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Sioux foughali
15/01/2010, 12h17
Histoire d'un pseudo clivage encouragé entre Russie et Ukraine ( qu'on appelait jadis petite Russie)......( Note de Sioux)

L'orange ne fait plus rêver les Ukrainiens source : Journal Ouest-france
vendredi 15 janvier 2010

http://www.ouest-france.fr/of-photos/2010/01/15/SIGE_ELECTION_apx_470__w_ouestfrance_.jpg
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Viktor Iouchtchenko, le sortant, n'a aucune chance d'atteindre le second tour. En 2004, porté par la Révolution orange, il avait succédé à l'autocrate Léonid Koutchma. Ses disputes avec Ioulia Timochenko, son alliée d'alors, l'ont discrédité.
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AFP

Cinq ans après la Révolution orange, les héros pro-européens d'hier sont discrédités.Le candidat pro-russe Viktor Ianoukovitch est le favori de la présidentielle de dimanche.
Dnieproptrovsk.De notre correspondante

Dniepropetrovsk, capitale de la métallurgie, reprend à peine son souffle. Cette ville a été, comme toute l'Ukraine, violemment bousculée par la crise mondiale, malgré une récente embellie. La fin des années noires semble encore loin, et rares sont les habitants qui croient aux recettes miraculeuses des candidats à la présidentielle.

Place Lénine, Sergueï, la cinquantaine taciturne, fait le pied de grue dans sa tente aux couleurs de Victor Ianoukovitch, le candidat de l'opposition, favori des sondages « Pour parler franchement, je ne voterai pas Ianoukovitch par réelle conviction, confie cet activiste professionnel, payé pour distribuer les programmes, mais plutôt parce que je ne veux absolument pas de Ioulia Timochenko comme présidente ! »

Dans cette ville du centre-est de l'Ukraine, régulièrement taxée de « pro-russe », le clivage avec les « pro-européens », qui déchirait la société il y a cinq ans, a cédé la place au pragmatisme. Le rapprochement avec Moscou fait désormais consensus chez les principaux candidats. L'intégration européenne, priorité de l'équipe orange en 2004, s'est transformée en mirage.

Natacha, 37 ans, commente à sa manière ces tiraillements, assise dans sa cuisine, entre son amie Rita et sa mère Svetlana. « Je suis Russe de passeport, je parle russe mais je suis née ici, j'ai grandi ici et je me sens Ukrainienne, résume cette employée de bureau. Bien sûr, les gens de l'Ouest du pays ne sont pas tout à fait comme nous, et c'est pour ça qu'ils ont supporté Iouchtchenko pendant la Révolution, mais nous ne sommes pas en conflit. »

Las de la politique

Jeune militant lors de la Révolution orange, Timothée dirige la seule librairie à Dniepropetrovsk qui vend exclusivement des livres en ukrainien. « En 2004, on a manifesté des semaines dans le froid glacial pour empêcher Ianoukovitch d'arriver au pouvoir. Qu'en reste-t-il ? s'interroge le jeune homme. Iouchtchenko est devenu un autre Koutchma, Timochenko ne s'intéresse qu'à ses intérêts. On n'attend plus rien d'en-haut ».

Certains s'accrochent pourtant à l'idée d'une troisième voie, en décidant de voter pour Sergueï Tigipko, économiste de 49 ans, qui séduit par son image de candidat « du changement ». « On est juste fatigués de la politique, explique Katia, qui vend boissons et friandises dans un centre commercial. Sous l'ancien président Koutchma, tout n'était pas parfait, mais on avait la stabilité. Depuis cinq ans, le pouvoir orange est comme un chien à quatre pattes qui partiraient toutes dans un sens différent. Il faut que ça change ».

Mathilde GOANEC.

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