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morjane
04/02/2010, 17h04
Un an après les attentats-suicides qui avaient endeuillé le pèlerinage chiite à Kerbala en février dernier, l'histoire se répète. Lundi 1er février, une femme qui avait dissimulé une ceinture d'explosifs sous ses vêtements a finalement appuyé sur le détonateur semant la confusion et la désolation dans le quartier à majorité chiite de Chaab à Bagdad: 41 morts, 106 blessés. Cet attentat intervient alors que débute le pèlerinage marquant la fin des 40 jours de deuil de l'Achoura qui commémore l'anniversaire de la mort de l'un des personnages chiites les plus emblématiques, l'imam Hussein.

A l'approche des élections législatives du 7 mars, l'Irak semble à nouveau s'embourber dans un cycle infernal de violence. La recrudescence des attentats suicides ne présage rien de bon. Plus inquiétant encore, le phénomène des femmes kamikazes qui ne cesse de s'amplifier semble prendre des proportions démesurées.

Quelles motivations?

A l'image des activistes femmes tchétchènes surnommées les veuves noires à cause de leurs habits sombres et qui ont largement fait parler d'elles lors de la prise d'otages de Beslan en septembre 2004 ou encore celle d'octobre 2002 dans un théâtre moscovite, les femmes irakiennes prêtes à mener des attentats suicides semblent de plus en plus nombreuses.

Mais quelles sont les motivations de ces femmes qui décident – ou qu'on persuade – de se faire sauter en plein milieu d'une foule? Bien sûr, il y a celles qui ont perdu un mari, un fils ou un frère: le désir de vengeance est tout ce qui subsiste. Et puis, il y a les autres: celles que l'on manipule, celles que l'on conditionne, celles que l'on piège. A l'image des 80 femmes qui ont été victimes de Samira Ahmed Djassin.

Cette mère de famille de 51 ans, arrêtée le 21 janvier 2009 au nord de Bagdad, affirme avoir enrôlé des Irakiennes avec l'espoir d'en faire des kamikazes. Travaillant pour le compte d'un groupe islamiste sunnite, Ansar al Sunna, elle visait en particulier des femmes qui subissaient des violences ou des agressions sexuelles et leur présentait le sacrifice humain comme leur unique moyen de rédemption. Elle a même affirmé avoir organisé les viols de certaines femmes afin de faciliter leur recrutement. Selon ses dires, elle aurait commandité 28 attentats suicides.

Que dire de ces femmes, souvent plus motivées par la souffrance et le désespoir que par un quelconque engagement politique ou religieux? En menant des attentats aux explosifs, elles enfreignent deux interdits de l'islam: le meurtre et le suicide. Les groupes terroristes, quels qu'ils soient, ne s'embarrassent pas de telles considérations et voient l'aubaine, de leur point de vue, que ces femmes représentent. Elles attirent moins l'attention des autorités et échappent aux fouilles auxquelles les hommes sont sujets. Ce sont de parfaites bombes humaines envoyées au gré du vent semer la folie des hommes.

En chiffres

2007: 7 attentats suicides menés par des femmes en Irak
2008: 32 attentats suicides menés par des femmes en Irak

Source: autorités américaines.

Par Amina Semmoud, l'Express

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