prestigieux et même les clubs algériens, notamment la JSK, l’USMA, le MCA et l’ESS se plaignaient à chaque fois des conditions d’accueil dans certains pays africains dits pauvres et qui ne pouvaient pas réunir les moyens nécessaires pour jouer ce genre de compétition, d’où cette décision de la CAF de ne permettre qu’aux clubs qui disposent de gros moyens de jouer cette compétition. Il est clair que l’effet de la mondialisation dans cette affaire de professionnalisme est devenu apparent, et que l’Algérie autant que les autres pays africains est obligée de se plier à certaines exigences si elle veut maintenant permettre à ces équipes de continuer à jouer la Ligues des champions d’Afrique, surtout que des équipes comme la JSK et l’ESS ne peuvent pas se passer de ce genre de compétition. Il faut savoir que la FAF n’a pas beaucoup le choix comme certains le penseraient et que le passage au professionnalisme lui est dicté, contrairement à ce qui s’est passé il y a cinq ou six ans du temps de l’ex-ministre de la Jeunesse et des Sports, Abdelaâziz Derouaz, qui voulait instaurer le professionnalisme de sa propre volonté. Les pouvoirs publics étaient prêts à cette période à aider les clubs à se tourner vers le nouveau mode de gestion, surtout que Derouaz avait même promis des parcelles de terrain aux clubs, surtout algérois, qui manquent d’infrastructures pour y ériger leurs terrains d’entraînement.

Des clubs prestigieux sans stade, des villes de football sans hôtel

Pour revenir à la réalité du terrain et à l’amère vérité, il faut dire que le professionnalisme en Algérie est quasiment impossible eu égard à certaines situations qui entravent ce projet et dont souffrent les clubs algériens. En effet, cette saison encore a vu des clubs dits prestigieux souffrir comme à chaque fois du problème des infrastructures et des stades. Le plus vieux club algérien, le Mouloudia club d’Alger, ne pourra pas devenir professionnel si ce projet est mis en application. En effet, les Mouloudéens ne disposent pas de leur propre stade et attendent à chaque fois qu’on leur octroie un stade où ils pourraient jouer durant toute la saison, ce qui veut dire qu’ils sont encore une fois SDF. Cette fois-ci, le club voisin de l’USMA lui a refusé le stade de Bologhine, sous prétexte qu’il craignait qu’il soit endommagé par ses supporteurs; il attend donc la réouverture officielle du stade du 5-Juillet, où il pourrait évoluer. Le NAHD, lui aussi, connaît le même problème et se voit obligé de jouer sur son stade Zioui, qui ne répond pas aux normes internationales, alors qu’il s’est vu refuser le stade du 20-Août pour les mêmes raisons évoquées pour le MCA.

Le CRB, qui est engagé cette saison en Coupe de la CAF, ne pourra pas jouer sur le stade du 20-Août qui n’est pas homologué pour les compétitions internationales et notamment africaines. Le CA Bordj Bou Arréridj ne pourra pas jouer à Bordj si jamais il devait jouer une compétition continentale, car la ville ne dispose pas d’un hôtel d’au moins quatre étoiles. Tout cela montre qu’on est loin de ce professionnalisme que veut instaurer à tout prix Raouraoua et qu’on est pas prêt à accueillir, à moins qu’il n’y ait une véritable volonté des pouvoirs publics pour aller de l’avant et construire de nouveaux stades qui pourraient accueillir les grandes compétitions inter-clubs, et pour que ce problème d’infrastructure ne se pose pas comme à chaque fois pour certains clubs laissés pour compte. Ce chantier du professionnalisme ne peut avancer seul. En plus, il faudra également changer les mentalités, car ce n’est pas avec ce genre de dirigeants qu’on pourra aller vers le professionnalisme, avec tous ces échanges d’accusations et ce genre de présidents qui ne peuvent plus apporter, à quelques exceptions près, le plus qu’on attend d’eux.


Source :lesdebats.com

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