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morjane
24/01/2010, 10h51
La région de Sidi Ali Bounab s’étend sur de vastes zones à relief accidenté entre Tizi Ouzou et Boumerdès. C’est un repaire d’Al Qaïda au Maghreb (ex-Gspc), et ce depuis le début des années 1990.

Pour se rendre à Sidi Ali Bounab, on a emprunté le chemin de wilaya 157 reliant la ville des Issers à Timezrit.

A la sortie sud-est des Issers, on assiste à un décors quelque peu inhabituel. Un check-point y est dressé. Guérites en béton, véhicules blindés et multiples obstacles et herses se déploient sur près d’un kilomètre. Deux usines de céramique sont situées dans les environs.

Depuis 2008, un bataillon de l’ANP a pris position dans l’une des usines de cette même zone.Notre arrivée devant le barrage fixe coïncide avec celle d’une colonne militaire de retour d’une opération de ratissage. La circulation est interrompue dans les deux sens. Le passage dégagé, une trentaine de camions transportant des hommes en treillis défilent.Plus en avant, il n’y a aucun autre barrage, ni une quelconque présence des forces de sécurité. C’est le cas sur près de 10 km.Plus loin, on retrouve Taouint Tassemat (la fontaine fraîche), un endroit réputé comme étant un coupe-gorge durant les années de la tragédie nationale.

Le lion des montagnes

Ce lieu fut le théâtre de faux barrages et d’attentats à la bombe contre un convoi des services de sécurité transportant les urnes et les documents des dernières élections locales. Néanmoins, c’est en ce lieu qu’on avait également éliminé le sinistre Abou El Himam alias El Fermache, un chef terroriste originaire de Aïn El Hamra.

La rencontre avec notre guide devait avoir lieu au chef-lieu communal de Timezrit perché à plus de 750 m d’altitude. Cette commune est des plus pauvres et des plus enclavées, à l’instar de toutes les localités de la wilaya de Boumerdès. De ce point dominant apparaît déjà clairement la bande verdâtre entrecoupée de vallonnements luxuriants et fortement boisés. Ce vaste massif qui s’étend de Tadmaït dans la wilaya de Tizi Ouzou jusqu’aux limites administratives de la wilaya de Boumerdès, demeure encore une base arrière des desperados de la redoutable katibet Al Ansar. Cette zone est connue sur le plan stratégique pour ses multiples accès.

Les innombrables contreforts et les prolongements donnent aussi bien sur la localité de Naciria longeant la RN 12, du côté nord, que vers Aït Yahia Moussa du côté sud-est.

Depuis cette dernière localité, les chemins s’étirent vers le maquis de Boumahni, tandis qu’à Timezrit les chemins empruntés par les terroristes vers Chabet El Ameur et Bouchakour à la lisière des Issers et Boudhar, un peu plus loin, ne sont un secret pour personne.

Notre guide qui connaît chaque coin de la région, s’est engagé dans la lutte antiterroriste depuis 1993. Il a sillonné aussi bien les maquis de Boumerdès que ceux de Bouira et Tizi Ouzou.

Le lion des montagnes, comme tout le monde l’appelle ici, dit d’emblée que les terroristes sont encore dans les parages. Ce matin, même un groupe de 15 activistes est signalé près d’ici, indique-t-il. Une trentaine d’autres, une information à prendre avec précaution, selon notre interlocuteur, seraient aperçus un peu plus loin.

D’après les sources locales, ce massif est surtout écumé par les terroristes activant sous la houlette de la redoutable katibet Al Ansar. Elle se compose d’une centaine de terroristes, apprend-on. Les pistes et autres accès tracés par les engins du génie militaire témoignent des opérations de ratissage d’envergure menées dans les environs. De même que, poursuit Ammi Saïd, il y a moins d’une année, de nouvelles positions militaires ont été installées dans et aux alentours de Sidi Ali Bounab.

Les groupes de patriotes se réactivent

Entre 300 à 380 soldats issus des unités et compagnies statiionnées dans ces endroits, estime une source sécuritaire opérationnelle, effectuent quotidiennement des opérations de recherche et tendent des embuscades jusque dans les sous-bois du massif.

Outre les bataillons militaires, la surveillance des accès et sorties du vaste massif est assurée par le groupe de patriotes de la région et les gardes communaux de Timezrit, Aït Saâda et Ighil Ouzouguagh à Tadmaït.

Fidèle à son engagement, et en connaissance de cause, Ammi Saïd déplore qu’on enregistre encore des pertes dans les rangs des forces de sécurité en 2010. Fort d’une expérience de plus de 16 ans sur le terrain de la lutte antiterroriste, notre interlocuteur dira que le terrorisme est un ennemi impitoyable, fait que chacun des éléments des forces de sécurité ne doit jamais perdre de vue.

Une vigilance de tous les instants est plus qu’indiquée, dira notre guide. Ciblé à six reprises par la horde terroriste, il s’en est sorti indemne mais des séquelles sont visibles sur tout son corps. Autant la horde est là autant il faut être à ses trousses et la traquer sans répit.

Depuis l’année 2000, aucun terroriste n’est abattu à Timezrit, alors qu’ils sillonnent la région de long en large. Il a fallu attendre 2009 pour voir l’un d’eux tomber près de leur casemate à Aïn Zelzal. Cela, confie-il, est venu suite au redéploiement des forces de sécurité et surtout à la réactivation du groupe des patriotes de la région et l’implication des honnêtes citoyens dans la totale discrétion.

Aujourd’hui, le résultat est là. Ces hommes ont marqué beaucoup de points contre les terroristes qui ne cessent de reculer, ajoute-t-il. Il y a quelques jours seulement, 4 terroristes sur les 10 signalés par les citoyens ont été éliminés au sud de Timezrit. Un autre terroriste a été éliminé entre Timezrit et Naciria, un peu plus tard.

A l’exception du dénommé Zezigue Sedik, alias Khaled, un ancien terroriste originaire de Timezrit, tous les autres sont originaires de Sidi Daoud, Ouled Aïssa et Baghlia. Pas plus tard qu’avant-hier, un terroriste a été abattu et un autre capturé et deux fusils à pompe et un kalachnikov ont été récupérés à Si Mustapha.

Cela porte à 7 le nombre de terroristes abattus en quelques jours. Les coups assenés à ces derniers l’été dernier à Aguouni Ifker à Chabet El Ameur sont très éloquents en la matière. 9 terroristes dont l’émir de la seriat locale ont été tués.

Depuis, aucune activité terroriste n’est signalée dans la région. Les résultats obtenus sont dus, selon notre guide, en premier lieu, à la réactivation des groupes de patriotes et au redéploiement des renforts des forces de sécurité.

Par L'expression

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