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nacer-eddine06
19/01/2010, 13h44
Comment le pouvoir de Bouteflika en est-il venu à être le plus corrompu depuis l’indépendance ?
L’Algérie de Bouteflika croule sous les scandales et se trouve classée aujourd’hui parmi les autocraties les plus corrompues de la planète (lire article de Mebtoul). L’opinion internationale, par cette distinction qui le console du Nobel, l’a ainsi récompensé pour l’ensemble de son œuvre : l’opacité de sa gouvernance, la rapine, l’assassinat des jeunes de Kabylie, le musellement des libertés, la manipulation de la justice, le harcèlement de la presse et des syndicats libres…
Comment en est-on arrivé là ?
La réponse est dans la transformation de l’Algérie en territoire privé par Bouteflika depuis dix ans. Sans contre-pouvoir, sans contrôle par le peuple, fût-il relatif. Un régime illégitime et clanique à l’image des dictatures arabes : une propriété privée hermétique où le pouvoir absolu est sans limites et où l’autoritarisme se présente à l’état pur. Une monarchie archaïque sur le modèle de l’Irak, de la Libye, de la Syrie, de l’Égypte ou de la Tunisie, avec un roi roturier et éternel que personne n’a choisi et qui règne par une dictature de la pire espèce, par l’incurie, la gabegie, l’incompétence et le désordre destructeur .
En Joumloukia d’Algérie, version Bouteflika, la corruption se développe d’autant plus facilement que le champ politique est fermé par l’autoritarisme, l’opacité et l’impunité. Seule une république moderne, où l’on ne compte ni sur les sermons ni sur la répression, mais sur des institutions assurant le rôle de garde-fous, sur les libertés, notamment celle de la presse, l’indépendance de la justice, la remise régulière en jeu de tous les mandats, y compris de la fonction suprême, seule une république moderne autorise la mise en œuvre de techniques pour combattre les « rois corrupteurs » quel que soit leur masque.
On y garde le cap à force d’ajustements continuels. Dans une république moderne, on passe régulièrement la tondeuse sur la champ politique où poussent en continu les plantes Bouricha.
Cette Algérie championne de la corruption, c’est l’œuvre de Bouteflika. C’est son choix.
Bouteflika n’est pas dans la lignée de Jefferson, Kennedy ou de Gaulle, fils de l’alternance démocratique, celle que prescrivait Tocqueville, il y a deux siècles déjà, préconisant que « le plus grand soin d'un bon gouvernement devrait être d'habituer peu à peu les peuples à se passer de lui ». Bouteflika est dans une filiation beaucoup moins prestigieuse : celle de Saddam Hussein, Khadafi, Hafedh El-Assad ou Ben Ali : une créature du despotisme arabe qui compte persuader le peuple de ne pas se passer de lui. Il a tout de ces tyrans pittoresques et cyniques : comme eux, c’est un homme d’origine fruste, un peu rustaud, un peu godiche, qui se voit pris par le vertige de la toute puissance absolue qui s’offre soudain à lui. Un parvenu qui se voit en monarque archaïque ; un fier-à-bras, à l’image de tous les autres, qui tient en otage un pays, maquillé en fausse république, et qui ne compte pas le lâcher.
Comme eux, il voit grand et veut aller vite en besogne pour inscrire son nom dans l’Histoire.
Comme eux, il n’a pas de contre-pouvoir et ne permettra à aucun de se mettre en place. Comme eux, il veille à l’abolition de toutes les libertés publiques et privées, au règne de la corruption et usera de la répression, c’est-à-dire aux marqueurs universels de la gestion mafieuse de la chose publique.
Alors vont en profiter les « amis » du président.

L.M
le m atin

nacer-eddine06
19/01/2010, 13h45
L’ancien président de l’Assemblée nationale, Amar Saâdani, est entendu par un juge de Djelfa pour avoir détourné des fonds publics, pendant qu’il était au perchoir, à l’aide de sociétés écrans ! Il ne lui arrivera rien. Saâdani a milité pour un troisième mandat pour Bouteflika. Sa société écran s’appelle Al Karama, allusion à la formule du Président Bouteflika !
Il fait partie des « amis » du président.
Ils sont, comme ça, des dizaines, cités par la justice ou par l’Inspection générale des finances, c’est à dire son frère, son chef de cabinet, son responsable du protocole, l’ancien président de l’Assemblée nationale Saâdani, les ministres Chekib Khelil, Belaïz et Toumi, le syndicaliste du pouvoir Sidi Saïd, le wali Bouricha, et quelques dizaines d'autres, tous « épargnés » par le simple fait qu'il soit une relation de Bouteflika. Qui peut douter de la probité d'une relation du président Bouteflika ?
« Toutes les affaires de corruption révélées ont un point commun : l’impunité », nous dit El-Watan. L’un des exemples les plus édifiants est celui de l’actuel ministre de la Santé, soupçonné d’avoir détourné des aides destinées aux agriculteurs. L’homme de Bouteflika, Saïd Barkat, « a saisi sa position de ministre de l’Agriculture et de son amitié avec le Président pour se servir et servir son entourage. Pour preuve, il a détourné 70% des aides agricoles destinées aux 14 wilayas du Sud au seul profit de la wilaya de Biskra », écrit l’hebdomadaire El Khabar hebdo.
Le journal arabophone a également évoqué l’affaire de l’achat de matériel agricole défectueux, d’une valeur de 1000 milliards de centimes, auprès d’une société espagnole appartenant à l’ex-Premier ministre ibérique, José Maria Aznar. « La procédure d’achat du matériel n’a pas été respectée puisqu’il n’a pas été soumis à un avis d’appel d’offres national et international, tel que le prévoit la réglementation », souligne El Khabar hebdo. Saïd Barkat s’est dit « victime » d’une campagne qui vise à le faire partir du gouvernement. Même si la liste des affaires dans lesquelles est impliqué l’ancien ministre de l’Agriculture paraît encore longue, l’homme est toujours au gouvernement.
Il en est de même pour le scandale qui a éclaboussé le secteur de la pêche et a mis le clan de Bouguerra Soltani sur la paille. En octobre dernier, le tribunal de Annaba a eu à juger une affaire de trafic de thon rouge dans les eaux algériennes. Le secrétaire général du ministère de la Pêche, d’obédience MSP, a ainsi été inculpé aux côtés du directeur central de la pêche, de deux armateurs algériens et six turcs. La presse a révélé, par ailleurs, de nombreux dysfonctionnements dans des contrats de pêche au thon, dans les eaux algériennes, conclus avec des sociétés chinoises lorsque Bouguerra Soltani était secrétaire d’Etat à la Pêche de 1996 à 1998.
Mais l’affaire qui a été le mieux étouffée est celle de Brown Roots et Condor (BRC). Dans ce dossier traitant de passation frauduleuse de marchés (de gré à gré), Sonatrach aurait confié à cette société 27 projets d’un montant global de 63 milliards de dinars. Le recours de Sonatrach à BRC, malgré les surfacturations exorbitantes, était motivé, selon le PDG actuellement sous mandat de dépôt, par la « précipitation ». « Ce mode de passation de gré à gré a été expressément autorisé sous forme de décisions d’accord prises par le PDG sous le sceau de l’urgence, alors que la nature de ces projets ne le justifiait pas », commentent les rédacteurs du rapport de l’Inspection générale des finances (IGF). D’aucuns pensaient que cette affaire devait signer la mort de la carrière de Chakib Khelil. Il n’en fut rien. La société algéro-américaine a été précipitamment dissoute et plus personne n’aborde ce sujet.
Le symbole de la personnalité corrompue proche du président et protégée par ce dernier, s’appelle Mohamed Bouricha, wali de Blida, proche de la famille Bouteflika. Confondu au début de l’année 2005 de corruption, de dilapidation de deniers publics, d’usage de fonds étatiques à des fins personnelles, de trafic de terres agricoles et d’abus de pouvoir, ce préfet bien spécial a joui d’une incroyable impunité pour des délits impardonnables et avérés. Le préfet Bouricha « revendait » pour son compte des terres agricoles appartenant à l’Etat et traitait de manière frauduleuse avec quatre hommes d’affaires qu’il faisait bénéficier de terrains et de marchés douteux en contrepartie de commissions en espèces et en nature. Il a notamment fait acheter par l’hôpital psychiatrique de Blida, et par cinq communes relevant de son territoire, des marchandises surfacturées par son complice Boukrid, un trafiquant de voitures qui, en retour, l’a gratifié de généreuses ristournes. La gendarmerie a établi que Boukrid s’adonnait à la contrebande de voitures avec le propre fils du wali qui, bien entendu, agissait sous la couverture de papa. Avec son autre acolyte El-Hadj, un promoteur immobilier, Mohamed Bouricha a passé un marché encore plus juteux : l’octroi d’un terrain de l'Etat, incessible, en échange de deux somptueuses villas à Alger et d’une limousine au volant de laquelle le très fantasque préfet avait même l’impudence de s’afficher publiquement ! Bouricha avait aussi, selon les journaux, bénéficié d’une maison à Paris offerte par un riche industriel à qui il aurait facilité l’acquisition d’une usine textile. Bref, ce fut un préfet très débrouillard et très riche qui fut démis de ses fonctions en mai 2005, placé sous contrôle judiciaire un an plus tard mais jamais incarcéré. Son fils, après un court séjour en prison, fut libéré en catimini, sans jamais avoir été jugé. Pour des délits dix fois moins graves, les Algériens anonymes ont passé cinq années d’enfermement !
C’est que Bouricha, originaire de Tlemcen, c'est-à-dire de la région chérie par la famille Bouteflika, fait partie du clan des intouchables. A ce titre, il a d’ailleurs mené une hystérique campagne pour le président-candidat aux élections de 2004 et n’a jamais manqué de lui manifester son allégeance. On comprend, alors, que la taule ne soit pas faite pour les amis.
En Joumloukia de Bouteflika, les Bouricha resteront une plante vénéneuse mais protégée qui ne s’épanouit que dans le silence de l’obscurité. C’est un phénomène incontrôlable, fatal, connu depuis toujours. Depuis Gustave Le Bon qui, en une vie centenaire, a beaucoup réfléchi sur les déséquilibres du monde mais aussi sur la civilisation des Arabes : « Un dictateur n'est qu'une fiction. Son pouvoir se dissémine en réalité entre de nombreux sous-dictateurs anonymes et irresponsables dont la tyrannie et la corruption deviennent bientôt insupportables.»

L.M.

nacer-eddine06
19/01/2010, 13h46
Diable ! La république des clans ne partage-t-elle pas avec les jésuites la vertu de ne jamais abandonner ni leurs ennemis ni leurs amis ? On n’a pas reproché à ces courtisans ripoux d’avoir falsifié, truqué ou manigancé. Les acolytes étaient liés au pouvoir par un pacte tacite : en contrepartie du rôle d’exécuteurs de la tyrannie, ils bénéficiaient du droit implicite de monnayer leur activité. On a leur a toujours accordé ce privilège de pouvoir abuser, soit pour le compte d’inavouables raisons d’État soit, à des dimensions plus modestes, pour leur propre compte.
Alors, pourquoi avoir sacrifié ces "amis" et laissé éclater les scandales Sonatrach et Autoroute ? C’est toute la tragédie de l’Algérie de Bouteflika, monarchie tellement corrompue qu’elle cesse d’être un État pour devenir une cour, puis une cour elle-même dépassée. Son pouvoir se dissémine en réalité entre de nombreux trafiquants anonymes dont la tyrannie et la corruption deviennent bientôt insupportables pour l’équilibre du pouvoir.
Dans cette situation, les « amis » ne comptent plus. On s’en débarrasse. L’essentiel et de « sauver la tête du roi ». Lui, n’a rien à voir dans tout cela. Mieux : il cherche la vérité. Ainsi des journaux proches de la Présidence (Echourouk et Le Temps) nous apprennent-ils que « sur ordre du président », l’enquête sur Sonatrach sera élargie à toutes les transactions touchant les hydrocarbures et les activités conjointes qui sont le plus gros secteur de pots-de-vin et de dilapidation, surtout dans le Sud, espace privilégié du passe-temps des entreprises étrangères qui bénéficient du silence complice des cadres de Sonatrach.
On apprend même par Le Temps que « Abdelaziz Bouteflika s'attaque à la corruption dans le secteur agricole » et que les directions des services agricoles ont été destinataires d'une instruction présidentielle relative à la lutte contre la corruption ».
Cela est dit très sérieusement, au moment où l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amar Saâdani, qui a trafiqué sur la steppe, et Mohamed Bouricha, wali de Blida, proche de la famille Bouteflika, poursuivi pour trafic de terres agricoles appartenant à l’Etat qu’il « revendait » pour son compte, sont toujours en liberté et coulent des jours tranquilles.
Pour masquer ces scandales des « amis », on va lancer une « opération mais propres » dans le secteur public. On parle ainsi du groupe pharmaceutique Saidal, dont le directeur général, Rachid Zaouani, a été relevé de ses fonctions, le 15 novembre dernier. Ou encore l’affaire de l’ex-P-DG de la cimenterie de Chlef condamné à deux ans de prison ferme pour «abus de pouvoir» après plainte du syndicat de cette entreprise.
Les gestionnaires publics redoutent le spectre d’une campagne «mains propres» dont l’ampleur rappelle singulièrement celle du milieu des années 1990. Une campagne qui ne tardera pas à toucher, selon certaines informations, le deuxième grand groupe du secteur de l’énergie, à savoir la Sonelgaz. Selon le quotidien électronique «Tout sur l’Algérie», l’opération «mains propres» touchera la Sonelgaz, visée par une enquête des services de sécurité. Cette source précise qu’une information judiciaire a été ouverte pour déterminer les responsabilités de hauts cadres du groupe dans l’attribution de contrats dans le domaine des canalisations.
Tout est question de bizutage…
L.M.

nacer-eddine06
19/01/2010, 17h56
Cet héritage n'a pas été perdu pour tout le monde !
Au sixième étage d'une luxueuse résidence de l'avenue Montaigne, à deux pas de l'immeuble de l'ancien Premier ministre libanais Amine Gemayel, se trouve le superbe loft de Djillali Mehri, ce milliardaire algérien grand intermédiaire entre Paris et Alger. Sur les murs de son appartement, des photos encadrées le montrent en compagnie des grands de ce monde, Djillali Mehri pose aussi bien avec le président de la République François Mitterrand, qu'avec le maire de Paris, Jacque Chirac, ou le rois du Maroc, Hassan II. On le surprend en compagnie de Cheikh Abbas, l'ancien recteur algérien de la Mosqué de Paris, à laquelle, grand seigneur, notre homme offrait en 1985 de superbes fontaines.

Vieille famille marchande de Metlili, une bourgade toute proche d'El Oued dans le Sud algérien, les Mehri faisaient commerce de thé, de sucre et de tissus avec les nomades. Le clan fut toujours au mieu avec les puissants, comme le montre une autre photos accrochées avenue Montaigne : on y voit le propre père de l'homme d'affaire en grande discussion avec Max Lejeune, alors ministre SFIO du Sahara sous la IVe République. Chaque jour, en milieu d'après-midi, les Mehri prenaient le thé. "Jobéissais à son regard", se plaît à raconter le fils, des années plus tard. En France, où il réside depuis vingt ans, Djillali Mehri est surtout connu pour le rachat de Chaffoteaux et Maury en février 1985. Leader européen du chauffe-eau à gaz, l'entreprise présentait un lourd passif de 325 millions de francs. La légende a été savamment cultivée : Mehri aurait appris sur le chemin de La Mecque que Chaffoteaux était en vente. La grâce est pourtant de courte durée. En 1989, Mehri revend l'affaire, après un plan de licenciements et avec une forte plus-value : "A l'impossible, déclare-t-il alors, nul n'est tenu." Entre temps, cet Algérien s'est construit une image de milliardaire au grand coeur, dénonçant toutes les formes de racisme et plaidant pour l'intégration de ses compatriotes moins nantis.

Plus qu'un industriel Mehri est un de ces intermédiaires qui constituent la partie visible de cet iceberg qu'est le monde obscur des affaires se traitant entre la nomenklatura algérienne et ses interlocuteurs français. "Un négociant international", corrige-t-il. Tout l'intéresse. Au point qu'en 1986 cet homme d'affaires tente, sans succès, de prendre une participation de 20% dans les chaînes de télévisions française, TF1 ou la Cinq. Ses intérêts sont regroupés au sein du GIMMO (Groupe d'investisseurs du Maghreb et du Moyen-Orient), qui passa longtemps pour être le faux nez de la famille du président Chadli. Pour plus de sécurité, les fonds transiteraient, d'après le journal Jeune Afrique, par l'intermédiaire de Gem Petroleum et de Spiralstream, des sociétés financières du groupe basées au Luxembourg.

Comme beaucoup de dignitaires de son pays, Djillali Mehri a surtout investi dans l'immobilier. Mehri vit sur un grand pied. On se bouscule aux receptions qu'il donne dans sa superbe propriété de la région parisienne : deux villas de maître, des dépendances, cent dix hectares, une piscine olympique, des tennis, un héliport. Une vingtaine d'employés participent à l'entretien de cette somptueuse résidence. Le majordome de cette belle demeure fut longtemps Bernhardt Brinkmann, ancien officier de la Wehrmacht. La propriété est bien gardée. Djillali Mehri y reçoit aussi bien le roi Fayçal d'Arabie que Valéry Giscard d'Estaing. Homme de bonne compagnie, Mehri est propriétaire d'une galerie de peinture, rue de Lisbonne. L'orientaliste Etienne Dinet, qui a donné son nom à ce haut lieu de l'art parisien, fut le peintre officiel sous l'ère du président Chadli. Mehri lui consacre une rétrospective et un livre. D'où vient son joli patrimoine ? A l'entendre, sa force de travail aurait suffi à construire sa coquette fortune : "Je ne suis pas un intermédiaire mais un homme d'affaires international : nous sommes commerçants de père en fils, je n'ai jamais cessé de travailler depuis l'âge de seize ans." L'affaire est pourtant plus complexe.

Débutant à El Oued qui fut une région de contrebande avec la Tunisie, Mehri voit déjà grand, vendant des Renaults Dauphine, des réfrigérateurs et des primes d'assurance. Montant à Alger dès 1960 sans même le certificat d'études, Djillali Mehri rachète des pneus à l'armée française pour les revendre à la Libye, partenaire fidèle et constant de ses réseaux d'affaires. Avant l'indépendance, Mehri traite avec les Juifs algériens de la rue de la Lyre qui contrôlent traditionnellement une partie des exportations vers Paris. Depuis toujours, ces familles séfarades jouent un rôle considérable dans le commerce extérieur algérien. A la fin du XVIIIe siècle, les familles Bacri et Bouchenak se spécialisèrent déjà dans l'import-export de grains, ravitallèrent les armées françaises pour les campagnes d'Egypte et d'Italie et devinrent une vraie puissance économique.

Les chambres de commerces françaises eurent souvent à se plaindre de cette concurrence féroce. A l'époque, le grand Joseph Bacri eut le plus grand mal à se faire rembourser par l'Etat français. Talleyrand lui-même fut son soutien le plus fidèle. Installés en France après l'indépendance, les Juifs d'Alger continuent leurs affaires avec l'Algérie, notamment la Compagnie algérienne de minoterie (CAM) dirigée par Prosper Amouyal qui continue à exporter vers l'Algérie beaucoup de blé et de semoule importés. Mehri servit d'intermédiaires à ces anciens grossistes séfarades et à quelques autres. Aux premières années de l'indépendance, cet homme entreprenant travaille avec Slimane Offman, un cacique du FLN, et avec Draya, le redoutable chef de la police sous Boumediene, et rachète les magasins du Bon Marché à Alger. Grâce à ses nouvelles relations, Mehri obtient de l'Etat algérien deux ateliers de bateaux en gérance, lance les premiers réfrigérateurs à pétrole "Kelvinator", monte une industrie de jute en Oranie, rénove le Royal Hôtel d'Oran, puis acquiert une librairie en plein centre d'Alger, La Croix du Sud, où l'on trouvera des livres pro-islamistes après les élections municipales de 1990 lorsque les fous d'Allah ont le vent en poupe. Avec ces premiers succès, Mehri révèle un vrai talent de commerçant.

nacer-eddine06
19/01/2010, 17h58
L'horizon algérien ne suffit plus à Djillali Mehri qui "monte" à Paris au début des années 70. C'est là que se négocient en effet beaucoup des gros marchés d'import-export qui approvisionnent l'Algérie sur la plupart des marchés vitaux. Longtemps, la France fut le seul vrai interlocuteur du commerce extérieur algérien. Avec la signature du contrat sur le gazoduc Transmed entre l'Algérie et l'Italie, via le cap Bar en Tunisie, Rome entre en force, à la fin des années 80, sur ce marché algérien. Le montant de ces contrats est considérable. L'Algérie d'aujourd'hui ne produit pas plus sur le plan agricole qu'au moment de l'indépendance et importe plus de 70% de sa consommation alimentaire. Or, de rapides et solides fortunes se bâtissent grâce aux commissions obtenues sur ces contrats d'importations. La dénonciation à Alger de "la maffia politico-financière" ne relève pas de la seule rhétorique. Au coeur de l'impasse algérienne, la corruption discrédite tout sens de l'effort.

L'Algérie est loin d'être le seul pays à être touché par cette gangrène. Mais l'affaire a pris des proportions plus grandes qu'ailleurs : l'importance de la manne pétrolière a augmenté les tentations. Le monopole étatique du commerce extérieur a facilité la mainmise sur les marchés par une poignée de dignitaires algériens. La dépendance vis-à-vis de l'ancienne métropole a simplifié les contacts avec les fournisseurs français qui ont, autant que les Algériens, trempé dans ces arrangements. La distribution des commissions a toujours été réglée au plus haut niveau. Déjà, pendant la guerre d'Algérie, Abdelhafidh Boussouf, le chef omnipotent du MALG (ministère de l'Armement et des Liaisons générales) régnait sur cette manne. Son contrôle se poursuit officiellement après l'indépendance. Les fonctionnaires de la toute-puissante Sécurité militaire algérienne participent bel et bien, au titre "de la prévention et de la sécurité préventive" (PSP), aux commissions gouvernementales qui désignent les bénéficiaires étrangers de ces gros marchés d'importation. Simple courtier en assurances, mais en fait homme de confiance de Boumediene et fondateur de ce qui est devenu la Sécurité militaire, Boussouf possède des fiches sur les principaux dignitaires du régime et surveille la distribution des prébendes

D'autres hommes du MALG, en Suisse ou à Paris, se reconvertissent dans les affaires. "On ne peut récolter le miel sans y avoir trempé le doigt", avait même l'habitude de dire le très austère colonel Boumediene qui exerçait une vraie régulation politique sur l'attribution de ces commissions. A sa mort, en 1979, commence l'ère Chadli qui autorise la généralisation de ces rentes. Avec un baril à 40 dollars jusqu'en 1985-1986, époque de la chute brutale des cours, les marchés d'importation sont particulièrement juteux. Les années 80 sont celles des Programmes antipénurie (PAP) et de la multiplication des marchés. Encore faut-il, à Paris, des intermédiaires pour négocier les commissions avec les fournisseurs français pour le compte de l'Algérie. Pour Djillali Mehri, au mieux avec Abdellaziz Khellaf, successivement ministre du Commerce puis ministre de l'Economie et des Finances, originaire lui aussi d'El Oued, le cahier des charges est simple : inspirer confiance, séduire les Occidentaux et négocier les contrats à Paris. Inimitable, le numéro de Djillali Mehri sur l'ouverture de l'Algérie vers l'extérieur, l'économie de marché, le code d'investissement. Apparemment ça marche : "Mehri a une vraie capacité d'accès, il est bien introduit en Arabie Saoudite, connaît bien Kadhafi, il connaît tout le monde." Le compliment vient d'un connaisseur, Gille Ménage, l'ancien directeur de cabinet de François Mitterrand, devenu le président d'EDF.

En Algérie, l'habile marchand sait rester au mieux avec les régimes successifs : dès l'indépendance, Mehri répare le bateau offert par l'Egyptien Nasser à Ahmed Ben Bella, le premier président algérien. Ses liens ont toujours été très forts avec Bouteflika, le ministre des Affaires étrangères de Boumediene qui fut pressenti, fin janvier 1994, pour la présidence algérienne. La montée des islamistes ne le laisse pas plus désemparé : candidat à El Oued comme indépendant, appuyé par le mouvement Hamas, le second parti islamiste algérien dirigé par le cheikh Nahnah, Mehri, cet ami de la Grande Mosquée de Paris, offre trois cents pèlerinages à La Mecque à ses électeurs et mène une vraie campagne à l'américaine : posters, auto-collants...Toujours suspicieux, l'ancien président Boumediene s'était posé des questions sur la fortune de Mehri, lorqu'il visita son domaine d'El Oued. De quoi en effet s'interroger : ce véritable palais des mille et une nuits est construit sur des dunes aplanies ; la bâtisse blanche est surmontée d'une coupole centrale et d'une quinzaine d'autres argentées ; des palmiers innombrables cernent les bâtiments pour les chasses géantes au sanglier qui y sont organisées. Quand les jets d'eau marchent chez Djillali Mehri, dit-on en Algérie, la ville d'El Oued, toute proche, n'a plus d'eau.

Pour le mariage d'une de ses filles avec Djanan Hoceini, fils d'un conseiller financier du roi Fahd, la cérémonie à El Oued fut même filmée par hélicoptère. Les cassettes ont été distribuées à Alger. Une vraie légende court sur Mehri, seigneur du désert qui finança longtemps l'équipe algérienne de football.

Nicolas Beau
source extraits "Paris, Capitale, Arabe"

nacer-eddine06
19/01/2010, 18h03
Le 28 mai 2009 par Marion Deye
Après Lalique il y a six mois, le milliardaire franco-algérien vient d'acquérir la cristallerie Daum. Un rachat qui confirme ses ambitions dans un secteur en difficulté.
Pour faire des affaires en 2009, certains croient encore à la force du bon goût. Prosper Amouyal est de ceux-là. Pas de passion pour les nouvelles technologies chez le dirigeant de la Financière Saint-Germain (FSG), mais plutôt un penchant marqué pour la fine porcelaine et le cristal.
A bientôt 74 ans, l'homme d'affaires franco-algérien, qui a bâti sa fortune dans l'immobilier et l'import-export, vient de racheter la cristallerie Daum, basée à Vannes-le-Châtel (Meurthe-et-Moselle). Une acquisition qui complète un groupe de luxe et des arts de la table mis sur pied depuis 2004 et qui pèse désormais 100 millions d'euros, pour un effectif d'environ 1 000 personnes.
L'aventure débute il y a cinq ans avec le rachat, à la barre du tribunal de commerce de Limoges, du porcelainier Haviland. Pour ce natif du Sahara algérien, proche d'Abdelaziz Bouteflika, cette opportunité a des allures de madeleine de Proust. Haviland lui rappelle le service en porcelaine familial. En 2005, il s'offre la Cristallerie royale de Champagne pour un euro symbolique, puis l'orfèvre toulousain Felix. En septembre 2008, la FSG s'invite au capital de Lalique à un prix deux fois moins élevé que celui payé par le suisse Art et Fragrance six mois plus tôt. Malgré la crise que traversent les arts de la table depuis plusieurs années, le dirigeant projette d'autres acquisitions : « Il faut pouvoir proposer une offre complète dans ce secteur. Si Dior ou LVMH (http://www.usinenouvelle.com/lvmh/) s'étaient cantonnés à la haute couture, ils auraient mis la clé sous la porte », assure-t-il.
Son projet industriel est-il viable à terme ? Les syndicats de Daum semblent le croire. Ils ont voté à l'unanimité pour l'offre de reprise de la FSG. Pour les convaincre, Prosper Amouyal a su insister sur les rénovations industrielles qu'il a menées chez Haviland ou à la Cristallerie royale - dont sa fille Myriam Pariente assure la direction artistique. Le site de Lalique, à Wingen-sur-Moder (Bas-Rhin), devrait ainsi bénéficier d'un investissement de 8 millions d'euros en 2009.
La Financière Saint-Germain a aussi commencé à structurer son pôle luxe, notamment du côté des achats. « La centralisation des besoins en gaz de nos différentes entités industrielles a déjà permis de réduire notre facture de 15 à 20 %, rappelle l'homme d'affaires. La rentabilité commence par là. »
Prosper Amouyal compte aussi sur la mise en place de son réseau de distribution pour écouler les produits de son nouvel empire. Une première boutique a ouvert il y a deux mois à Londres, une autre doit être inaugurée en octobre à New York. L'Europe, l'Asie et le Moyen-Orient doivent suivre. Le tour de l'Algérie viendra peut-être un jour...

nacer-eddine06
19/01/2010, 18h13
http://www.algerie-dz.com/forums/international/16989-un-nouveau-repreneur-potentiel-surgit-homme-daffaires-franco-algerien.html

nacer-eddine06
20/01/2010, 15h33
Durant l’été 2003, la presse [22] publie des dossiers accablants de spoliations par les plus hauts sphères de l’État. Le ministère des Affaire étrangères a été dépouillé de son patrimoine foncier, Abdelaziz Bouteflika se taillant un part de lion avec, parmi « quatre villas, plusieurs appartements et des immeubles appartenant à la Présidence », la villa Ali-Chérif de 9000 m2, boulevard Mohamed Bouagara. Achetée en 1991 à 20 DA (soit 0,20 €) le m2, sa valeur est aujourd’hui estimée à 5 millions d’euros. Autres bénéficiaires de ce dépeçage méthodique, Ahmed Ouyahia (a acheté au dinar symbolique une villa cédée par l’ambassade de Yougoslavie), Ahmed Attaf (une villa près de l’ambassade des USA qui a coûté 5 milliards de centimes à l’État), Ahmed-Taleb Ibrahimi et nombre d’autres « personnalités », les cessions se faisant souvent « sur interventions personnelles de Larbi Belkheir, sur simple coup de téléphone, et Mohamed Betchine. » Ces spoliations ont, comme chaque fois, une cascade d’incidences fâcheuses : en reprenant ces résidences des mains des missions diplomatiques étrangères, les ambassades d’Algérie dans les pays correspondants sont maintenant obligées de louer à prix d’or les locaux qu’elles occupaient jadis gracieusement. L’opposition assiste à cette razzia dans une quasi-indifférence. Ahmed Ouyahia, chef du RND, quant à lui « ne demande pas seulement la vente des terres, mais plus encore, il milite pour leur privatisation [23] »... Bouteflika le nomme derechef Premier ministre ! Razzia sur les ressources naturelles Sonatrach incarne la dernière présence algérienne dans le Sahara. Quelque contrôlée que soit cette société, son personnel algérien constitue un témoin gênant contre les spoliations à grande échelle qui s’y déroulent. Un témoin dont les dirigeants algériens n’ont eu de cesse de vouloir se débarrasser. En plaçant un malade en phase terminale de cancer comme PDG de Sonatrach, le ministre de l’Énergie et des mines Chakib Khelil garde la mainmise sur cette société, vouée selon lui à la privatisation, et préside à son démembrement. Tandis qu’il prépare les textes et travaille au corps l’APN pour faire adopter une loi sur les hydrocarbures, Nouredine Boukrouh, ministre de la Participation et de la coordination des réformes, assure la pédagogie du dossier : « Les Algériens, dit-il, interprètent mal la notion de privatisation et croient qu’elle est le contraire de la nationalisation. Il faut la démystifier et la désacraliser. Ce n’est qu’une modalité et non un idéal. Il faut également bannir les attitudes frileuses et éviter les prismes idéologiques. [...] La privatisation est la seule voie possible. L’État ne peut plus supporter les lourdes charges liées à l’assainissement des entreprises déficitaires [24] ». Cette société qui doit dégager des bénéfices colossaux serait donc simplement... déficitaire. Mais, à y regarder de près, on constate que le « déficit » de Sonatrach est inscrit dans le cahier des charges de ses dirigeants, qui s’évertuent à la ruiner, au bénéfice de sociétés privées, telle Brown Root&Condor (BRC, filiale du groupe Haliburton, anciennement dirigé par Dick Cheyney), qui croule sous les contrats tous plus douteux les uns que les autres, après avoir « fait faillite à travers plusieurs pays. Elle s’est installée [...] avec la bénédiction de Chakib Khelil, qui lui a offert le premier contrat, avec une participation de Sonatrach à 50 %, pour financer un projet de construction de logements Cnep qui n’a pas jusqu’à aujourd’hui vu le jour. » Parmi les innombrables arnaques où la Sonatrach est chargée en bout de course de régler la facture, celle de « deux tourelles construites par l’entrepreneur Chabani, ami de Belkheir, en difficulté de paiement, [qui] a offert de les vendre. »Desopérateurs,tellela CAAR à 250 milliards de centimes, ont refusé le prix fixé par Chabani ; elles seront finalement acquises le double par Sonatrach, transaction opérée avec Chakib Khelil, dans l’illégalité la plus absolue. « Achetées en l’état à 420 000 DA le m2, elles nécessiteront 320 000 DA le m2 pour leur finition (contrat confié à BRC, évidemment), pour un coût total de 740 000 DA le m2, soit plus de dix fois le prix réel. [25] » « BRC a pu intervenir sur le projet d’Aïn-Oussera puis à construire, pour le ministère de la Défense, deux hôpitaux militaires à Oran et à Constantine, ainsi que deux ensembles sportifs et des logements. » C’est aussi BRC qui réalise l’extension de la piste de l’aéroport de Tamanrasset pour permettre l’atterrissage de gros porteurs américains [26]. Spécialisée dans l’engineering, BRC est rapidement devenue en Algérie une société qui fait tout : pétrole, béton, transport aérien, services... Et si BRC peut saigner à ce point la Sonatrach, c’est qu’elle sait redistribuer ses prébendes : « BRC, c’est une poule aux œufs d’or autour de laquelle tourne beaucoup de monde : les amis de Chakib Khelil, bien sûr, le clan du président [Bouteflika], évidemment, mais aussi une société aérienne privée [Aigle Azur], des dirigeants de l’UGTA, d’honorables responsables militaires, des pontes du FLN, le fils de Zerhouni, des ministres. [...] Moumène Ould-Kaddour [patron de BRC] mène une vie de Pacha, [...] et passe ses soirées et ses week-ends au Sheraton [...], en famille avec Chakib Khelil et Réda Hemche », directeur de la cellule sponsoring de Sonatrach et consultant à la BRC. Les factures du Sheraton seraient effrayantes, « mais c’est Sonatrach qui paye [27] ». Le budget sponsoring de Sonatrach est colossal. S’il sert pour l’essentiel à payer les factures laissées par les ministres dans les hôtels de luxe parisiens, à seconder le groupe Khalifa pour arroser les médias français et le monde du show-business dans le cadre de l’Année de l’Algérie en France, etc., les journaux algériens ne sont pas délaissés. Et lorsque Sonatrach y achète à répétition des doubles pages [28] , c’est pour vanter les mérites... de la loi sur les hydrocarbures ! Les arguments de Chakib Khelil sont entendus : « préserver l’intérêt de la nation [29] », jurera-t-il : « Le seul objectif sera de créer de la richesse pour la collectivité nationale dont l’État est l’émanation, et il n’est question ni de privatisation, ni de restructuration, ni de démembrement de Sonatrach dans la nouvelle loi des hydrocarbures. Non seulement les acquis des travailleurs seront maintenus, mais nous travaillons toujours à améliorer leurs conditions de travail et à créer de nouveaux postes de travail. Je demande à tous les travailleurs, chacun à son poste, de redoubler d’effort et de m’aider à atteindre cet objectif pour le bien-être de tous les citoyens de notre cher pays. »
En guise de bien-être, il y a, selon Inès Chahinez, celui de « Chakib Khelil et Réda Hemche par exemple, [occupés à] dilapider 10 milliards par mois en pots-de-vin politiques ; ou, plus grossier mais plus gracieux, comme Khalida Toumi qui distribue individuellement aux artistes des chèques de 500 000 dinars » pour en faire des VRP de Bouteflika. Les arguments faussement « nationalistes » de Chakib Khelil ne bernent personne, pas même Abdelmadjid Sidi-Saïd, le chef de l’UGTA, qui, devant l’énormité du sacrifice à bénir, se braque en déclarant que « la démarche entreprise par les autorités du pays, afin de confier la gestion du secteur des hydrocarbures aux multinationales étrangères, est dictée exclusivement de l’étranger ». Il décrit « la tentative de vendre les richesses pétrolières du pays comme un acte de haute trahison envers la nation » et affirme que « si nous sommes dans cette situation, c’est parce que nos gouvernants son vendus [30] ». Démagogie ? Lors de son passage à Alger, fin 2002, le Secrétaire d’État américain au Commerce, Marc Bodman s’est autorisé de dire : « Il faut que cette loi [sur les hydrocarbures] soit adoptée ». Face à la fronde, Chakib Khelil fait mine de renoncer au projet, pour mieux revenir à la charge en septembre 2004, une fois Bouteflika réélu, et constater « qu’il n’est pas normal, du point de vue économique, de continuer d’obliger le groupe Sonatrach à s’occuper de projets qu’il estime non rentables comme le transport par canalisations. [31] » On voit mal ce qui, « du point de vue économique », peut pousser des investisseurs privés à reprendre à la Sonatrach ces projets « non rentables », sinon pour ôter aux Algériens tout moyen de contrôle sur les volumes « transportés ». Bref, que cela passe par la cannibalisation du marché de l’importation, par le pillage des banques, par l’accaparement de la rente pétrolière, par la spoliation des domaines publics, par la dilapidation des biens et des entreprises publiques ou par quelque activité lucrative que ce soit, seule la loi du milieu compte et les bénéficiaires se recensent parmi un noyau dur aux effectifs réduits : Larbi Belkheir, Toufik Mediene, Smaïn Lamari, disposant d’un vivier inépuisable de prête-noms, secondés par des hommes dénués de scrupules, qu’ils aient pour nom Bouteflika, Khelil, Benachenhou, Ouyahia, Barkat, Temmar, Zerhouni, Tounsi, ou autre, pour concrétiser sous couvert des institutions les pires prédations...
Tels sont les principaux « partenaires » algériens du « partenariat d’exception » que projette Jacques Chirac avec l’Algérie. Un partenariat avec la micro-colonie du Club des pins, un État malfaisant, qui livre son pays au dépeçage foncier, financier, social, économique, culturel... Car, les 30 millions d’Algériens ne sont évoqués dans les discussions bilatérales que pour trouver les moyens de les empêcher de grossir les rangs des « clandestins » en France, et pour ceux qui y sont déjà, de les renvoyer en Algérie sans créer de vagues. Pour ceux-là, le partenariat d’exception s’apparente à celui du racketteur avec des rackettés : ou ils se taisent et meurent en silence, ou ce sera encore pire pour eux [32], les recours auprès de qui ils peuvent se tourner étant eux-mêmes receleurs du racket, une bonne part de la manne détournée alimentant les alliés étrangers de ce dépeçage méthodique, des personnalités politiques, médiatiques, diplomatiques, du monde financier, policier, d’institutions internationales, etc. Nous l’avons vu, si la caution judiciaire est souhaitable pour cette rapine, elle n’est pas une nécessité absolue : un simple barbelé et des gendarmes suffisent à tenir en respect les paysans spoliés sur le littoral algérois. Le Sahara présente quant à lui un double inconvénient. Le rapt des ressources naturelles exige un cadre législatif explicite et cette vaste étendue est difficile à contrôler. Le ministre des Finances Abdelatif Benachenhou et celui de l’Énergie et des mines Chakib Khelil s’emploient à faire adopter (au nom des Algériens) les lois qui font perdre aux Algériens la souveraineté sur le Sahara. Quant à la sécurisation de ce territoire, qui de mieux alors pour y veiller que le gendarme du monde par excellence : les États-Unis d’Amérique ?
MOUH
le m atin

Hyde
20/01/2010, 18h40
La corruption, c'est le "laisser faire laisser aller", made in Algeria

hben
20/01/2010, 20h56
Merci Solas!
Cela se passe de commentaire!!!:bandit: :bandit: :bandit:

nacer-eddine06
21/01/2010, 14h34
S’il y a bien un Algérien qui cauchemarde à l’idée de voir l’aventure angolaise des Verts se terminer par un échec, c’est certainement Chakib Khelil. Dans les couloirs du ministère de l’Energie et de la direction générale de Sonatrach, on estime, en effet, que les succès de l’équipe nationale de football ont réussi à éclipser l’ampleur du scandale qui vient d’éclabousser la compagnie, nourricière de l’Algérie et, subséquement, son réel patron, Chakib Khelil.
Mais si le ministre de l’Energie tient autant à ce que «l’affaire» ne capte pas l’intérêt des Algériens, pourquoi at- il convoqué une conférence de presse pour en parler, et défendre les cadres dirigeants mis en cause par la justice ? C’est le questionnement que l’on serait tenté de soulever. Un dilemme qui ferait sourire certains, dit-on. «Chakib Khelil n’est pas spécialement connu pour avoir une propension particulière à protéger ses collaborateurs. En fait, à travers cette initiative, il entendait transmettre deux messages. Le premier est qu’il n’a rien à voir avec ce scandale, dont il affirme même ne rien connaître. Le second est que l’enquête des services de sécurité et ses prolongements judiciaires se sont déroulés à l’insu du président de la République», expliquet- on. Deux éléments que réfutent catégoriquement certaines sources, qui affirment que Bouteflika était au courant du déclenchement de l’enquête et qu’il l’aurait autorisée, et que Chakib Khelil se tenait quotidiennement informé de l’évolution du dossier, depuis le début des auditions des cadres dirigeants de Sonatrach par les enquêteurs du DRS (Département du renseignement et de la sécurité du MDN), en septembre dernier. A ce propos, nos sources expliquent que le ministre dispose d’au moins trois moyens de s’informer sur cette affaire. Le premier est le «BRQ», à savoir le Bulletin de renseignements quotidien. Ce document, établi à partir des comptes rendus des différents services de sécurité, est, comme son nom l’indique, adressé chaque matin à M. Khelil. Outre le BRQ, le ministre de l’Energie dispose d’un conseiller à la sécurité, ayant le grade de colonel du DRS, qui le tient informé de tout événement lié à la sécurité au niveau du secteur de l’énergie et, donc, de Sonatrach. A commencer par les éventuelles enquêtes et, même, les suspicions pouvant peser sur certains cadres dirigeants de l’entreprise. Ce qui fait dire à d’anciens hauts cadres de l’Etat qu’à moins, donc, que ce conseiller ait totalement manqué à ses obligations, et que Chakib Khelil ne lise pas les bulletins de renseignements qui lui sont adressés, il est impossible que M. Khelil ignore réellement tout de l’enquête, comme il l’affirme. Mieux, certains cadres mis sous contrôle judiciaire dans cette affaire – et donc toujours en liberté – auraient confié, à des proches, avoir régulièrement rendu compte, personnellement, au ministre, du contenu de leurs auditions, qui se déroulaient dans les locaux de Sonatrach et, parfois, dans les locaux du DRS. Ce que beaucoup de sources estiment plus que plausible, du fait que rien, à commencer par le plus petit contrat de sponsoring, ne peut être décidé à Sonatrach sans l’aval préalable de Chakib Khelil. Pour étayer ces propos, des indiscrétions révèlent que, comme par hasard, dès que les enquêteurs se sont intéressés au contrat de gré à gré, passé avec des Turcs, pour la rénovation de l’ancien siège du ministère de l’Energie, pour la bagatelle de 65 millions de dollars, Chakib Khelil a ordonné la résiliation unilatérale de ce contrat. Dans les mêmes milieux, on affirme que le ministre de l’Energie se serait plaint, auprès du chef de l’Etat, d’un «harcèlement» dont il ferait l’objet, à travers l’audition des dirigeants de Sonatrach, par les services de sécurité. Ce à quoi Bouteflika aurait répondu qu’il était au courant de l’ouverture de l’enquête et qu’il fallait laisser les choses suivre leur cours normal. Ce faisant, le chef de l’Etat avait-il des garanties sur ce que l’enquête n’atteindrait jamais celui qui, avec Yazid Zerhouni, est l’un de ses hommes de confiance les plus proches ? Ou, au contraire, voulait-il le sacrifier sur l’autel d’une campagne de moralisation de la vie publique, dont les contours ont commencé à prendre forme avec les récents scandales dans les secteurs des travaux publics et des transports ? Difficile d’éluder une telle question, estiment les milieux proches du dossier, qui affirment que le nom du premier responsable du département de l’Energie revient dans la quasi-totalité des dossiers dans lesquels sont mis en cause des cadres dirigeants de Sonatrach. A commencer par l’affaire des marchés, juteux, passés de gré à gré, avec une entreprise allemande spécialisée dans les équipements de sécurité, et qui serait à l’origine de l’entrée en lice des services du DRS.
Au début du scandale, les bouées flottantes
En décidant, en 2005, par un beau matin, de saisir le ministre de l’Energie, par écrit, sur la question de la protection des bouées flottantes de chargement déployées à quelques kilomètres au large de Béjaïa, le wali de cette ville ne se doutait certainement pas que sa correspondance allait constituer l’élément déclencheur du processus qui allait aboutir à la révélation du plus gros scandale de l’histoire de Sonatrach. Ces bouées constituent, comme leur nom l’indique, des sortes de quais flottants destinés au chargement des gros pétroliers ne pouvant accéder aux ports. Même si, effectivement, ils ne sont pas à l’abri d’un acte de malveillance, qui ne peut être le fait que de professionnels, ces installations ne sont habituellement pas protégées, du fait de la complexité et, surtout, du coût exorbitant de tout système efficace de surveillance, expliquent les connaisseurs. Or, prenant appui sur la correspondance du wali de Béjaïa, Chakib Khelil la répercute sur Meziane, le P-dg de Sonatrach, avec instruction d’équiper, «dans les plus brefs délais», de systèmes de sécurité performants la moindre installation de Sonatrach et de ses filiales à travers le pays. Ce qui équivaudrait, ironise un spécialiste, à doter l’ensemble des frontières algériennes d’un système de télésurveillance des plus sophistiqués. Et comme il s’agit d’opérer dans «les plus brefs délais», la formule du gré à gré est toute indiquée, d’autant plus que le procédé est des plus courants dans ce secteur. Du coup, le juteux marché est confié au bureau d’études appartenant au fils du P-dg de Sonatrach, ainsi qu’au bureau d’études appartenant au fils d’un ancien P-dg du CPA, en sa qualité de représentant d’une entreprise allemande spécialisée dans les équipements de sécurité. Ce qui constitue une violation flagrante du Code des marchés publics, qui stipule que le responsable d’une entité publique ne peut contracter un marché avec un proche direct. Un «détail» manifestement oublié par le patron de la 12e compagnie pétrolière mondiale. Inutile de préciser, indiquent des proches du dossier, que les prix facturés dépassent, et de loin, ceux pratiqués sur le marché international. Mieux, précise-t-on, de petites installations n’ayant aucun caractère stratégique se sont vu équiper de matériel de surveillance digne d’une grande banque… Sur la lancée, les Détachements de surveillance et de protection (DSP), constitués essentiellement de Patriotes, et chargés de la protection des pipelines et autres installations isolées de Sonatrach, sont dissous et remplacés par des sociétés de sécurité, dont les propriétaires sont loin d’être d’illustres inconnus, sur la base de la même formule de gré à gré, et du sacro-saint impératif de «plus brefs délais». Mais il faut dire que, contrairement aux affirmations de Chakib Khelil, qui se targue d’avoir mis en place le fameux Baosem (Bulletin des appels d’offres du secteur de l’Energie et des Mines), le nombre de gros marchés contractés de gré à gré, malgré des appels d’offres toujours en cours, ne cesse d’augmenter. Nos sources évoquent, ainsi, la décision de Chakib Khelil d’attribuer la construction d’une usine d’ammoniac, à Arzew, à l’égyptien Orascom, alors qu’un avis d’appel d’offres venait à peine d’être publié. Ce qui avait, alors, provoqué l’ire de l’espagnol Fertiberia, qui venait d’acquérir 60 % d’Asmidal et misait beaucoup sur le projet de rénovation de son usine d’ammoniac d’Arzew. Les responsables auraient même protesté officiellement auprès du ministre de l’Energie et menacé de porter l’affaire devant les tribunaux. Ce marché suscitera, également, les protestations d’un autre opérateur, l’omanais Suhail Bahwan Group, dont le patron, un proche du sultan Qabous, se verra attribuer la construction d’une seconde usine d’ammoniac à Arzew, alors que le Baosem continuait à publier l’avis d’appel d’offres, toujours en cours, d’ailleurs ! Le même procédé sera adopté pour la construction d’une usine d’aluminium à Beni-Saf, à l’extrême ouest du pays.

nacer-eddine06
21/01/2010, 14h35
L’énigme Saipem
Mais la plus «étonnante» affaire de marché passé de gré à gré par les dirigeants de Sonatrach est celle, indiquent des sources, de la construction d’un nouveau gazoduc reliant Hassi-R’mel à Skikda. Affaire dans laquelle, assure-t-on, est inculpé le vice-président TRC (transport par canalisations) de la compagnie. Ainsi, révèle-t-on, associée à des partenaires étrangers, l’entreprise publique Cosider avait remporté le marché de la construction du gazoduc, appelé GK3, long de plus de 400 kilomètres. Malgré cela, la compagnie italienne Saipem, dont l’offre était plus chère, est invitée à revoir son offre à la baisse, pour décrocher le marché, en flagrante violation de la loi. Le fait que cela se fasse au détriment d’une entreprise publique, dont les dirigeants n’allaient tout de même pas faire un tapage, avait alors conduit à ce qu’un scandale n’éclate pas. A ce propos, on murmure, dans certains milieux, que pour sa défense, le vice-président TRC de Sonatrach aurait évoqué auprès du juge d’instruction des injonctions de Chakib Khelil, ordonnant de contracter des marchés avec les Italiens. Or, aux yeux de la loi, c’est au signataire du contrat, M. Zenasni en l’occurrence, qu’incombe la faute. Cela dit, il y a gros à parier qu’en cas de procès, le témoignage du ministre de l’Energie s'avérera inévitable sur cette question précise. Tout comme cela permettra de braquer les projecteurs sur la fulgurante ascension, ces dernières années, des parts de marché en Algérie de Saipem, qui, même s’il dispose depuis longtemps d’une base logistique à Hassi- Messaoud, n’a créé sa filiale algérienne, en l’occurrence la Saipem Contracting Algérie, qu’en 2005. Ce qui ne l’a pas empêché de devenir le premier partenaire dans le secteur des hydrocarbures en Algérie, loin devant des entreprises ayant de forts ancrages dans le système pétrolier algérien, comme Halliburton ou Shlumberger. D’ailleurs, le site Internet de Saipem qualifie, désormais, l’Algérie de pays stratégique, pour nos activités «onshore» et «offshore».
Sonatrach touchée à la tête et au cœur
Par ailleurs, dans certains milieux, on relève, intrigués, l’empressement mis par le ministre en charge du secteur des hydrocarbures à remplacer tous les cadres mis en cause par la justice, et dont, selon ses propres dires, la culpabilité est pourtant loin d’avoir été établie. Il est, en effet, courant que des cadres dirigeants d’entreprises publiques concernés par des enquêtes soient maintenus à leur poste jusqu’à ce que leur culpabilité soit clairement établie par la justice. D’autant plus que, dans cette affaire, c’est, quasiment, l’ensemble du staff dirigeant de Sonatrach qui est concerné. Ainsi, outre le P-dg et trois vice-présidents, sur les quatre que compte la compagnie, l’affaire touche tous les dirigeants de la division «Amont», qui constitue, selon les experts, le «cœur» de Sonatrach. Ainsi, l’ancien directeur de la production, le directeur du forage ainsi que le directeur de la sécurité font actuellement face aux questions du magistrat instructeur. Chaque jour, affirment des proches du dossier, apporte son lot de nouveaux noms, à «débriefer». Chaque jour, dit-on, de nouvelles «pistes» s’ouvrent devant les enquêteurs. A ce propos, il semble que le nom d’un ancien et très influent conseiller de Chakib Khelil, devenu par la suite chef de cabinet du P-dg de Sonatrach, a, à plusieurs reprises, été évoqué par les cadres mis en cause. Or, ce dernier n’a pu être entendu. Et pour cause. Après sept années passées à Sonatrach, il a fait valoir, l’an dernier, ses droits à la retraite. Pour ses vieux jours, il aurait bénéficié d’une prime de départ de 800 millions de centimes, qu’il dépense très loin du tumulte algérois, à Lugano, en Suisse, où il est établi et où, affirment les mauvaises langues, il serait en activité, en qualité de contractuel auprès… d’une filiale de Sonatrach.
Par Badreddine Manaâ
Source de cet article :
http://www.lesoird************/articles/2010/01/21/article.php?sid=94573&cid=2
lesoirdalgerie

nacer-eddine06
21/01/2010, 18h32
Merci Solas!
Cela se passe de commentaire!!!:bandit: :bandit: :bandit:

effectivement
no comment

rossinhol
21/01/2010, 19h16
La corruption est l'une des causes essentielles qui provoque la stagnation de l'économie algérienne...oui, il faut lutter contre mais notre dilemme actuel est que nous manquons de Serpico...au gouvernement de trouver des hommes de confiance afin d'inspecter tous les secteurs et mettre les traîtres de la nation derrière les barreaux...

Hyde
22/01/2010, 09h49
dans toute société et de tous temps, il existe toujours une classe sociale qui veut s'élever au-dessus des autres. avant la révolution industrielle, c'était les nobles qui étaient grands propriétaires terriens et à partir de l'ère industrielle, ce sont les capitalistes. Je simplifie à max. Qu'il s'agisse de grands propriétaires terriens ou de capitalistes, il est question de production. En Algérie, on n'aime pas s'élever en produisant... trop fatigant. On préfère voler.

en Algérie, la corruption est un bon moyen d'ascension sociale. d'autant plus que l'Etat de Droit est inexistant. Le simple fait de changer la Constitution aussi souvent, en est la preuve. Le pouvoir, charger d'appliquer les lois, se moque complètement de ces même lois. grâce à ce laisser aller, la corruption règne.



Mais attention, je ne dis pas que tous les riches algériens sont des voleurs...

nacer-eddine06
22/01/2010, 16h37
Il Faut comprendre
L’affaire :
Mohamed Meziane, 60 ans, PDG de Sonatrach depuis septembre 2003 et 15 cadres du groupe pétrolier ont démissionné mardi 12 après avoir été inculpés par un juge d’Alger dans une affaire de malversations présumées. Un des quatre vice-présidents, Chawki Rahal (chargé de l’activité commercialisation) et cinq autres cadres de la société ont été placés sous contrôle judiciaire. Deux autres vice-présidents de Sonatrach, Benamar Zenasni (chargé de l’activité transport par canalisations - TRC) et Belkacem Boumedienne (chargé de l’activité Amont - exploration et production), l’ancien PDG du Crédit populaire d’Algérie, Hachemi Meghaoui, et son fils, dirigeant un bureau d’études, ainsi que les deux enfants de Mohamed Meziane et un entrepreneur privé (frère d’un ex-général), ont pour leur part été placés sous mandat de dépôt. L’intérim à la présidence est assuré par Abdelhafid Feghouli, vice-président pour l’activité Aval.
L’enjeu :
Cette affaire éclate en pleine opération de « nettoyage » puisqu’une autre enquête sur les conditions d’octroi du marché de l’autoroute Est-Ouest, en cours d’instruction, touche également le ministère des Travaux publics, impliquant directement Amar Ghoul. Mais les têtes des coupables vont-elles réellement tomber, sachant que les précédents scandales se sont toujours arrêtés à un certain niveau de responsabilité (Khalifa, BRC…) ? Ou faut-il voir dans cette opération une manœuvre pour désamorcer les tensions socioéconomiques ? Ou s’agit-il d’une redistribution des cartes du pouvoir ?
Transparency International avait prévenu… :
Entreprise numéro 1 en Afrique, tous secteurs confondus, et 12e au niveau mondial, Sonatrach est avant tout la première société algérienne. Elle assure 98% des recettes en devises du pays avec une production de 1,2 million de barils par jour. Elle emploie 125 000 personnes et a réalisé en 2008 un bénéfice net de près de 9 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires annuel de 80 milliards de dollars. Dans son rapport 2008 sur les performances de 42 compagnies pétrolières et gazières, l’ONG Transparency International avait épinglé Sonatrach en lui donnant une note de 10/58 en matière de transparence des paiements, de programmes de lutte contre la corruption par groupe, et des réglementations et politiques d’achat.


« Il était temps qu’on arrête le massacre. Et ce n’est pas uniquement une histoire de passation douteuse de marchés. Il faut voir comment l’argent est jeté par les fenêtres ! » Presque dix jours après l’inculpation de Mohamed Meziane, PDG de Sonatrach, et de plusieurs hauts responsables pour malversations, les cadres du groupe en ont gros sur le cœur. El Watan Week-end a réussi à joindre quelques-uns, toujours dans l’entreprise, et d’autres qui n’en font plus partie. Anonymement (nous avons changé certains prénoms), ils ont accepté de briser le silence. Comme Amina, qui regrette que « cet argent n’ait pas servi à autre chose que financer au-delà du raisonnable des études vendues à des bureaux extérieurs et qui auraient pu être réalisées à l’intérieur ». En famille.
Car appartenir à Sonatrach, c’est avant tout faire partie de la même maison. « Notre famille est touchée. On se sent humiliés et on vit très mal d’être exposés, comme ça, à la une des journaux comme si on était tous des gens malhonnêtes, confie un responsable. On voit des collègues être incarcérés ou mis sous contrôle judiciaire. Ce n’est pas évident. Il y a de quoi se sentir solidaires, car après tout ce sont des collègues avec qui on travaille. » Un autre cadre vit le scandale comme « un cauchemar ». « Et je me dis que d’un moment à l’autre, je vais me réveiller. Cette entreprise pour moi représente tout. Quand j’ai rejoint Sonatrach, je me suis dit que je n’y resterai pas, que ce n’était qu’une étape dans ma vie professionnelle, raconte-t-il. Mes collègues, plus anciens, disaient que je changerai d’avis. Je pensais à ma carrière.
Mais quand j’ai vu la qualité de la formation, les salaires, les avantages par rapport au marché du travail en Algérie, j’ai relativisé. Aujourd’hui, j’arrive à m’identifier à Sonatrach en me disant que c’est ma deuxième famille. Avec cette affaire, on marche tête baissée. On n’a pas l’habitude ! Sonatrach est quand même la première entreprise algérienne et africaine ! Là, l’image de marque de l’entreprise en prend un coup pour cinquante ans. » Alors oui. Le gaspillage, les formations coûteuses, consultants étrangers qui étaient invités, ébahis par tant de luxe, au Sheraton d’Oran… Ils savaient. « Tout ça, c’est le prestige de Sonatrach, essaie de se convaincre un ingénieur. Mais quand je vois les chambres, les restos, le saumon, je pense à mes frères au chômage, tout ce que je mange a un goût amer. Parce que je me dis que c’est l’argent du peuple qu’on gaspille comme ça… »
Les rumeurs su r le train de vie des dirigeants n’arrangent rien (voir encadré), comme celle relative à l’achat d’une villa à Birkhadem par un des fils du PDG pour la somme de 27 milliards de centimes. Ou encore à l’achat de propriétés aux Etats-Unis, encore par les fils de Méziane, et sur lesquelles les services de renseignement américains auraient demandé des éclaircissements. Ou enfin sur le salaire présumé de l’un d’entre eux embauché chez Saipem (filiale d’ENI) de 20 000 euros…Les cadres les plus réalistes – dont certains ont avoué avoir envoyé à la brigade économique de la Gendarmerie nationale et aux services, des lettres de dénonciation sur les agissements de la direction – reconnaissent que la « déchéance » avait commencé depuis un bon moment. Et de source sûre, certains affirment que ce n’est pas terminé. « Dans les jours qui viennent, d’autres responsables seront entendus.
Ce qui alimente un climat de suspicion entre nous. » Et un autre de préciser : « En ce moment, Naftal, d’autres filiales du groupe, et Sonelgaz, quelques entrepreneurs privés, des bureaux d’étude, et même les Douanes feraient également l’objet d’enquêtes. » La question qui circule le plus dans les bureaux ? Pourquoi maintenant ? « On nous a dit qu’ « en haut », les instances sécuritaires et militaires voulaient faire du tri. Que les malversations avaient pris de telles proportions que la situation devenait intenable, relève un haut responsable sans conviction. Et que les tensions sociales allaient en s’exacerbant. Bref, entre corruption et émeutes, les cocktail était explosif. Il fallait taper fort. L’an dernier, les services qui enquêtaient à l’intérieur de Sonatrach, nous ont prévenus qu’il y avait un gros problème. On savait que ça avait plus ou moins un lien avec les contrats TRC, les contrats liés aux canalisations. Mais d’autres rumeurs parlent d’un règlement de comptes entre Meziane et Feghouli. » Amer, un voisin d’étage va plus loin.
« On a quand même la sensation qu’il s’agit d’un règlement de comptes au plus haut. Quand Chakib Khelil déclare qu’il a appris toute cette affaire dans les journaux, on sait que ce n’est évidemment pas vrai, lance un ingénieur. La vraie question est : est-ce que cela obéit à une réelle volonté de mettre fin à la corruption ? Si on s’attaque au secteur de l’énergie après celui des bâtiments et travaux publics, alors c’est une bonne chose. Mais ce n’est pas notre impression… » Pour un ancien du groupe qui suit toujours ses activités, « le problème de Sonatrach est lié à la façon autoritaire dont, depuis quelques années, les carrières sont gérées. Il n’y a plus de débat car les gens ont peur d’être mis dehors. Au fil du temps, les hauts responsables qui avaient un mode de management participatif ont été écartés. Et aux postes de responsabilité, on ramène n’importe qui, de n’importe où au lieu de faire évoluer les gens en interne. » Pour Rafik, ingénieur, Sonatrach, « ce n’est pas la pyramide de Maslow (célèbre schéma des besoins primaires et profonds exprimés par étapes) mais plutôt la pyramide des Pharaons, avec les chefs en haut qui ne se discutent pas et dont les pratiques ne font l’objet d’aucune concertation. »

nacer-eddine06
22/01/2010, 16h38
Pour un conseiller de l’entreprise, cette forme de concentration des pouvoirs était très concrète. « Meziane et ses proches impliqués géraient Sonatrach comme une entreprise familiale. Le PDG intervenait même dans les petits contrats, pour l’achat de fournitures de bureau, par exemple ! Ses enfants s’impliquaient dans toutes les affaires et bloquaient même l’accès de certains directeurs à l’information. On qualifiait un de ses fils, qui passait son temps à consolider leur réseau à l’extérieur, de « responsable des relations publiques » ! » Dans les couloirs, tous les cadres ne partagent pas le même avis. « C’est vrai, ce mode de recrutement a vraiment joué. Avant, pour être directeur, il fallait avoir au moins 20 ans de boîte et être reconnu », confirme l’un d’entre eux alors qu’un autre dénonce justement le fait que les personnes poursuivies « ont pour certaines plus de trente ans de boîte et sont passées par toutes les activités du groupe. »
Et depuis les années 90, date à laquelle de nombreux cadres ont préféré partir pour l’étranger, la situation a empiré. « Alléchés par des salaires ou des conditions de travail plus avantageuses, certains se sont fait recruter par des entreprises étrangères en Algérie, précise une responsable. Et dans l’urgence, on a placé des connaissances, des amis, de la famille… » Et la corruption a gagné du terrain. « Ou plutôt, elle a changé de forme, explique un ancien directeur. Elle est montée à un niveau très très haut. Et puis les cadres du terrain, obligés d’exécuter des ordres douteux, ont commencé eux aussi à avoir des appétits... C’est pour cette raison qu’ils ne sont pas complètement responsables. C’est une question d’ambiance générale, de mode d’organisation. » Que va-t-il se passer maintenant qu’il n’y a plus de dirigeants ? « Pas grand-chose, assure un ingénieur. La boîte tourne sans eux. De toute façon, ils ne sont pas spécialement utiles, ce sont les directions sectorielles et les chefs de département qui assument le quotidien ». « Je ne vois pas non plus de changement dans les mois qui viennent. Les opérationnels n’ont pas le choix, ils ne peuvent pas arrêter la production. Et puis cette entreprise est un des piliers de l’économie nationale, on ne va pas laisser la production se ralentir comme ça. Mais il y a un risque que la maintenance soit touchée et entraîne des retards. » Et certains d’envisager déjà un scénario-catastrophe. « Les gens sur le terrain, ce sont eux qui ouvrent et qui ferment les vannes. Si une tombe en panne, qui va signer pour acheter du nouveau matériel ? » « Surtout que chez nous, pour changer un petit boulon à Hassi Messaoud, une vraie poudrière, il faut compter des années ! », plaisante à demi un autre cadre. « Le vrai problème, c’est que tout le monde se méfie de tout et ne fait plus rien. Il faut apporter très vite un peu de sérénité. Traiter cette affaire au plus vite et désigner un nouveau staff, ne pas laisser des intérimaires qui n’oseront pas signer des contrats. » Amira, technicienne, ne se fait aucune illusion sur l’avant et l’après-scandale. « Ils vont ramener de nouveaux patrons et la vie va continuer. » Slimane, un collègue, reste dubitatif. « Si quelqu’un sait ce qu’on va devenir, ce n’est pas à notre niveau, c’est beaucoup plus haut ». Une ancienne recrue, bien au fait des rouages, ne croit qu’à une solution radicale. « Il faut tout nettoyer de fond en comble. Se mettre dans une logique de transparence complète, en commençant par se demander pourquoi untel a été recruté, sur quelles bases, pourquoi ce projet a été retenu, comment et pourquoi il a été conçu, quelle est sa projection dans le futur, pourquoi on a créé ce poste, argumente-t-elle. Sinon, on va disparaître. »
Mohammed Rédha Hemch le vrai cerveau du scandale Sonatrach ?

Et si le PDG de Sonatrach mis sous contrôle judiciaire, Mohamed Meziane, était l’arbre qui cache la forêt ? D’après de hauts cadres du groupe et des sources proches du dossier, le vrai big boss du groupe serait en réalité Mohammed Rédha Hemch, ex-directeur de cabinet du PDG de Sonatrach et… neveu de Chakib Khelil. Pourtant, cet homme de l’ombre, que l’on dit originaire de Hennaya (Tlemcen), et qui sème la terreur au point que les cadres que nous avons contactés ont brutalement refusé de dire quoi que ce soit à l’évocation de son nom, n’habite plus Alger depuis un moment. Sa nouvelle résidence : Montreux, en Suisse. Officiellement, il s’agit d’une mise en retraite doublée d’un parachute doré de 8 millions de dinars en tant qu’allocation de fin de carrière – somme habituellement réservée à de très anciens cadres du groupe – et d’un placard doré puisqu’il aurait été envoyé dans la filiale Sonatrach International Holding Corporation filiale (Samco) à Lugano. Officieusement, le ministre de l’Energie aurait voulu mettre son protégé à l’abri des éventuelles retombées des malversations dans lesquelles il aurait trempé à l’époque où il était dir’ cab’.
Il faut dire que le CV de cet ancien agent contractuel de l’ambassade d’Algérie à Paris , revenu en poste à Alger, est un peu chargé. Comptable à l’ambassade de Berlin de 1984 à 1987, régisseur à l’ambassade de Bruxelles, consul adjoint à Istanbul, c’est à Bordeaux, où il occupe également le poste de vice-consul, qu’il met un terme à sa carrière diplomatique. Arrêté par la police française à Marseille en 1997 en possession de deux voitures volées, il n’aurait passé que quelques jours en prison grâce à une intervention diplomatique. Les Affaires étrangères ne pouvant garder un tel élément dans son giron, il se serait mis quelque temps au vert, occupé par du business entre Alger, Tlemcen et Oran, avant d’être ramené par Chakib Khelil à la Sonatrach en 2001. Une personnalité comme celle de Hemch déchaîne évidemment les rumeurs sur son train de vie.
Selon les interlocuteurs, il aurait bénéficié d’un appartement dans la tour Chabani, touché 150 000 DA de salaire mensuel à Sonatrach, dépensé jusqu’à 8 millions d’euros en thalasso, hôtels et restos avec Khelil et Meziane entre la France, Genève et les USA, signé une convention avec une clinique suisse pour tous les hauts cadres de Sonatrach, etc. D’autres sources citent précisément les 4 milliards versés par Sonatrach par son intermédiaire pour l’achèvement des tours BRC et les 73 milliards de dinars distribués aux associations fidèles au Président, quand il était chargé du sponsoring à Sonatrach (un département qui n’existe pas dans l’organigramme). Toujours selon les rumeurs, l’implantation des sociétés turques en Algérie devraient beaucoup à sa seconde femme, turque (la première était française). Seule certitude : son nom figure dans les dossiers transmis au juge d’instruction. Reste à savoir, qui, cette fois, le protègera de la justice.



Par Adlène Meddi (ameddi@elwatan.com), Chawki Amari (camari@elwatan.com), Mélanie Matarese (mmatarese@elwatan.com), S. Ousy Ali., Zouheir Aït Mouhoub (zaitmouhoub@elwatan.com)
el watan

zemfir
22/01/2010, 18h26
l'histoire des 40 voleurs ; pour quand les aventures d'ali BABA. ;)

nacer-eddine06
23/01/2010, 18h12
Les très graves scandales de corruption qui défraient la chronique donnent l’impression de laisser imperturbable le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Pourtant, les affaires révélées par la presse ne sont pas des moindres. Par leur ampleur, elles risquent de déstabiliser sur le long terme un pays déjà très affaibli par le terrorisme islamiste et, qui plus est, est montré du doigt sur la scène internationale pour sa gabegie, l’incompétence de ses dirigeants et sa perte de crédibilité. Une situation qu’il n’avait pourtant pas connue dans les années 1990, alors que les caisses de l’Etat étaient vides, qu’il était presque en état de cessation de paiement à cause de la dette et que le GIA et l’AIS imposaient leur horrible loi à travers toute l’Algérie.
Le chef de l’Etat aurait dû sortir de sa réserve pour diverses raisons, la première étant qu’il est le premier magistrat du pays. Mais surtout, les ministres impliqués dans ces scandales font partie de ces hommes qu’il a lui-même ramenés, parfois de l’étranger. Saïd Barkat, dénoncé par Al Khabar Al Ousbouî pour sa gestion douteuse du PNDA lorsqu’il était ministre de l’Agriculture ? Silence radio. C’est un ami du Président qui n’est apparu sur la scène politique qu’en 2000. El Watan révèle qu’un truand international, trafiquant d’armes de son état, a failli assister à une réunion interministérielle avec MM. Abdellatif Benachenhou, ministre des Finances, Chakib Khelil, ministre de l’Energie et PDG de Sonatrach, Mohamed Bedjaoui, ministre des Affaires étrangères et enfin Amar Ghoul, ministre des Travaux publics.
Finalement, l’homme a été écarté. Est-ce une atteinte à la sécurité nationale ? La justice, prompte à s’autosaisir pour poursuivre un journaliste quand elle le juge ses écrits diffamatoires, est entrée dans un coma total. Aucune autre autorité ne s’est manifestée pour essayer de comprendre les tenants et les aboutissants de cette incroyable affaire. La Présidence, surtout, aurait dû s’en inquiéter parce que les hommes cités font partie du premier cercle présidentiel. Bouteflika a préféré garder le silence, une attitude qu’il a déjà observée dans d’autres scandales qui ont touché les institutions nationales comme les affaires Khalifa, BCIA, BCR doublée celle-là d’une affaire d’espionnage dans laquelle était impliqué le principal accusé, Ould Kaddour, qui est aujourd’hui en liberté.
La corruption a pris des dimensions inégalées depuis une dizaine d’années et, dans chaque cas, l’entourage direct du Président est cité. Pourtant, jamais il n’y a eu de sanction, ce qui était apparu comme un encouragement à la rapine et à la dilapidation des biens de l’Etat. A croire que le système a décidé de faire de la corruption un moyen de gouvernance pour neutraliser ceux qui sont en haut de l’appareil. Même si cela devait pourrir toute l’Algérie et l’enfoncer définitivement afin qu’elle ne se relève jamais.
C’est malheureusement ce qui est en train de se produire. Et les grands corrompus ont assuré d’ores et déjà leur avenir de l’autre côté de la Méditerranée. Cela s’appelle un complot. C’est peut-être pour cette raison que Bouteflika n’a rien à dire aux Algériens.



Par Tayeb Belghiche (tbelghiche@elwatan.com)
el watan
(tbelghiche@elwatan.com)

nacer-eddine06
23/01/2010, 22h16
le directeur de la nouvelle ville de Hassi Messaoud, un proche de Khelil, sous les verrous


Après les cadres dirigeants de sonatrach, Radio Kalima a appris que l’un de ses proches, M. Zeriati, le directeur du projet de la nouvelle ville de Hassi Messaoud a été arrêté. Il avait été nommé et installé à ce poste en février 2007 par Chekib Khelil en personne. Les arrestations n’en finissent plus autour du ministre.
Selon des informations obtenues par nos journalistes, les cadres dirigeants de Sonatrach, y compris le PDG, Mohamed Meziane, ont tous chargé le ministre, son épouse, une américaine d’origine palestinienne et leur fils installé à Londres, lors de leurs auditions face aux officiers du DRS. Car c’est là que ça se passe. Cette opération contre la corruption n’est pas une opération émanant de la justice mais du DRS. Le département du garde des sceaux, Belaiz, proche de Bouteflika, ne sait plus quoi faire.
Il faut dire que Chakib Khelil et son entourage, assuré d’une totale impunité grace à la couverture présidentielle ne se gênait plus. Les frais de bouches (hôtels, voitures, thalasso, manucure entre paris, Genève et New York) de Chakib Khelil, Mohamed Meziane et Réda Hemche, le chef de cabinet ont dépensé la coquette somme de 8,3 millions de dollars
en 2009.
Ils sont soupçonnés d’avoir des dizaines de millions de dollars ramassées grâce à des commissions et à des pots de vin. Les enquêteurs sont à la recherche des comptes en banques en Europe et aux Etats-Unis. Nos sources indiquent qu’en ce qui concerne le PDG de Sonatrach, les preuves sont établies. Il aurait lui-même craquait lors de son audition par les hommes du général Toufik le 31 décembre 2009. Sans l’intervention du ministre de la justice qui a plaidait son état de santé, il serait en prison avec ses collaborateurs et ses deux fils. Quant à Réda Hemche, l’ex chef de cabinet de Sonatrach, présentait par la quasi-totalité des prévenus comme le « cerveau » des affaires de corruption, il est installé à Lugano. Arrêté et inculpé en 1997 à Marseille pour trafic de voiture, l’homme est nommé conseiller auprès du PDG de Sonatrach en 2000 après le retour de Bouteflika aux affaires avant de devenir chef de cabinet. Il a la particularité d’être originaire, comme chakib Khelil et Ould Kaddour, l’ex patron de BRC, du petit patelin, H’naia, le village du père de Abdelaziz Bouteflika.

Bouteflika-Toufik: guerre ou arnaque?

Ne boudons pas notre plaisir. Pour une fois que les officiers du DRS utilisent l’argent des algériens pour traquer les corrompus et non pas les militants des droits de l’homme ou les journalistes, on ne va pas s’en plaindre, même si personne n’est dupe. Cela fait plus de dix ans que le pillage des richesses de l’Algérie se fait au grand jour sans que les hommes du général major Tewfik ne lèvent le petit doigt. Au contraire ils avaient pour mission de protéger ce qu’ils considéraient comme la clientèle du régime et harcelaient dans le même temps ceux qui osaient les dénoncer. Du reste, même aujourd’hui, ils ne poursuivent que les corrompus du camp d’en face en continuant de protéger les leurs. La corruption en tant que telle, n’est pas et n’a jamais été un problème pour le DRS. Alors que se passe t il ? La guerre entre Bouteflika et le puissant patron du DRS, en poste depuis 20 ans, faut il le rapeller, est elle réelle? Ou les deux hommes se sont ils encore entendu, comme en 2004, pour redorer leur blason en s'attaquant à des symboles de la corruption? On le saura très vite.

Yahia Bounouar
lematin

absent
23/01/2010, 22h22
On confond le denier public de la richesse personne et l'inverse est vrai.

nacer-eddine06
30/01/2010, 00h11
pour le fantome de si larbi:mrgreen:

non serieux
pour la verite rien que la verite
il faut mettre un terme a cette gabegie de gouvernance
il faut mettre un terme a se laisser aller

il faut eriger la corruption comme crime d etat
c aussi simple que cela

roules tu du meme chemin
mon grand

The truth is incontrovertible, malice may attack it, ignorance may deride it, but in the end; there it is

okba30
30/01/2010, 01h31
A lire sur le site ''le quotidien d'Algérie'' :

Lettre ouverte à Messieurs les enquêteurs du DRS

par Hocine MALTI (ex vice-président de la Sonatrach.)

Après des analyses et des histoires d'horreur, il conclut :

Pour peu que l’on vous lâche la bride que l’on vous a mise sur le cou, je suis certain que vous parviendrez à des résultats qui dépassent de très loin les dizaines ou centaines de milliers de dollars de commissions que vous avez découvertes. Vous aurez alors rendu un service énorme à votre peuple et vous aurez débarrassé votre pays de cette gangrène qui le ronge.
Bonne chance, Messieurs les enquêteurs du DRS. Fraternellement,

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