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médisante
28/01/2006, 02h59
Après la décision de jacques Chirac de supprimer l’article contesté de la loi du 23 février
Satisfaction à Alger et à Paris

Le président français, Jacques Chirac, s’est prononcé mercredi pour la suppression de l’alinéa 2 de l’article 4 de la loi du 23 février 2005, qui glorifie le rôle de la France pendant la colonisation. Cette position a accueilli les premiers avis favorables à Alger.

Louisette Ighil Ahriz, combattante de la guerre de Libération nationale qui avait relancé le débat sur la torture, a exprimé jeudi son “grand soulagement”, après les déclarations de Chirac en faveur de la suppression de l'article de loi sur le “rôle positif” de la colonisation. Cela va ouvrir la voie à “une éclaircie durable” entre Alger et Paris, selon elle. “Je suis heureuse pour l'avenir, pour nos enfants, car pour nous, c'est terminé. Nos plaies sont encore profondes, encore sanguinolentes, mais pour l'avenir, j'en suis satisfaite”, a déclaré Mme Ighil Ahriz.
Par ailleurs, deux partis politiques, faisant partie de l’alliance présidentielle, se sont exprimés sur le geste de Jacques Chirac. Le parti du Front de libération nationale (FLN) s'est “félicité” du fait que “la France officielle se démarque de la France coloniale”. Interrogé par l'agence officielle française AFP, le secrétaire général de cette formation, Abdelaziz Belkhadem, ministre d'État et représentant personnel du président Abdelaziz Bouteflika, a souligné “l'intérêt” porté par cette décision à “la relation bilatérale pour permettre de dépassionner la période coloniale qu'il faut assumer”. De son côté, le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND) a indiqué à la même source que les déclarations du président français vont ouvrir la voie à la concrétisation d'un traité d'amitié. “La nécessité de revoir la position française sur cette loi permettra sans aucun doute de traduire sur le terrain le projet d'un traité d'amitié entre les deux pays”, a estimé Miloud Chorfi. Le RND souhaite, en outre, que “ce problème trouve une solution pour fermer la porte à ceux qui veulent porter atteinte aux intérêts des deux peuples”, allusion faite aux adversaires du traité d'amitié algéro-français.
La demande faite par le président de la République française au Conseil constitutionnel, la plus haute juridiction administrative, de “déclasser” du domaine législatif l'alinéa contesté de la loi du 23 février répond à une double préoccupation, celle “de la sagesse et de l'intérêt de la France”. C’est du moins ce qui ressort des déclarations du président de l’Assemblée nationale française, un proche de Jacques Chirac. Il n’en demeure pas moins que si l’abrogation de l’alinéa 2 vient à être appliquée, elle ouvrira la voie à une meilleure compréhension d’une page d’histoire partagée. Elle contribuera certainement à mettre fin à une polémique ayant fragilisé le traité d'amitié entre l’Algérie et la France, dont la signature était prévue pour la fin 2005. Un traité visant une “refondation” des relations encore marquées par la passion et les litiges hérités de la guerre d’indépendance, et le traitement d’un “partenariat privilégié”. Depuis la promulgation de la loi du 27 février 2005, le ton avait changé entre Alger et Paris.
Le président algérien avait alors demandé, à maintes reprises, à la France de faire acte de repentance “pour les crimes” commis durant la colonisation de l'Algérie.
Après son retour, le 31 décembre dernier, d'une hospitalisation à Paris, Bouteflika avait, dans un message au président Chirac, plaidé pour une “relation privilégiée” entre les deux pays, construite sur “des bases nouvelles, plus que jamais fondées sur la confiance et le respect mutuels”, sans toutefois évoquer ce traité.
En décidant d’exercer ses prérogatives de président français pour modifier quelque peu la loi de février, Jacques Chirac tente de remettre les pendules à l’heure du IIIe millénaire.
Soulignons que le passage controversé de cette loi stipulait que “les programmes scolaires reconnaissent le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord”. Avec l’intervention de Chirac, un décret gouvernemental suffira désormais pour le supprimer. Si l’on se réfère aux déclarations du président de l’Assemblée nationale française, le Conseil constitutionnel devrait lui répondre “dans les 8 jours” qui viennent et la suppression de l'alinéa 2 de l’article 4 être effective “d'ici trois semaines”.

Hafida Ameyar
quotidien : Liberté de ce jour.

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