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Voir la version complète : Merci à Ben Laden de nous avoir débarrassé du "Dakar"


zek
07/02/2010, 11h27
Le rallye, qui n'a plus de sénégalais que le nom, se déroule pour la deuxième année de suite en Argentine et au Chili. Pour les Africains, c'est une bénédiction, estime le magazine dakarois Kotch.

Elle s'appelait Natalia Sonia Gallardo. Mais nul doute que pas grand monde ne se souviendra de son nom. Cette jeune femme qui croquait la vie à pleines dents a été fauchée par le véhicule 4x4 de l'Allemand Mirco Shultis lors de la première étape, le 1er janvier, du fameux rallye Dakar, qui se déroule cette année en Amérique du Sud. Elle n'est jamais que la cinquante-cinquième victime de cette chevauchée fantastique qui, malgré son lot de tués, est restée fidèle à sa logique aussi implacable que macabre : "The show must go on."

Pour le plus grand bénéfice des chaînes de télévision, des annonceurs et bien entendu des organisateurs, le spectacle ne doit en aucun cas s'arrêter. Pour sûr, il n'y a pas grand-monde en Afrique, le continent qui a payé le plus lourd tribut au Dakar, pour regretter ce déferlement annuel de grosses cylindrées pétaradantes. On se demande même, après coup, comment les dirigeants africains ont pu tolérer pendant si longtemps que leurs territoires soient transformés en immenses terrains de jeu par une horde casquée venue d'Occident et qui se soucie comme d'une guigne d'accidents souvent mortels.

Pour une fois, nombreux sont les Africains qui seraient enclins à remercier... Ben Laden ! En effet, ce sont ses sbires, par les menaces qu'ils faisaient peser sur les participants, qui ont obligé les organisateurs à "délocaliser" la course sur un continent où ils courent moins de risques de subir des attentats ou de se faire enlever.

Maintenant, c'est au tour de nos cousins d'Amérique latine de découvrir tout le mal qu'on pense de cette triviale poursuite entre autos et motos : accidents mortels, pollution, désastres écologiques... Une ONG, la FUNAM (Fondation pour la défense de l'environnement), avait même déposé en décembre un recours pour empêcher que le Dakar ne passe par la province de Córdoba, accusant au passage les autorités argentines de n'avoir réalisé aucune étude sur l'impact environnemental de la course infernale.

En vain : le Dakar est devenu un business trop lucratif pour s'émouvoir de ce genre d'états d'âme.

Barka Ba
Kotch

absent
07/02/2010, 11h47
comment les dirigeants africains ont pu tolérer pendant si longtemps que leurs territoires soient transformés en immenses terrains de jeu

C'est ce que je me suis toujours demandé. Bon débarras.

SLOUGI
07/02/2010, 12h24
Ils pouvaient dire la même chose sans remercier l'autre malade. Maintenant, pour ce rallye c'est difficile de se prononcer quant aux bienfaits et dégâts qu'ils causent.

On a beaucoup critiqué (à juste titre) les excès de prudence de certains à l'approche de zones peuplées. Il y a eu des modifications apportées et les choses se sont plutôt mieux passées par la suite.

Les accidents qu'on peut surtout regretter, c'est ceux de personnes qui n'avaient rien à voir avec les spectateurs, qui passaient là par hasard. Pour les autres accidents, c'est bien entendu très regrettable, mais on voit des personnes qui s'agglutinent dans des zones "dangereuses" pour avoir un meilleur angle de vision. Quand le véhicule fait une sortie de route, ils sont les premiers à se trouver en face. On retrouve ça dans de nombreux autres rallyes dans le monde et même sur le Tour de France.

Maintenant, il ne faut pas oublier les retombées médiatiques de cette course. Elle a permis à de nombreuses personnes (téléspectateurs, pilotes...) de découvrir nos régions. On en voit aujourd'hui les retombées par exemple au Maroc. Vous avez des caravanes de motards qui visitent le pays car ils ont apprécié les paysages vus à la télé.

Concernant la prochaine édition, j'ai entendu que les organisateurs réfléchissaient à un retour en Afrique pour l'année prochaine.

C'est vrai que continuer à appeler une course Dakar alors qu'elle se déroule en Amérique du Sud...

Il y avait des personnes qui souhaitaient organiser une autre compétition pour remplacer le Dakar, ils ont été empêcher par les organisateurs historiques qui refusaient le nom et même l'arrivée à Dakar (quelque chose comme ça).

Enfin tout cette discussion peut paraître futile au vu des véritables problèmes de nos régions.

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