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Voir la version complète : Mme Ben Brik plaide la cause de son mari en France


morjane
16/01/2010, 16h57
Entre les proches de Taoufik Ben Brik, le journaliste tunisien qui purge une peine de six mois de prison ferme à la suite, selon ses mots, d'un "traquenard" de la police, et le régime du président Ben Ali, une partie incertaine va se jouer, mardi 19 janvier, à Strasbourg. L'enjeu pour les défenseurs du journaliste, connu pour ses écrits féroces contre le successeur de Habib Bourguiba : obtenir des parlementaires européens une résolution qui condamne la Tunisie pour son peu de respect des droits de l'homme et exige la libération de M. Ben Brik.

La partie n'est pas gagnée d'avance. Les ONG ont beau fustiger régulièrement le "régime policier" mis en place par M. Ben Ali - au pouvoir depuis vingt-trois ans -, Tunis compte des alliés à Strasbourg jusque dans les rangs des socialistes français, espagnols et italiens. Pour raffermir leurs rangs, une délégation d'élus tunisiens est déjà à pied d'oeuvre à Strasbourg. "Ça va être difficile, reconnaît Azza Ben Brik, autorisée par Tunis à venir plaider la cause de son époux. A défaut d'une résolution, on devra peut-être se contenter d'une recommandation", d'une portée moindre.

En attendant la joute de Strasbourg, Mme Ben Brik a choisi de plaider la cause de son mari à Paris. Arrivée mercredi soir en France, elle va demander à rencontrer le président Nicolas Sarkozy, son épouse, Carla Bruni, les "amis de la Tunisie", dont le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et les dirigeants des partis politiques de droite comme de gauche.

Le ministre des affaires étrangères figure également sur sa liste. Le sort fait à Taoufik Ben Brik exaspère Bernard Kouchner, mais "que faire lorsque les démarches diplomatiques n'aboutissent à rien sinon à aggraver le sort du détenu", s'interrogeait en privé le ministre il y a quelques jours.

Pour Mme Ben Brik, Tunis s'ingénie à détruire à petit feu son mari, de santé fragile et détenu loin de son lieu de résidence : "J'ai droit à une visite par semaine. Et ses avocats à aucune. Il me faut cinq heures de route aller-retour pour une visite de cinq minutes. Parfois moins, si l'on parle d'autre chose que de la famille ou de ses problèmes de santé." Placé dans une cellule collective, son mari est interdit de toute lecture. "Il n'a ni radio ni télé. Il n'a même pas le droit d'avoir un crayon", dit-elle.

Pour faire libérer le journaliste, ses frères et soeurs, ainsi qu'Azza Ben Brik, observent depuis une semaine une grève de la faim.

Par Le Monde

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