PDA

Voir la version complète : Chakib Khelil s'exprime sur le scandale Sonatrach


mohoo
17/01/2010, 17h05
Bonsoir

«Je ne sais pas qui a confié l'enquête» d'instruction contre le Pdg de Sonatrach et certains hauts cadres de la justice, a affirmé hier le ministre de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil, qui a été surpris d'apprendre cette nouvelle à la convocation des concernés par la justice la semaine dernière, lors d'une conférence de presse tenue au siège de son département.

M. Khelil a annoncé la désignation de Abdelhafid Feghouli, vice-président de l'activité «Aval» de Sonatrach, pour assurer l'intérim à la tête de la société, remplaçant ainsi Mohamed Meziane, nommé en 2003, placé sous contrôle judiciaire dans l'enquête liée à la passation de marchés au sein du groupe ainsi que le vice-président de l'activité commercialisation, Chawki Rahal, alors que le vice-président de l'activité «Amont», Belkacem Boumedienne, et celui du transport, Benamar Zenasni, sont sous mandat de dépôt.
A leur sujet, le ministre a déclaré que «les managers de Sonatrach accusés sont présumés innocents jusqu'à ce que la justice tranche». Il a ajouté que «dans le cadre de la convention collective, Sonatrach fournira des avocats aux accusés pour procéder à leur défense», en indiquant qu'«ils sont indisponibles, donc nous avons procédé à leur remplacement pour permettre à Sonatrach de continuer à fonctionner».

Interrogé sur la partie plaignante, Khelil a juste dit : «Pas de réponse», comme il s'est contenté de déclarer au sujet des charges retenues contre les hauts cadres de Sonatrach : «Je ne sais que ce que la presse a rapporté» et «je ne peux vous dire que ce que la presse a dit. Je ne connais pas les accusations».

La tutelle de Sonatrach n'est pas plus informée sur les griefs retenus contre le Pdg et ses collègues dans une affaire liée à des marchés gré à gré «autorisés», selon lui, par la réglementation dans le cas d'«infructuosité des appels d'offres» et celui de «standardisation de pièces de machines qui se pose souvent pour la société». Quatre directeurs de Sonatrach sont également placés sous contrôle judiciaire. Il s'agit du directeur de l'ACT, celui du forage, celui du transport et celui de la commerciale, dont
le ministre n'a pas estimé utile de citer les noms.

Questionné sur la transparence dans la passation de marchés dans son secteur en général et de Sonatrach en particulier, le ministre a souligné que «la transparence demande des procédures, une culture et nécessite une formation spécialisée des personnels. C'est un travail de longue haleine», en précisant que «les grands problèmes interviennent lorsque les gens ne comprenaient pas ces procédures et ont pris des mesures qu'ils n'auraient pas dû par méconnaissance».

Il a rappelé qu'«en 2000, il n'y avait pas de procédure», poursuivant que si un problème intervenait sur les 4000 appels d'offres qui font d'ailleurs l'objet de publication par le BAOSEM et dont le ministère n'a pas eu d'informations, puisque, dira-t-il, «nous n'avons pas de lettres dénonçant cette affaire» tout en ajoutant que «chaque jour le ministère reçoit des milliers de lettres et certaines ne sont pas signées»; pourtant «le ministère est prêt à protéger les signataires». Il fera remarquer que «l'affaire n'a rien à avoir avec l'audit» et «Sonatrach est contrôlée» comme tout autre entreprise relevant de son secteur par l'inspection générale du ministère. On ne peut donc pas spéculer sur cette affaire tant que l'instruction est en cours, selon lui, en déplorant que la presse se soit déjà prononcée sur leur culpabilité.
Il n’en demeure pas moins que M. Khelil n'est pas convaincu par cette affaire et il n'a reçu aucune instruction du premier magistrat du pays, Abdelaziz Bouteflika, à ce sujet.

Khelil a aussi rappelé l'affaire qui a mis en cause 14 représentants mis sous mandat de dépôt de son secteur que la justice a récemment innocentés dans l'affaire Kherroubi (BCIA).

S'agissant des conséquences éventuelles sur le groupe Sonatrach, sur ses engagements nationaux et internationaux, l'image de l'Algérie et sur l'économie nationale, Khelil s'est contenté de dire : «Sonatrach, ce n'est pas un seul homme et nous avons 1 700 personnes expérimentées pour assurer la relève dans les meilleures conditions possibles», ajoutant que son secteur gère plus de 170 projets dont certains s'évaluent chacun à 10 millions de dollars en soutenant qu'il n'y aura pas de répercussions et l'organisation du GNL 16 ne sera pas affectée.

Enfin, le ministre a estimé que «les gens ont fait leur travail et ont fait preuve de discrétion en enquêtant». Dans sa position, il n'a pas le droit de diligenter une enquête interne vu que l'affaire est en justice. Il est à signaler que le ministre ne donnera aucune autre conférence de presse sur cette affaire et a donné rendez-vous à la presse «dans une année peut-être pour se prononcer encore sur cette affaire».


source : letempsdz.com

fouad-dz
17/01/2010, 19h50
Je cite : " ... Il a ajouté que «dans le cadre de la convention collective, Sonatrach fournira des avocats aux accusés pour procéder à leur défense» " :
Hhallucinant , on se croirait dans un multinationale du crime ! Naivement ,
je croyais que les conventions collectives version UGTA / Algerie portait globalement sur les interets materiels et moraux des honnetes travailleurs , mais non ! meme les voleurs , et les poursuivis pour crimes economiques , ont droit a des AVOCATS GRATIS ( les meilleurs du marché , bien sur ! ) DE LA MAISON QU'ON A DETROUSSEE !!!

Karim28
17/01/2010, 20h12
je croyais que les conventions collectives version UGTA / Algerie portait globalement sur les interets materiels et moraux des honnetes travailleurs , mais non ! meme les voleurs , et les poursuivis pour crimes economiques , ont droit a des AVOCATS GRATIS ( les meilleurs du marché , bien sur ! ) DE LA MAISON QU'ON A DETROUSSEE !!!

1- Toute personne est estimé innocente jusqu'a que le contraire a ete prouvé.

2- Toute personne a le droit a une defense légale.

Et puis soyons un minimum logique, pour qu'une personne soit accusé de vol il faut dabord qu'il y ai jugement et qu'elle puisse se defendre, non?
Sonatrach, comme la pluspart des entreprises dans le monde, offre une aide juridique a ses employés lorsque ceux-ci son accusé par l'Etat ou toute tiers partie. C'est tout a fait normal.
Sonatrach ne peut pas dire on va offrir de l'aide juridique a tel personne mais pas tel personne...si s'etait le cas on ouvre des portes a l'injustice.

milka
17/01/2010, 20h24
Voilà que Chakib Khelil, le faiseur de rois, le maitre à pensée incontesté de l'industrie énergétique et de la libre entreprise qui joue à l'innocent et qui crie au loup aux mains propres mais c'est une partie de ses opposants d'une même équipe qui ont déclenché toute cette affaire qui a permis au grand jour tout ce déballage médiatique qui a défrayé les chroniques des journaux nationaux et étrangers et qui ébranlé tout le microcosme algérois des grosses affaires.
Cette série de scandales et de règlement de compte n'est autre qu'une guerre de succession provoquant des limogeages successifs des têtes pensantes et des gêneurs de tourner en rond.

Ceci n'est pas un moyen pour laver de tout soupçon les responsables de haut niveau de corruption aggravée qui a assombrie la renommée mondiale de Sonatrach auprès des partenaires étrangers car les affaires rapportées par la presse algérienne n'est qu'une partie visible de l'iceberg.
Des sommes faramineuses ont été détournées par des sous-facturations, sur-facturations, transferts illégaux de devises vers les banques étrangères provenant de commissions occultes et de pots de vin et tout ceci avec la complicité avérée au plus haut niveau de l'administration ministérielle.

alessandro
18/01/2010, 05h52
Tu m'étonnes que tu sais pas ce qui se passe, la Sonatrach entretien une classe sociale commerçante parasite.

Ces des centaines de bureaux d'études anonymes de Hydra ou de Londres qui gravitent autour de la Sonatrach qui obtiennent les contrats toujours sans qu'on les vois au grand jour.

La Sonatrach est complètement enchainée à ces intérmédiaires et le PDG fait partie de ce système qui dévore des sommes colossales. Il y a des surfacturations qui vont jusqu'à vingt fois le prix réel et il ne s'agit pas seulement de fournitures de bureau ni de matériel roulant mais de millions de dollars pour le pétrole.

fouad-dz
18/01/2010, 08h01
Citation Karim28
" Sonatrach, comme la pluspart des entreprises dans le monde, offre une aide juridique a ses employés lorsque ceux-ci son accusé par l'Etat ou toute tiers partie. C'est tout a fait normal. "

Comment ca ??? A ma connaissance , c'est tout a fait le contraire , c'est a dire que l'entreprise se constitue partie civile . On parle de malversations commis a l'encontre de cette derniere .
C'est gravement grave pour l'economie nationale ( ou ce qu'il en reste ) que ca soit a travers les conventions collectives , c'est a dire légalement , que des prévenus pour malversations et autres crimes économiques , soient defendues .
NB : Dans ce cas precis , les prevenus n'ont qu'a se defendre par leurs
propres moyens . Dans le cas ou ils sont innocentés , ils n'auront qu'a
reclamer des dommages et interets de la justice , sachant pertinement
que leurs salaires et autes annexes , sont sauvegardés .
Concernant les 2 premiers points , je suis absolument d'accord , mais il est evident que sans la médiatisation des affaires de corruption et autres , la justice ne passera jamais .

chemic19
18/01/2010, 08h27
je suis d'accord avec vous, fouad.
en Algérie on vole l'entreprise (nationale bien sur) ,et on attend que cette entreprise nous défende .c vraiment ridicule.

absente
18/01/2010, 09h06
C'est une guerre des gangs.

samirlechequier
18/01/2010, 09h20
Ce que je trouve hallucinant, ce n'est pas l'aide juridique apportée aux accusés. Financièrement parlant, c'est une goûte d'eau dans l'océan de ce qui a été détourné. Là ou ça devient su surnaturel, c'est lorsque Khalil vient dire qu'il ne sait rien, que tout ce qu'il sait, il l'a appris par la presse!

Ce mec, c'est sans nul doute le ministre le plus influent de ce pays après Zerhouni. C'est celui qui s'occupe de la distribution de la manne pétrolière, celui qui est chargé de la conduite de tout ce qui peut s'apparenter à une matière première brut se trouvent sous terre ou sous mer algérienne, il est l'ancien PDG de Sonatrach de 1999 à 2003, il est celui qui a proposé la nomination de la plupart, si ce n'est la totalité, de ceux qui sont mis en cause aujourd'hui. Avec ce CV fort riche, il aurait tout de même put faire l'effort de se tenir au courant!

Après le "j'ai manqué d'intelligence" de Medelci au procès Khalifa, ce " je ne sais rien" de Khalil sonne comme un "dez maahoum" érigé en mode de gouvernance et de communication.

Cookies