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Voir la version complète : Gypsy Kings - Chico, cœur arabe et âme manouche


zek
06/02/2010, 16h27
Avec ses tubes Bamboleo et Jobi Joba, le leader des Gypsy Kings est devenu un des Gitans les plus célèbres dans le monde. Son parcours est étonnant.

Il est né Jahloul Bouchiki, à Arles, en 1954. D’une mère algérienne et d’un père marocain, il est devenu « Chico », le petit, un des Gitans les plus célèbres dans le monde. A l’image de son idole, Manitas de Plata avec lequel il a eu la suerte (« la chance ») de jouer. Rencontre avec le cofondateur des Gipsy Kings, également ambassadeur de la paix de l’Unesco depuis 1996. Un homme aux multiples cultures.

Plus Gitan qu’un Gitan

« J’ai grandi dans la culture gitane. J’ai eu la chance d’avoir des parents plein d’amour et, à côté de cela, j’ai rencontré la famille Reyes (des cousins de Manitas de Plata). Ils m’ont adopté sans examen de passage (rire). J’ai grandi avec leurs enfants, Nicolas et André. Nous vivions dans un quartier populaire. Tout petit, j’adorais traîner avec les grands. Quand mes amis me cherchaient, ils disaient : “il est où le Chico, le petit” ? Ce surnom est resté. A croire que c’était prédestiné pour la suite. »

Le succès des Gipsy Kings

« Nous avons démarré sous le nom de Los Reyes. En 1979, à la mort du leader du groupe, José Reyes, nous avons décidé de poursuivre l’aventure musicale. Un an plus tard, j’ai créé les Gipsy Kings. Ce nom était trop anglais et personne n’y croyait. Le directeur du marketing international chez Phonogramme (une major du disque) a tenté de me faire changer d’avis. De mon côté, j’étais persuadé que nous devions avoir un passeport international pour sortir des clichés. En 1987, Bamboleo devient un tube mondial. J’avais foi en notre réussite, mais je ne pensais pas qu’elle prendrait une telle ampleur. »

Brigitte Bardot, la bonne fée

« Elle a été extraordinaire pour nous. Brigitte dit que je suis son frère et je la considère comme ma sœur. Quelle fierté ! Sans elle, nous n’aurions jamais rencontré le succès. Elle m’a communiqué son enthousiasme, elle s’est battue pour nous, elle a parlé à des producteurs. A l’époque, elle venait danser pieds nus sur la plage, lors de soirées privées. Une vraie amitié est intemporelle, seule la vieillesse prend des rides. »

La séparation

« Les Gipsy Kings étaient mon bébé, en 1991 la séparation a été difficile. Les producteurs de l’époque étaient redoutables, ils ne voyaient que le business alors que nous étions une famille… (il soupire). C’est la vie. J’ai avancé, j’ai remonté un groupe, Chico et les Gypsies, qui fonctionne. C’est vrai qu’il m’arrive d’être nostalgique et d’avoir de la peine pour Nicolas et André (ses ex-acolytes). Nous nous sommes revus et reparlé, mais quelque part, je suis devenu le concurrent numéro un. »

Son frère assassiné

« Mon frère Ahmed était quelqu’un de très ouvert, de très tolérant (NDLR : il a été assassiné en 1973 par un commando du Mossad qui l’avait confondu avec un leader palestinien de l’organisation Septembre noir). Quand je me suis retrouvé, en 1994 à jouer à Oslo pour célébrer le premier anniversaire du traité de paix entre Shimon Peres et Yasser Arafat, c’était très symbolique. Le destin m’a ramené, vingt-trois ans après, dans le pays où mon frère a été assassiné. J’ai joué devant les gens pour qui il est mort. En apprenant tout cela, Frederico Mayor m’a nommé artiste et ambassadeur de la paix de l’Unesco, en 1996. Ma grande fierté. »

Chico et les Gypsies seront en concert le 16 avril à l’Olympia (Paris), et le 28 mai à Saint-Rémy-de-Provence pour soutenir le don d’organes

Loïc Torino-Gilles,
Edition France Soir

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