PDA

Voir la version complète : Al Qaïda revendique l'attentat contre la CIA en Afghanistan


morjane
07/01/2010, 17h33
Al Qaïda a revendiqué jeudi l'attentat fin décembre contre des agents de la CIA en Afghanistan , alors que les services de renseignements américains sont sur la sellette pour avoir échoué à prévenir la tentative d'attentat le jour de Noël contre un avion de ligne .

De leur côté, les autorités yéménites ont indiqué que l'auteur de la tentative ratée contre le vol Northwest Amsterdam-Detroit avait bien rencontré au Yémen un imam radical américano-yéménite, Anwar al-Aulaqi, qui serait également lié à l'auteur de la fusillade sur la base militaire américaine de Fort Hood en novembre (13 morts, 42 blessés).

Les autorités de Sanaa s'affichent toujours déterminées à lutter contre la branche locale d'Al Qaïda, qui a revendiqué la tentative du 25 décembre. Elles avaient annoncé mercredi l'arrestation de six membres du réseau, dont un de ses chefs présumés à l'origine de menaces ayant entraîné la brève fermeture d'ambassades occidentales. Le vice-Premier ministre yéménite aux Affaires de la défense et de la sécurité, Rached al-Alimi, a cependant averti jeudi qu'une intervention militaire américaine "pourrait renforcer" le réseau extrémiste. Il a en revanche appelé les pays occidentaux, dont les États-Unis, à apporter une aide en matériel et en formation à Sanaa.

Dans cet affrontement planétaire en pleine recrudescence, le réseau d'Oussama Ben Laden a revendiqué la spectaculaire attaque-suicide du 30 décembre au coeur d'une base américaine de Khost dans l'est de l'Afghanistan. Les talibans avaient eux aussi revendiqué l'attentat. Un agent double infiltré, un Jordanien du nom de Humam Khalil Abu-Mulal al-Balawi, présenté comme un membre d'Al Qaïda recruté par les services jordaniens pour travailler pour la CIA, s'y est fait exploser en tuant 7 Américains travaillant pour l'agence, pire perte infligée à ce service depuis 1983. Un officier jordanien a également été tué. Le kamikaze entendait venger des combattants talibans "martyrs", tués par des missiles tirés par des drones américains, a déclaré le chef d'Al-Qaeda en Afghanistan, Mustafa Abu al-Yazid, cité par le centre américain de surveillance des sites islamistes.

Depuis l'arrivée au pouvoir du président Barack Obama, qui a décidé d'envoyer 30.000 renforts en Afghanistan, les États-Unis ont multiplié les frappes aériennes dans les zones tribales pakistanaises. La dernière a tué mercredi 13 combattants islamistes selon une source pakistanaise. La violence dans la région se poursuit quoi qu'il en soit. Un attentat-suicide a fait 8 morts et 24 blessés jeudi à Gardez, principale ville du Sud-Est afghan, a annoncé un porte-parole de la province de Paktia.

Rapport

L'administration américaine devait de son côté publier jeudi un premier rapport sur les failles des services de renseignements dans l'affaire du vol Northwest. Aux États-Unis, Umar Farouk Abdulmutallab, le Nigérian de 23 ans qui a tenté de se faire exploser dans l'avion de la Northwest, avec 279 passagers et 11 membres d'équipage, a été formellement inculpé mercredi. Il risque jusqu'à 20 ou 30 ans de prison pour chacun des six chefs retenus, "tentative de meurtre" et "tentative d'utilisation d'une arme de destruction massive" notamment, mais pas la peine de mort. Umar Farouk Abdulmutallab a été recruté par Al Qaïda en dehors du Yémen, peut-être à Londres "par les groupes extrémistes en Grande-Bretagne", a affirmé jeudi Rached al-Alimi. Et, selon le Los Angeles Times, la police américaine aux frontières savait qu'un extrémiste présumé se trouvait à bord du vol 253 et l'attendait à l'aéroport. Mais elle n'aurait découvert son nom sur une base de données qu'après son embarquement.

Obama a dénoncé mardi un "échec" du renseignement qui aurait pu avoir des conséquences "désastreuses", s'engageant à "corriger" la situation. "Échec" d'autant plus cuisant, plus de huit ans après les attentats du 11-Septembre (près de 3.000 morts), que Washington a investi des milliards de dollars dans le renseignement et la sécurité, sans parler des opérations militaires en Afghanistan et en Irak. Au Yémen, pays d'origine de la famille Ben Laden, le gouvernement a confirmé qu'Abdulmutallab avait rencontré lors de son séjour dans le pays (août-décembre 2009) l'imam Anwar al-Aulaqi et au moins un responsable d'Al Qaïda. Enfin, dans cette même région, des services occidentaux ont averti les monarchies pétrolières du Golfe qu'Al Qaïda s'apprêtait à y attaquer des navires, selon le quotidien koweïtien Al-Qabas.

Par AFP

Cookies