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Voir la version complète : La France a expulsé 29 000 sans-papiers en 2009


morjane
07/01/2010, 17h52
La France a expulsé de son territoire quelque 29 000 étrangers en situation irrégulière en 2009, un chiffre comparable à celui de l'année précédente, mais supérieur à l'objectif assigné par Nicolas Sarkozy. Eric Besson, promu il y a un an au poste de ministre de l'immigration, n'a pas précisé le chiffre exact. Mais il aura donc fait autant que son prédécesseur Brice Hortefeux qui, en 2008, avait expulsé 29 799 étrangers en situation irrégulière contre un objectif de 26 000.

Le transfuge du PS, qui est sévèrement critiqué par les associations de défense des droits des immigrés, a répété sans cesse ces derniers mois que les étrangers en situation irrégulière avaient vocation à être expulsés.

Malgré un concert de protestations, il a renvoyé neuf Afghans dans leur pays en décembre 2009, après en avoir expulsé trois autres en septembre. Soit au total 12 Afghans expulsés alors que 250 autres ont bénéficié, dans le même temps, du statut de réfugié, a-t-il précisé.

En annonçant jeudi sur Europe 1 le chiffre de 29 000 expulsions en 2009, M. Besson a souligné que la Grande-Bretagne, destination privilégiée des Afghans, en avait reconduit 1 000 pendant la même période. S'agissant des 29 000 reconduites annoncées, M. Besson n'a pas précisé la part des retours contraints et celle des retours volontaires. Il n'a pas non plus précisé le nombre des sans-papiers expulsés hors du territoire de l'Union européenne.

LES ROUMAINS EN TÊTE DES EXPULSIONS

Selon un document de l'Assemblée nationale analysant les 14 844 reconduites exécutées au premier semestre 2009, les Roumains arrivent en tête (4 346), suivis des Algériens (1 552) et des Marocains (1 550). "Je ne fais pas du chiffre", s'est défendu M. Besson, qui a assuré mener une politique migratoire "ferme et juste".

L'Association des travailleurs maghrébins de France a dénoncé dans un communiqué une "politique anti-immigrés de Sarkozy-Besson" marquée, selon elle, par la "renvoi de personnes vers des pays où elles n'ont plus aucune attache" ou "des pays où leur sécurité est en péril".
L'éloignement des étrangers en situation irrégulière coûte à l'Etat environ 232 millions d'euros par an, soit 12 000 euros par reconduite, selon des chiffres communiqués il y a quelques mois par le ministère. La Cimade a évalué à 27 000 euros le prix de chacune des 20 000 reconduites forcées réalisées en 2008.

107 000 NATURALISATIONS EN 2008

Le ministre a par ailleurs annoncé que 175 000 étrangers étaient rentrés de manière régulière en France au titre du long séjour et que 107 000 autres avaient été naturalisés. En 2008, il y a eu 107 000 naturalisations, dont 91 000 par décrets et 16 000 par mariage. Environ la moitié des naturalisés sont originaires d'un pays du Maghreb, 13 % d'Afrique, 13 % d'Asie, 6 % de pays de l'UE, 7,2 % d'autres pays européens et 5 % d'Amérique.

La lutte contre l'immigration clandestine reste un des objectifs majeurs de M. Besson pour 2010, conjuguée avec la volonté de parvenir à un équilibre entre l'immigration professionnelle et l'immigration familiale, qui reste la principale porte d'entrée en France.

Son ministère souhaite conclure cette année trois nouveaux accords de gestion des flux migratoires, après les neuf signés depuis 2007 (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Cap Vert, Congo, Maurice, Gabon, Sénégal et Tunisie). Des négociations seraient en cours avec des pays de l'Afrique subsaharienne, des pays émergents (Brésil, Chine et Vietnam) et la zone des Balkans occidentaux, où M. Besson s'est rendu en décembre 2009.

Par le Monde

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