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Voir la version complète : la police affronte des musulmans au kenya


ernestito
15/01/2010, 23h05
Aux cris de "Allahu Akbar", les manifestants ont été refoulés par des policiers accompagnés de chiens alors qu'ils tentaient de traverser le centre de la capitale après les prières du vendredi dans la mosquée du quartier.

Certains habitants, furieux de ce que la manifestation ait lieu alors qu'elle était interdite, se sont joints à la police en criblant de pierres les manifestants, dont la plupart ont été repoussés vers la mosquée après des incidents de rue prolongés.

Un manifestant portant treillis militaire et passe-montagne agitait le drapeau du groupe islamiste somalien Al Chabaab - que Washington considère comme un relais d'Al Qaïda dans la région - et raillait la foule en faisant le geste d'égorger quelqu'un.

Le président somalien Cheikh Sharif Ahmed a déploré qu'on ait perturbé l'ordre public au Kenya au nom de la religion. "J'engage les Somaliens à soutenir la paix et à respecter leur hôte. Comme tout Etat souverain, le Kenya est en droit d'expulser quiconque porte atteinte à la sécurité nationale", a-t-il déclaré à Reuters à Nairobi.

Faisal avait été expulsé de Grande-Bretagne en 2007 pour avoir prêché la haine raciale et exhorté ses auditoires à tuer des Juifs, des Hindous et des Occidentaux. Il effectuait une tournée de prédication au Kenya lorsqu'il a été arrêté, le 31 décembre.

BILANS DIVERGENTS

Le Kenya a tenté sans succès de l'expulser la semaine dernière, le Nigeria ayant refusé de lui délivrer un visa de transit pour la Gambie.

"Ces manifestants n'ont qu'à retourner chez eux en Somalie s'ils le veulent", a déclaré à Reuters un homme au sein d'un groupe dénonçant les manifestants musulmans.

La nuit tombée, des Somaliens se sont heurtés à la foule en colère. Un correspondant de Reuters a vu un Somalien être traîné hors de sa voiture non loin de la mosquée et être battu par la foule.

Les organisateurs de la manifestation étaient des musulmans kényans, mais une grande partie des manifestants venus de la mosquée étaient des Somaliens.

Des habitants ont rapporté que des groupes d'hommes arrêtaient les voitures le long des deux principales artères conduisant à Eastleigh, faubourg est de la capitale où vivent de nombreux Somaliens.

Au cours des affrontements, des ambulances ont sillonné le quartier, toutes sirènes hurlantes, tandis qu'un hélicoptère survolait les lieux et que la police se servait de canons à eau pour tenter de dégager les rues.

Les forces de sécurité ont tiré à l'aide de fusils d'assaut AK-47 sur des groupes de manifestants lançant des pierres, peut-on voir sur des images de Reuters TV.

La police a rattrapé un manifestant qui fuyait et l'a battu à coups de matraque.

Lorsque les policiers se sont éloignés, un infirmier s'est penché sur l'homme étendu sur le sol, lui a fermé les yeux et l'a emmené, sans que l'on sache s'il était inconscient ou mort.

Les médias locaux ont avancé des bilans divergents allant de deux à sept morts. Des témoins ont rapporté qu'un agent de sécurité avait été blessé par balle.

L'hôpital Kenyatta a rapporté qu'il avait accueilli six blessés par balles mais qu'ils étaient hors de danger.

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