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mohoo
19/02/2010, 18h46
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Le «miracle» n'aurait finalement pas eu lieu. Un neurologue de l'université de Liège affirme que Rom Houben, un Belge dans le coma depuis 1983, n'est pas en mesure de communiquer avec l'extérieur contrairement à ce que les médias avaient annoncé en novembre dernier.
La technique dite de «communication facilitée», censée lui permettre d'échanger avec l'extérieur, avait déjà été mise en doute par certains experts. Selon cette méthode, le patient est supposé guider la main d'un thérapeute du langage qui tape ses pensées à l'aide d'un clavier.

Les médecins de Rom Houben avaient estimé que la technique fonctionnait. Mais l'un d'eux, le Dr. Steven Laureys, de l'université de Liège, reconnaît désormais qu'il n'en est rien et que si M. Houben est conscient, il ne communique pas. «Nous n'avions pas toutes les données avant», a-t-il expliqué vendredi.

Rom Houben avait 20 ans lorsqu'il a été blessé dans un accident de voiture en 1983, et était considéré comme se trouvant dans un état végétatif, dans lequel un patient est inconscient et il n'y aucune preuve de perception ou de mouvement intentionnel.

Suite à des tests menés il y a quatre ans, Le Dr. Laureys et son équipe l'ont diagnostiqué comme étant conscient. Ils ont réalisé des scanners prouvant que son cerveau était plus actif que ce que d'autres médecins pensaient.

Selon le Dr. Laureys, la famille du patient a sollicité les services d'une thérapeute du langage pour utiliser la communication facilitée. «Je n'ai pas prescrit cette technique», souligne-t-il, précisant que la famille «a agi par amour et compassion.»

En novembre 2009, l'hebdomadaire allemand «Der Spiegel» avait été le premier à annoncer le «miracle», bientôt relayé par l'ensemble de la presse. La thérapeute de M. Houben avait déclaré pouvoir sentir la pression de sa main guidant la sienne sur un clavier. Un test rudimentaire avait été conduit, semblant prouver que c'était bien le patient qui communiquait.

Mais depuis, le Dr. Laureys a réalisé une étude sur trois thérapeutes du langage travaillant avec des patients dans un état de conscience minimal, dont M. Houben. Dans deux de ces cas, dont celui de M. Houben, la technique a échoué. Le Dr. Laureys a présenté les résultats de ses recherches la semaine dernière dans une conférence sur la neuropsychiatrie à Londres.

«Pour moi, cela suffit pour dire que cette méthode ne marche pas», explique-t-il. D'autres experts estiment que la technique de communication facilitée n'aurait jamais dû être utilisée. «C'était trop beau pour être vrai et nous n'aurions pas dû y croire», estime Arthur Caplan, professeur de bioéthique à l'université de Pennsylvanie.

Tom McMillan, professeur de neuropsychologie à l'université de Glasgow, précise que la communication facilitée peut être utilisée avec certains patients, mais pas avec ceux comme M. Houben qui ont subi de graves lésions cérébrales.

Plus largement, la question est de savoir si les personnes comme M. Houben qui ont subi une blessure cérébrale traumatique sont conscientes et éveillées, soulignent les experts. Dans une étude publiée au début du mois, le Dr. Laureys et d'autres chercheurs ont rapporté la découverte de signes de conscience chez des patients apparemment dans un état végétatif suite à de graves lésions cérébrales.

(ap)

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