PDA

Voir la version complète : Conférence de presse de l'ambassadeur d'Iran en Algérie


morjane
07/01/2010, 16h34
L’ambassadeur d’Iran en Algérie a animé, hier à 10 heures, une conférence de presse à sa résidence. C’est donc devant une trentaine de journalistes et photographes qu’il a fait une intervention liminaire consacrée pour l’essentiel aux évènements qui ont secoué son pays, l'Iran, à la fin du mois de décembre dernier.

“Les nouvelles qui arrivent ici ne sont pas de bonne source”, a-t-il dit d’emblée.“C’est pourquoi je veux dire les réalités de la République islamique d’Iran. De la révolution islamique en 1979 jusqu’à 2009, il y a eu trente élections législatives, présidentielles ou autres, elles se sont toutes bien passées et leur caractère démocratique a partout été reconnu.”

Alors, pourquoi l’élection présidentielle du mois de juin a-t-elle donné lieu “aux évènements actuels ?” s’est-il interrogé, avant de répondre qu’en réalité, c’est “la position iranienne sur l’énergie atomique” qui dérange Israël et les puissances occidentales qui, elles, possèdent toutes la bombe nucléaire.

“Israël a 400 ogives nucléaires”, a-t-il précisé.

Il a ensuite fait état de menaces israéliennes et, parfois, américaines sur les installations nucléaires de son pays. S’ils n’ont pas osé mettre leurs menaces à exécution, c’est que l’unité du peuple iranien constitue un rempart solide, a encore affirmé le diplomate. “Cela fait longtemps que nos ennemis tentent de briser cette unité !”

75 millions de dollars dans un premier temps, puis 350 millions ont été consentis par le gouvernement américain pour la déstabilisation de l’Iran à l’occasion de la réélection d’Ahmadinejad, a-t-il précisé, avant d’ajouter que pas moins de “400 chaînes de télévision et de radio, qui émettent en langue farsi”, tentent de fissurer l’unité des Iraniens.

Malgré cela, a-t-il encore insisté, la participation à la dernière élection a été massive et le “président sortant a enregistré un record avec plus de 24 millions de voix” contre “13 millions pour Moussavi”. “Cela n’a pas empêché, dénonce l’ambassadeur, que les contestations ont commencé avant même la fin du scrutin”. “Mais, a-t-il ironisé, Moussavi a fait une grossière erreur” car “l’Iran n’est ni la Georgie ni l’Ukraine”.

Comme dans chaque pays, l’Iran a aussi ses lignes rouges.

La philosophie révolutionnaire de l’Iran, c’est l’Islam et le guide suprême en est le symbole, a-t-il précisé. “L’Islam et Ali Khamenei constituent des lignes rouges auxquelles personne n’a le droit de toucher !” Sur la question relative aux sanctions décidées contre l’Iran, l’ambassadeur iranien a précisé que son pays est sous embargo américain depuis trente ans, mais cela aurait travaillé en faveur de l’Iran puisque, affirme-t-il, cela a permis de développer une technologie intra-muros.

En réponse aux questions des journalistes présents, il se fera le porte-parole assidu du régime iranien en affirmant, notamment, que les médias occidentaux ont déformé les derniers évènements et ont procédé à des montages d’images. Moussavi a perdu presque tous ses partisans et il ne lui resterait plus que quelque 6 000 fidèles organisés “en groupe armé terroriste”. “Tous ceux qui soutiennent encore Moussavi sont proaméricains” et “leur ennemi c’est l’Islam”, a-t-il encore accusé, avant d’affirmer que le neveu du candidat malheureux a été tué loin des évènements, “dans une rue où il n’y avait pas de policiers”. Il aurait donc été tué par des manifestants contestataires pour forcer la main à Moussavi et le pousser à radicaliser son opposition.

Une information importante, cependant, concernant le leader de l’opposition Moussavi: il serait tout à fait libre, mais sous très haute protection, de peur que les Américains ne le tuent, pour envenimer davantage la situation. L’ambassadeur iranien à Alger a également survolé d’autres questions relatives au Yémen, par exemple, où la nébuleuse d’Al-Qaïda s’est avérée très active ces derniers temps.

Il n’y est d’ailleurs pas allé avec le dos de la cuillère en affirmant, notamment, que l’organisation de Ben Laden est 100% américaine et que ses gesticulations au Yémen répondraient au vœu américain de contrôler le golfe d’Aden.

En définitive, le représentant iranien à Alger n’a fait que relayer le discours officiel de la République islamique, ce qui est, il faut le reconnaître, tout à fait son rôle.

Par Liberté

Cookies