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Voir la version complète : Citées : On est passé d'un monde ouvrier qui se défait à un monde de ghetto


Adhrhar
24/01/2006, 17h56
Suite à la crise des banlieues en France, les intellectuels et sociologues tentent de décrypter le mal profond qui ronge ces quartiers. Ici l’auteur met l’accent sur le caractère provisoire des cités ouvrières, qui ne sont pas adaptées à devenir lieux de vie à long terme.

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François Dubet, professeur de sociologie à l'université Bordeaux-II et à l'EHESS, s'est exprimé lors lors de la première conférence sur le thème de la société inégalitaire. Voici des extraits de son intervention.

« Il faut refuser une idée simple, celle que peut donner les sondages et qui serait que la pauvreté croît depuis vingt ans de manière exponentielle. Non, ça dépend, c'est plus compliqué, que ça, il faut rejeter cette image catastrophiquement inégalitaire. Il y a simplement une concentration : les pauvres ne sont pas de plus en plus pauvres, mais de plus en plus ensemble. Quand vous prenez “les quartiers”, vous pouvez doubler le nombre de Rmistes, de chômeurs, de délinquants et de victimes.

» A leur création, les HLM étaient des sas, pas agréables à vivre, mais les gens y restaient trois ans. Désormais en HLM, il n'y qu'1% des appartements qui bougent. Les gens sont cloués. La projection des inégalités dans l'espace géographique s'est beaucoup creusée. Il y a 20 ans, les quartiers difficiles semblaient les endroits où finissait de mourir le monde ouvrier. Il y avait une idée de fin du monde : ceux qui manifestaient aux Minguettes en 1981, c'étaient de jeunes immigrés qui voyaient leurs projets d'intégration se casser. A l'époque, ils se définissaient sur le mode social : “Nous sommes les enfants de travailleurs privés de travail.” On était déjà dans une sorte de crise de la société industrielle, et la référence, c'était ça : la société industrielle. Maintenant, ce qui était perçu comme un problème social est perçu, entre autres, sur des termes ethniques : “Nous sommes Noirs, nous sommes Arabes, nous sommes de telle ou telle cité.”

» En 25 ans, on passe d'un monde ouvrier qui se défait à un monde de ghetto, où les composantes sociales et culturelles se mêlent dans un espace conscient d'être isolé. Le monde des cités s'est reconstruit avec une énorme conscience du dedans et du dehors. C'est un espace totalement traversé par les médias, et avec énormément de contrôle social, d'honneur, de contrôle des filles, ce sont des choses qu'on ne voyait pas il y a 20 ans. Il y a un “capital guerrier” là-dedans. On doit se faire sa place dans ce monde. De même, la figure du militant, du travailleur social qu'il pouvait y avoir a été remplacée par la figure de l'homme de foi, une figure morale et communautaire. Ce qui a aussi changé, c'est qu'avant, ceux qui s'en sortaient restaient pour tirer les autres, comme le fils de paysan qui devenait instituteur et qui restait dans le village pour le tirer. Maintenant, on se tire.

» L'exclusion s'est également accrue car la volonté d'intégration s'est renforcée. Il y a 20 ans, on arrêtait les études après le collège, maintenant, 70% d'une génération atteint le bac, donc l'école et les stages deviennent très importants, mais on avale les enfants des quartiers et on les relègue dans les filières mauvaises. Ils partagent ce sentiment : “L'école m'oblige à y aller, pour m'exclure. L'école est la seule manière que j'ai de m'en sortir, mais elle ne me propose rien d'efficace.” Donc, on est piégés par les institutions, même si celles-ci font un effort pour qu'on s'en sorte. Il faut aussi dire que les systèmes sont entièrement contrôlés par les blancs.

» On passe d'une vision sociale d'un problème social à une vision nationale d'un problème social. Et ce qui me frappe finalement, ce n'est pas que les quartiers ont changé, c'est que la vision qu'en a la société a changé. On est complètement dans une déseuphémisation du langage. On ne dit plus “enfants d'ouvriers” mais “cas sociaux, handicapés sociaux”. Maintenant, il s'est créé l'idée que les vraies victimes sont les classes moyennes qui vont au front de ces quartiers. Résultat, des réformes comme l'apprentissage à 14 ans, la fin du collège unique, sont passées très facilement. On manipule le sentiment d'insécurité : une frontière se forme entre les “gens normaux” et ceux qui, parce qu'ils sont victimes, deviennent dangereux. Maintenant, on critique violemment les inégalités sociales, mais on critique aussi violemment le pauvre. Et les classes moyennes ont des sentiments de sympathie pour les pauvres tant qu'ils peuvent assurer leur fuite, qu'ils ne sont pas obligés de fréquenter le même établissement scolaire.

» Pour résumer, les problèmes qui étaient vus il y a vingt ans comme sociaux et interrogeant la société sont vus désormais comme des problèmes culturels, des problèmes d'institutions, des problèmes d'étrangers, des problèmes de classes dangereuses. Bientôt, on ne parlera même plus des immigrés, mais des minorités, comme on parle aux Etats-Unis d'Afro-Américains. Prenons garde. »

http://origine.liberation.fr/page.php?Article=353686

passanger
24/01/2006, 19h22
il se passe exactement la même chose en algerie on passe des cités au centre de concentration;le phenoméne des sité dértoire due a la crise de loggement que l'algérie connais a engendrait d'autres problémes sociaux vue la concentration de gens qu'on raméne d'un peut partout se qui a conduis a l'emergence de phénoméne tel que la délinquance .........

Sioux foughali
24/01/2006, 21h38
exact mais la delinquance a peut être aussi pour cause en algerie. une combinaison de facteurs ....les freins ( dans la tête) qui ont sauté avec la decennie de tueries............... le discredit de la puissance publique )...


ensuite les difficultés des familles facilitent aussi l'entrée en delinquance.



.( les responsables algerriens ( valable aussi pour les russes et venezueliens) ont interêt à profiter des rentrées d'argent massives depuis 2 ans et pour quelques années encore ( gaz et petrole) pour faire un grand plan ( 50 milliards de dollars pour grands travaux structurants et booster la vie individuelle et les initiatives ( SMIC en Hause, allocations chômage, bourses , prêts etc etc les syndicats doivent arracher l'argent encore et encore, la population et les petits entrepreneurs doivent arracher la modeernisation bancaire . C'est le moment où jamais pour detruire les dernieres survivances d'assujetissement de l'algerien lambda , assujetissement post colonial que constitue les secteurs et produits condamnés à l''importation par magouille desz voyous de l'economie bureaucratique . Importations massives de certains produits par bureaucrate , gratifiés par des sociétés italiennes ou françaises ou... , produits exclusivement distribués dans le pays par quelques voyous , imposibilité pour un entrepreneur algerien de se lancer dans la production et la distribution de certains produits.


Si ça c'est pas de la traitrise bien plus grave que l'engagement collectif de certains paysans pères de famille en harkis dans certaines mechtas en autodefense au fil et au coeur de la guerre après avoir soutenu le FLN dès le debut alors ç'est à n'y rien comprendre.....et l'Algerie importe 90 % de ses besoins agroalimentaires et merci pour la magouille du sucre ...et le choix de gruger une nation entiere a été fait sous aucune pression ni sur soi , ni sur ses enfants , le choix a été fait de la gruger dans le confort douillet d'un salon administratif.

Comment se font les fortunes , y a Si Makhlouq ? ( vu sur canal algerie recemment mort de rire )

Comment se sont faites les fortunes Y a si Makhlouq ?

Sur le dos de M'hamed et Bariza qui payaient une fortune bien des produits et qui ne pouvaient donner un peu de viande rouge et des yaourts et bannanes à leurs enfants en 1988

C'est le moment où jamais du developpement .

Objectif : atteindre le niveau de vie individuel et de developpement d'un pays comme la Pologne ou Republique Tcheque puis rattraper La Grece et le Portugal en 2012/2015.

Tizinissa
24/01/2006, 21h49
La solution vient de chez nous :

pas d'industrie , pas d'ouvrier donc pas de ghetto !!

absente
25/01/2006, 12h08
Encore un sujet interressant.........

Quelle est la proprortion d'immigrés arrivés toujours dans ces cités ?
Toutes les cités ne sont pas des coupes gorges mais les evenements recents démontrent un mal être flagrant.

Ghetto, surement car ce qui fait la vie d'un quartier ce sont ses habitants, ses commerces, ses lieux de rencontres.
Dans bcp de cités les commerces et lieux de rencontres sont devenus inexistants.
Quand on pense , qu'un nouveau type de metier est né : médiateur, pour pouvoir communiquer avec les gens qui vivent dans les ghettos, on est en droit de se demander de quel pays il s'agit ?
L'état a sa part de responsabilités, mais aussi les parents qui n'ont pas su voir les maux de leurs enfants.
La mixité culturelle y est trés présente mais pas la mixité sociale.
Misére+Misére = miséres

Les problémes sont lá, mais quelles solutions ?
Ce ne sont pas les super études réalisées par des personnes vivant en dehors du contexte qui apporteront les solutions.
En période pré electorale on voit bcp de récupération politique, mais est ce que les gens des cités s'y reconnaissent ?

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