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nassim
01/02/2006, 00h26
Ci dessous, un excellent article du Figaro qui nous raconte le périple de Bill Gates et de sa femme, Melinda, partis en Inde pour sauver des centaines de milliers d'enfants grâce aux milliards de dollars que le couple américain donne chaque année via sa fondation en faveur d'organisations telle que l'OMS, Malaria vaccine initiative...etc.

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En Inde, avec Bill Gates le philanthrope

Engoncée dans une combinaison de ski, mais pieds nus, cette toute petite fille, accompagnée de sa mère, se moque à l’évidence de savoir qui est Bill Gates, consacré « personnalité de l’année 2005 » par le magazine Times. En cet instant, ce que semblent redouter ses grands yeux noirs, c’est plutôt cette aiguille démoniaque avec laquelle le médecin s’apprête à la vacciner. Comme elle, des dizaines d’enfants, accrochés au sari de leur mère, attendent dans le couloir de cet hôpital délabré de l’Uttar Pradesh, au nord de l’Inde, de subir le même sort : être immunisés contre l’hépatite B, la polio ou la diphtérie. Comme elle, ils le doivent, directement ou indirectement, à Bill Gates, l’homme le plus riche du monde.

Le fondateur de Microsoft, dont la fortune est estimée à 51 milliards de dollars (43 milliards d’euros) est aussi à l’origine de la plus grande fondation philanthropique du monde, la Bill & Melinda Gates Foundation, dotée de près de 30 milliards de dollars. Lesquels représentent la moitié de la somme allouée chaque année par les pays riches aux pays pauvres, au titre de l’aide au développement. Ramené au rang des Etats, Bill Gates représenterait, à lui seul, la neuvième puissance donatrice. Créée en 2000, la Gates Foundation a déjà déboursé 9,26 milliards de dollars, dont 5,5 milliards pour la lutte contre les maladies dans le monde. L’année dernière, elle aura dépensé autant d’argent que l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Pourquoi la santé plutôt que les infrastructures ou l’amélioration des facteurs sociaux, comme on le lui reproche parfois ? La réponse fuse : « Parce qu’aucun développement économique n’est envisageable sans une population en bonne santé », rétorque Bill Gates. Beaucoup ont persiflé contre le « maître de l’univers » devenu « Bon Samaritain ». On l’a suspecté de vouloir redorer une image passablement écornée par deux procès retentissants, en 1994 et en 2000, pour abus de position dominante, on l’a taxé de mégalomanie, on lui a reproché de s’acheter une bonne conscience. Peut-être... Tout comme on peut se demander à quoi sert d’offrir un ordinateur qui monopolisera la seule prise électrique disponible d’un centre de soins. Et il faut bien le reconnaître, lors des tournées humanitaires du couple Gates, Microsoft n’est jamais loin. Entre deux visites d’hôpitaux en Inde, Bill Gates a pris le temps d’aller voir les installations locales du groupe informatique, d’annoncer des investissements futurs ainsi que 3 000 créations d’emplois, et de dîner avec le premier ministre, Manhmohan Singh.

Il n’empêche. A ce jour, 55 millions d’enfants ont pu être vaccinés grâce à la prodigalité des époux Gates. « L’un des objectifs du millénaire [NDLR : édictés par l’ONU en 2000, ils visent, en huit points, à réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici à 2015] est de réduire la mortalité infantile des deux tiers d’ici à cinq ans. On va y arriver grâce à la vaccination, c’est cela qui importe », explique Allan Court, le numéro deux de l’Unicef.

Parmi les principaux bénéficiaires des dons de la Fondation figurent l’OMS, la Malaria vaccine initiative et le Gavi (l’Alliance mondiale pour les vaccins) qui, depuis 2000, date de sa création, a reçu 1,5 milliard de dollars. Grâce à la pression, discrète mais appuyée, des Gates auprès de différentes puissances, dont la France et la Grande-Bretagne, les soutiens se sont multipliés. L’Alliance dispose aujourd’hui d’un fonds de 8 milliards de dollars, et se targue d’avoir sauvé, en cinq ans, un million de vies. Tout comme les vastes campagnes de vaccination ont permis de faire baisser les prix. « Il y a vingt ans, une dose de vaccin pour l’hépatite B coûtait 20 dollars, aujourd’hui seulement 40 cents. C’est moins cher que d’envoyer une carte postale », remarque Jean-Marie Okuo-Bele, de l’OMS. Même les laboratoires s’y retrouvent financièrement. Et acceptent désormais de vendre simultanément dans le monde entier leurs vaccins, au lieu d’attendre de les avoir amortis dans les pays riches avant de les céder à bas prix dans le tiers-monde.

« Le Gavi, c’est le meilleur investissement que nous ayons fait à la Fondation », se réjouit Bill Gates, pour qui la logique « business » prévaut toujours. Il délègue volontiers, fait confiance à ses équipes comme aux organisations récipiendaires. Mais il veut des résultats. Rapides. Tangibles. Faute de quoi... « Nous laissons toujours les institutions sur place s’organiser comme elles l’entendent », souligne Jean-Pierre Le Calvez, un ancien de chez Apple aujourd’hui au Gavi, « mais quand les résultats ne sont pas au rendez-vous, nous coupons les vivres, le temps de dépêcher un audit pour comprendre ».

A l’inverse, quand les objectifs sont dépassés, les pays ont droit à un bonus de 30 dollars par enfant. C’est le cas de la République démocratique du Congo, qui a récemment empoché une prime de 6 millions de dollars. C’est cela la méthode Bill Gates. En philanthropie comme en affaires, l’efficacité doit primer. Il ne voit pas pourquoi des règles qui ont fait le succès de son entreprise ne pourraient pas s’appliquer à une démarche humanitaire. « C’est quelqu’un de pragmatique, confie un proche. Pour lui, il y a des problèmes que l’on peut résoudre tout de suite. C’est simplement une question d’argent. » Sa garde rapprochée dit de lui qu’il aime le côté technique des choses, les rapports ; qu’il goûte particulièrement la compagnie des médecins et autres scientifiques. A son épouse Melinda, la chaleur humaine et le contact.

« Voir ces femmes emprunter des routes dangereuses avec autant de patience, pour faire vacciner leurs enfants, m’émeut beaucoup. Et je l’avoue, je ne suis pas sûre d’être capable d’en faire autant pour mes enfants », avoue-t-elle, devant un parterre de sommités. C’est elle qui, deux à trois fois par an, parcourt le monde pour s’enquérir des besoins, vérifier la bonne marche des opérations, « et apprendre ». C’est elle encore qui console, prend des bébés dans ses bras, s’assoit en tailleur avec des prostituées pour écouter leurs doléances. Avec toujours la même antienne : « En tant que parent, je ne peux rien imaginer de pire que la mort d’un enfant. » Les siens, au nombre de trois, n’hériteront « que » de 5 % de la fortune de leurs parents. Les 95 % restants iront à la Fondation.

Par Sixtine LEON-DUFOUR - Le Figaro

matoub1
01/02/2006, 07h29
Pourquoi la santé plutôt que les infrastructures ou l’amélioration des facteurs sociaux, comme on le lui reproche parfois ?
A ma connaissance Bill Gates et parmi les rares à financer des librairies du monde entier , il leur fournit des ordinateurs par exemple , c'est pas mal non?
http://www.piclibs.com/funny/f98.jpg

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