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Voir la version complète : Faut-il dire la vérité aux malades en Algérie?


morjane
07/01/2010, 16h18
En Algérie, des techniciens de santé, des infirmières ou assimilés n’ont strictement pas le droit de dire ou commenter un résultat d’analyse à un malade.

Et pourtant

«Allo! Venez vite retirer vos analyses. Les résultats sont positifs. Il faut vous hospitaliser en urgence.» Cette conversation téléphonique est authentique. Elle s’est déroulée entre l’employé du laboratoire d’analyses médicales et la personne qui a subi les analyses.

Après avoir raccroché, le malade a eu un malaise. Le choc a été trop brutal. Il est convaincu que sa vie vient de basculer. Il ne se sent pas avoir la force de se rendre seul au laboratoire retirer ses analyses. Il sollicitera un proche pour l’accompagner. Il vient de subir un véritable traumatisme psychologique. Autre cas authentique: dans un salle de radio une personne vient de passer un téléthorax.

A la vue du cliché, le technicien-radiologue fait, devant le patient, une mauvaise grimace et le somme d’aller en urgence à l’hôpital non sans l’admonester d’avoir trop tardé. Le malade prend le cliché, fait quelques pas avant de s’évanouir. Un choc vagal, disent les médecins suite à des émotions ou un événement intenses.

Deux cas parmi des milliers d’un dossier qui mérite un débat sans délai: celui de dire ou non la vérité à un malade atteint d’une grave maladie ou carrément incurable comme le cancer. Il est vrai que la question divise les médecins.

Pour Léon Schwartzenberg, cancérologue, «il se trouve certaines personnes, qui semblent très fortes, se laissent abattre et désarmer par un coup du sort échappant à leur contrôle».

Roger Spithakis qui est philosophe et auteur de plusieurs ouvrages sur la question est, de son côté, certain que «la vérité n’est pas sans danger pour de nombreux malades qui n’ont pas l’âme forte».

En 2006 a eu lieu à l’université Saâd-Dahleb de Blida, la 2e rencontre internationale de psychiatrie médico-légale sous le thème «Faut-il dire la vérité aux malades?». Plusieurs spécialistes venus de plusieurs pays ont donné leur avis sur la question. Des avis divergents. Les uns pour et d’autres contre. Nous n’avons pas la compétence pour trancher en faveur de l’une ou de l’autre position. Ce qui ne nous empêchera pas de rappeler que la médecine admet que la guérison d’un malade dépend pour moitié de son état psychologique, de son moral. Le débat est loin d’être clos et la question encore moins tranchée.

Il serait souhaitable tout de même d’inclure dans ce débat le malade lui-même.

Comment? En conditionnant la position à adopter face à un malade suivant l’avis du psychologue qui l’aura préalablement consulté. Une étude menée au Canada révèle qui 54% des personnes ont peur de la mort devant un diagnostic identifiant un signe de cancer, 18% ont peur qu’on leur dise la vérité et 16% ont peur de la douleur.

Comme nous n’avons pas la prétention de régler ici ce problème qui est toujours en débat dans la communauté scientifique, nous nous contenterons de l’aborder autrement.

Le personnel paramédical a-t-il le droit de s’immiscer dans la décision de dire ou de ne pas dire la vérité au malade? En prenant comme exemple les deux cas cités au début de notre écrit qui sont loin d’être exceptionnels, nous serons formels pour dire non!

Des techniciens de santé, des infirmières ou assimilés (quelques-unes chez nous ne savent ni lire ni écrire. Elles passent de femme de salle à assistante ou si vous voulez infirmière par décision interne sans formation aucune), n’ont strictement pas le droit de dire ou commenter un résultat d’analyse à un malade. Même pas à sa famille.

Les résultats sont effectués sur la base d’une ordonnance établie par un praticien qui attend que les résultats lui parviennent sous pli fermé. Une condition à laquelle personne n’a le droit de déroger.

Des sanctions doivent être prévues contre tous les zélés qui fanfaronnent devant le malade et étalent sadiquement devant lui un «savoir» qu’en réalité ils sont loin d’avoir. Le droit de poursuites judiciaires contre les contrevenants à cette règle devrait être reconnu aux parents du malade.

Cela remettrait rapidement beaucoup de choses à leur place et permettrait au programme de formation du personnel paramédical qui vient d’être décidé, de se dérouler normalement. En ayant le temps de coupler quantité et qualité.

L’affection dont souffre un malade suffit amplement pour ne pas permettre à des inconscients et des immatures d’en rajouter.

Comme on le voit, notre système de santé en Algérie nécessite de grands, très grands travaux de réfection.

par Zouhir MEBARKI, l'Expression

absente
07/01/2010, 20h49
c'est une faute professionnelle grave de " balancer " comme ça à un patient un doute ...

dire les choses ou non sont du ressort du medecin ET de personne d'autre !

et Pour cela il y a des conditions et une façon de faire ...

ET quand " la vérité " est à dire, il faut être sûr et certain qu'elle l'est ...vraie
donc après un diagnostic pointu ...pas avant...pas simplement après un cliché ou une analyse ...

et accompagner le malade dans ce qu'il est capable d'entendre ...
le préparer à comprendre...le suivre dans son cheminement... seulement à ce moment là , les équipes travaillant avec le médecin interviennent pour aider le patient ...


mais faire part d'un doute à un patient déjà stressé... :confused:
il faut savoir se taire quand on est pas sûr ...

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