phalangeois
16/12/2004, 21h33
Bismillahi ar-Rahmâni ar-Rahîm
« Ibn al-Qayyîm : Chapitre : « Sa (sallallahu 'alayhi wa sallam) guidance quant au Djihâd, aux batailles, raids et délégations. » [1]
[Le Djihâd est le summum et l'édifice de l'islâm]
« Puisque le Djihâd est le summum et l'édifice des structures de l'Islâm, et que les rangs de ceux qui l'accomplissent sont les plus hauts rangs du Paradis, de même qu'ils seront également élevés dans ce monde ici-bas, - car ils sont les plus plus élevés dans ce monde et l'au-delà - et bien, (à la lumière de cela), le Messager d'Allâh (sallallahu 'alayhi wa sallam) est donc au plus haut sommet de [ce Djihâd].
[Le Messager sallallahu 'alayhi wa sallam) fut le plus grand « Mudjâhid »]
Et il fut préoccupé par tous ses types. Ainsi, il accomplit le Djihâd dans le sentier d'Allâh comme il mérite d'être véritablement accomplit pour Lui, avec le cœur, les membres, avec la dou'a [l'invocation d'Allâh], avec le bayân [clairvoyance/clarté], et avec l'épée et la lance. Et chacune de ses heures était suspendue (à l'accomplissement du) Djihâd, avec le cœur, la langue et la main. Pour cette raison, il fut le plus élevé des deux mondes [Les Djinn et les Êtres humains] dans le rappel, et le meilleur d'eux au niveau de son statut auprès d'Allâh.
[Le Djihâd débuta par la transmission des preuves]
Et Allâh Ta'âla lui ordonna le Djihâd, depuis le tout début, lorsque l'élu et l'envoya [en tant que Messager] :
« N'obéis donc pas aux infidèles ; et avec ceci (le Coran), lutte contre eux vigoureusement. » [2]
Et cette sourate « Al-Furqân » est une sourate Mecquoise, dans laquelle le Djihâd contre les Kouffar [mécréants] fut ordonné avec « al-Hujja » [la preuve], al-bayân [la clarification/explication], et le fait de transmettre le Qor'ân. De même, le Djihâd contre les Mounafinqîn [les hypocrites] s'accomplit par le fait de leur transmettre la preuve (c'est-à-dire le Qor'ân), et autrement, ils sont sous l'hégémonie des Musulmans. Il, Ta'âla, dit :
« Ô Prophète, lutte contre les mécréants et les hypocrites, et sois rude avec eux ; l'Enfer sera leur refuge, et quelle mauvaise destination ! » [3]
Ce Djihâd contre les hypocrites [al-Mounafiqîn] est plus difficile que le Djihâd contre les mécréants, et ce Djihâd est entrepris par les individus les plus spéciaux et uniques de le Oummah, les Héritiers des Prophètes, et ceux qui l'accomplissent, qui y participent, et s'assistent mutuellement dedans sont certes les (gens) uniques de ce monde. Quand bien même ils sont les plus petits en nombre, ils ont le plus haut rang auprès d'Allah. [4]
Et puisque le Djihâd le plus méritoire consiste en [le fait de prononcer] une parole de vérité à la face de la rigueur et de la dureté des opposants, de telle sorte que tu dise la vérité à celui dont tu crains l'autorité et le pouvoir, et bien les Messagers ('alayhim as-salam) ont donc une grande part de cela (ce type de Djihâd). Et notre Prophète (sallallahou 'alayhi wa sallam) accomplit le plus grand et le plus parfait des Djihâd en regard de cela. [5]
[Le Djihâd contre les ennemis est une branche du Djihâd an-Nafs [Djihâd contre l'âme, les passions]
Bien plus, puisque le Djihâd extérieur contre les ennemis d'Allâh est une branche du Djihâd intérieur du serviteur contre sa propre âme dans le sentier d'Allâh, de même que le Prophète (salla llahou 'alayhi wa sallam) a dit : « Le Moujâhid est celui qui combat son âme en obéissance à Allâh, et le Mouhâdjir est celui qui émigre loin de ce qu'Allâh a interdit ». [6]
Et bien le Djihâd contre l'âme est prioritaire sur le Djihâd extérieur contre les ennemis. Et c'est en vérité son asl [son fondement, sa base]. Car celui qui, en premier lieu, n'accomplit pas le Djihâd contre son âme afin qu'elle fasse ce qui lui a été ordonné et qu'elle abandonne ce qui lui a été interdit, et qu'il engage une guerre contre elle dans le sentier d'Allâh, et bien il ne lui sera pas possible d'accomplir le Djihâd extérieur contre son ennemi.
Comment est-il possible pour lui d'accomplir le Djihâd contre son ennemi (extérieur) et qu'il recherche la vengeance contre lui, tandis que l'ennemi qui se situe entre ses deux côtés (c'est-à-dire son âme) le subjugue, l'accable, le contrôle, et contre lequel il n'accomplit pas le Djihâd , ni il n'engage de guerre contre lui dans le sentier d'Allâh. Certes, il ne sera pas capable de sortir vers l'ennemi, jusqu'à temps qu'il fasse le Djihâd contre sa propre âme, afin de sortir (par la suite).
[Un troisième Djihâd est en fait le fondement des deux Djihâd ci-dessus : le Djihâd contre Shaytân]
Le serviteur est éprouvé et testé par le Djihâd de ces deux ennemis [l'intérieur et l'extérieur, c'est-à-dire l'âme et les kouffar]. Et entre ces deux-là, il y a un troisième ennemi, et il n'est pas possible pour lui d'accomplir le Dihâd contre ces deux-là (l'intérieur et l'extérieur) excepté en accomplissant le Djihâd contre celui-ci (le troisième). Car celui-ci (cet ennemi) empêche le serviteur d'accomplir le Djihâd contre ces deux-là (ces ennemis) et il l'entraîne à l'abandonner, et il le mène à le faire trembler [de peur de ces Djihâd], et il ne cesse de lui dépeindre les diverses difficultés, l'abandon des parts de ce monde, la être des plaisirs et délices qui suivent le fait d'accomplir le Djihâd contre ces deux-là (les ennemis intérieurs et extérieurs). Il n'est pas possible pour lui d'accomplir le Djihâd contre ces deux ennemis excepté en accomplissant le Djihâd contre celui-ci, et le Djihâd cintre-lui (ce troisième ennemi) est le fondement (asl) du Djihâd contre ces deux-là. Et c'est le Shaytân.
Allâh Ta'âla dit :
« Certes le Shaytân est pour vous un ennemi, prenez-le donc pour ennemi. » [7].
Et l'ordre de le prendre pour ennemi ici est une indication du fait (de devoir) dédier tous ses efforts à le combattre, et à fait Djihâd contre lui, comme s'il était un ennemi qui ne relâchait jamais, et qui ne cessait jamais sa guerre contre le serviteur, même pour quelques instants.
Ainsi, ces trois ennemis, le serviteur a été ordonné de les combattre et d'accomplir le Djihâd contre eux, et il est également mis à l'épreuve dans le fait de les combattre dans ce séjour (sur terre). Et ils sont lâchés sur lui en tant que test, et examen d'Allâh et comme épreuve.
[Allâh met Ses serviteurs à l'épreuve et leur donne les moyens d'y voir clair à travers eux]
Et Allâh a donné au serviteur de l'aide, des outils, des moyens de supports, et des armes afin d'accomplir ce Djihâd, et Il a également donné à ses ennemis de l'aide, des outils et des moyens de support, et Il a mis un groupe à l'épreuve par l'autre, et Il a également fait de chacun d'eux un test pour l'autre afin qu'Il teste ce qui a été dit à leur propos (c'est-à-dire ce qui a été prétendu à leur propos), et qu'Il examine lequel des deux fait preuve de loyauté envers Lui et Ses Messagers, et lequel des deux fait preuve de loyauté envers Shaytân et son parti, ainsi que Le Très Haut a dit :
« Et Nous avons fait de certains d'entre vous une épreuve pour les autres -endurerez-vous avec constance ?- Et ton Seigneur demeure Clairvoyant. » [8].
Et Le Très-Haut a dit :
« Car si Allâh voulait, Il se vengerait Lui-même contre eux, mais c'est pour vous éprouver les uns par les autres. » [9].
Et Le Très-Haut a dit :
« Nous vous éprouverons certes afin de distinguer ceux d'entre vous qui luttent (pour la cause d'Allâh) et qui endurent. » [10]
Ainsi Il a donné à Ses serviteurs la faculté d'entendre et de voir, et l'intellect et les forces (de divers genres), et Il a révélé Ses Livres sur eux, et leur a envoyé Ses Messagers, et les a fortifié par les Anges, et leur a dit :
« Et ton Seigneur révéla aux Anges : « Je suis avec vous : affermissez donc les croyant ». [11]
[Ce qui apporte aide et soutient aux serviteurs]
Et Il [Allâh] leur a également ordonné de rester fidèles à son commandement, dans lequel il y a le meilleur soutient pour eux dans la guerre contre leur ennemi. Ainsi Il les informa que s'ils accomplissent ce qu'Il leur a ordonné, ils ne cesseront d'être aidés contre Son ennemi et leur ennemi. Et que s'Il devait donner le pouvoir à l'ennemi contre eux, et bien ce ne serait que dû à leur délaissement de ce qu'Il leur a ordonné, et à cause de leur désobéissance envers Lui. Et même alors, Il ne les priverait point d'espoir, et ne les pousserait pas à désespérer. Plutôt, Il leur ordonne de faire face à leurs problèmes, de soigner leurs blessures, et de retourner encore s'opposer à leurs ennemis. Et Il les aidera alors contre l'ennemi et leur donnera victoire sur lui.
Ainsi, Il les a informés qu'Il est avec les pieux [al-moutaqîn] parmi eux, et ceux qui font les bonnes oeuvres [al-mouhsinîn], et avec les patients [as-Sabirîn] et les croyants [al-mou'minîn], et qu'Il défend, protège, Ses serviteurs croyants par des voies avec lesquels ils ne peuvent se défendre eux-mêmes. Plutôt, par Sa défense, Sa protection en leur faveur [de telles manières] qu'ils sont soutenus contre leur ennemi, et n'eut été Sa protection, leur ennemi les auraient dévastés et détruit.
[La défense d'Allâh envers les croyants selon leur niveau de Foi]
Et cette défense envers eux est en accord avec leur degré de Imân [foi], et en accord avec l'importance, la mesure [de cette Imân]. Si l'Imân [foi] s'accroît, se renforce, alors la protection s'accroît également. Ainsi, quiconque trouve du bien, alors qu'Il loue Allâh, et quiconque trouve autre que cela, alors qu'il ne blâme nul autre que lui-même. [12]
[Le Djihâd qu'Allâh a ordonné à chaque croyant]
Et Il leur a également ordonné d'accomplir le Djihâd dans Son sentier, ainsi qu'il se doit d'être véritablement accomplit pour Lui, de même qu'Il leur a ordonné de Le craindre comme Il se doit véritablement d'être craint. Et tout comme la véritable crainte de Lui est qu'Il soit obéit et non désobéit, rappelé et non oublié, remercié et non fait montre d'ingratitude envers Lui, et bien le véritable Djihâd dans Son sentier est que le serviteur accomplisse le Djihâd contre sa propre âme, afin que son cœur, sa langue et ses membres soient asservis et soumis à Allâh. De telle sorte que tout ceci est pour Allâh, non pour sa propre âme ou par sa propre âme. Et qu'il accomplisse le Djihâd contre Son Shaytân [démon] par le fait de rejeter sa promesse, et en désobéissant à son ordre et en faisant ce qu'il interdit, car il [Chaytân] ne promet que des promesses vides, et il crée la tromperie [duperie], et il promet la pauvreté, et il ordonne l'infamie et interdit la piété et la guidance, la chasteté et la patience, et toutes les caractéristiques de la foi. Ainsi, accomplit le Djihâd contre lui en rejetant sa promesse et en désobéissant à son commandement, et alors, de ces deux Djihâd [l'un contre Chaytân, l'autre contre son âme] [13].
[Les paroles des Salafs [anciens pieux prédécésseurs] concernant le Djihâd]
Et les paroles des Salafs concernant le droit du Djihâd sont diverse :
Ainsi, Ibn 'Abbâs a dit :
« C'est de vouer toute sa force, ses moyens, pour Lui, et qu'il ne craigne, dans le sentier d'Allâh, le reproche de quiconque ».
Muqâtil a dit :
« Travaille pour Allâh comme Il mérite que l'on travaille pour Lui, et adore-le comme Il doit véritablement être adoré ».
Et 'Abdullâh Ibn al-Mubârak a dit :
« C'est de combattre l'âme et les désirs [an-Nafs wal-hawa]. »
[Le Djihâd selon la capacité et les moyens, et Allâh n'inflige la difficulté à personne]
Et quant à celui qui a dit que deux versets étaient abrogés à cause de sa croyance qu'ils ordonnent quelque chose qu'il est incapable d'accomplir, et que Le craindre comme Il se doit d'être craint et faire le Djihâd pour Lui comme il se doit d'être accomplit pour Lui consiste en tout ce dont un serviteur est capable : Cela varie pour chacun, en fonction de la situation variante de chacun en terme de force, de capacité et d'incapacité, de science et d'ignorance. Ainsi, la crainte d'Allâh comme Il se doit d'être craint et faire le Djihâd pour Lui comme il se doit d'être accomplit pour Lui, en ce qui concerne celui qui a la capacité et la faculté [al-qadîr wal-moutamakkîn], et qui a la science, est une chose. Et en ce qui concerne celui qui est incapable et ignorant et faible [au niveau de la taqwa (piété) et du Djihâd], cela est une autre chose. [14] Et regarde donc comment Il a fait suivre ce commandement [d'accomplir le Djihâd comme il se doit d'être véritablement accomplit pour Lui] par Sa Parole :
« C'est Lui qui vous a élus ; et Il ne vous a imposé aucune gêne [harajîn] » [15].
Et la signification de Al-Haraj est Ad-Dayyiq (ce qui est confiné, étroit, restreint, qui gêne). Plutôt, Il l'a fait (la religion) vaste, et suffisant pour tout individu, tout comme Il a fait que sa subsistance atteigne et soit suffisante pour chaque être vivant, et Il a imposé au serviteur ce qu'il peut supporter, et Il a donné subsistance au serviteur avec ce qui est suffisant pour lui. Ainsi, il est capable d'accomplir ce dont il a été chargé et sa subsistance lui suffit, et Il n'a point imposé de difficultés à son serviteur dans la Religion sous quelque angle que ce soit. Le Prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam) dit : « J'ai été envoyé avec Al-Hanafiyyah As-Samha », c'est-à-dire avec la Religion, qui est Al-Hanafiyyah [droite] dans le tawhîd et samha en action.
Et Allâh - Subhânnahu wa Ta'âla- a pourvu Ses serviteurs de largesse et de répit par Sa Religion, et Sa subsistance, Son pardon, Sa miséricorde, et Il a également ouvert grandes les portes du repentir pour eux, et ce, tant que l'âme reste dans le corps, et il a aussi ouvert grand une porte pour eux [celle du Repentir], qu'Il ne fermera pas jusqu'à ce que le Soleil se lève de l'Occident.
Il a également fait pour chaque péché une expiation qui enlève ce péché, par la voie du repentir, de l'aumône, ou d'une bonne action qui l'efface, ou bien d'une calamité qui l'expie. Et Il a également fait pour chaque chose qu'Il a interdite, une chose qui est halal, et qui est plus bénéfique qu'elle [que ce qui est harâm], et qui est plus salutaire, plus délicieuse, afin qu'elle prenne sa place (au harâm) et que le serviteur ne soit pas dans le besoin de ce qui est harâm [interdit], et afin que le halal lui suffise, et qu'il ne soit pas gêné. Et Il a fait que chaque difficulté par laquelle Il les éprouve ait de la facilité à la fois avant et après elle : « Une difficulté ne surpassera pas deux facilités » [16] Donc telle est Sa manière d'agir, au Sublime, avec Ses serviteurs, ainsi, comment pourrait-Il leur imposer ce qu'ils ne peuvent atteindre, et encore moins avoir la capacité et la force de le faire ?
[b] [Le Djihâd [la lutte/l'éffort] a quatre niveaux]
Lorsque cela est connu, et bien el Jihad est de quatre degrés :
1) le Djihâd de l'âme [Djihâd an-Nafs],
2) le Djihâd de Shaytân [Satan]
3) le Djihâd des Koufâr [mécréants],
4) le Djihâd des Mounafiqîn [hypocrites].
1) [Le Djihâd de l'âme] :
Ainsi, le Djihâd de l'âme est lui-même de quatre niveaux :
Le premier : Qu'il accomplisse le Djihâd contre elle [l'âme] afin d'apprendre la guidance, et la religion de vérité en dehors de laquelle il n'y a point de succès, ni de bonheur, dans cette vie ou dans l'autre. Et lorsque l'âme perd la connaissance de cela, alors elle sera misérable dans les deux demeures [la vie présente et l' au-delà].
Le second : Qu'il accomplisse le Djihâd contre elle de façon à agir sur cette connaissance, après qu'elle l'ai apprise, autrement, la simple connaissance en soit, sans l'action, et bien s'il ne fait pas de mal, elle ne fait pas de bien non-plus.
Le troisième : Qu'il accomplisse le Djihâd contre elle, en appelant à cette connaissance, en l'enseignant à celui qui ne la connaît pas, autrement, il fera partie de ceux qui cachent ce qu'Allâh a révélé comme guidance et preuves claires. Et ainsi sa connaissance ne lui bénéficiera en rien, ni elle ne le délivrera du Châtiment d'Allâh.
Le quatrième : Qu'il accomplisse le Djihâd contre elle dans le fait d'avoir la patience quant à la difficulté d'appeler à Allâh, et aux maux de la création, et qu'il supporte tout cela pour Allâh.
Ainsi, lorsqu'il parfait chacun de ces quatre niveaux, il fera partie des Rabbâniyyîn, car les Salafs sont unanimes qu'un savant ne mérite point d'être appelé « Rabbânî » jusqu'à temps qu'il sache la vérité, la met en pratique et l'enseigne. Dès lors, quiconque savait et a pratiqué et enseigné, alors un tel individu est alors cité de manière abondante dans les cieux [par les Anges].
2) [Le Djihâd contre Chaytân]
Quant au Djihâd contre Chaytân, il est de deux niveaux :
Le premier : Accomplir le Djihâd contre lui dans le fait de repousser ce qu'il lance au serviteur comme doutes et idées fausses au sujet de Al-Imân .
Le second : Accomplir le Djihâd contre lui dans le fait de repousser ce qu'il lui lance comme intentions corrompues, et passions.
Après le premier Djihâd (le repoussement des doutes), il y a « Al-Yaqîn » [la certitude], et après le second Djihâd [le repoussement des passions] il y a « As-Sabr » [la patience].
Le Très Haut a dit :
« Et Nous avons désigné parmi eux des dirigeants qui guidaient (les gens) par Notre ordre aussi longtemps qu'ils enduraient et croyaient fermement en Nos versets ». [17].
Ainsi Il a informé que le pouvoir dans la religion est atteint par la patience et la certitude. Ainsi la patience repousse les désirs et les intentions vaines, et les fausses idées.
3) et 4) [Le Djihâd contre les kouffâr [mécréants] et les hypocrites]
Quant au Djihâd contre les Kouffar et les mounafiqîn, il est de quatre niveaux :
- Avec le cœur,
- Avec la langue,
- Avec les biens,
- Avec l'âme [sa propre personne].
Et le Djihâd contre les Kouffar est plus spécifique avec la main, et le Djihâd contre les Mounafiqîn [hypocrites] est plus spécifique par la langue.
[ Le Djihâd contre les maîtres de l'injustice, de la bid'a [innovation] et du « mounkar (blâmable) »]
Quant au Djihâd contre les maîtres de l'oppression, de l'innovation et des maux, et bien il est de trois niveaux :
Le premier, avec la main lorsque l'on en est capable. Donc s'il en est incapable, alors il se reporte à la langue, et s'il en est incapable, alors avec son cœur.
[Il y a treize niveaux] : Donc ce sont treize niveaux du Djihâd [en totalité] : « quiconque meurt et n'a pas combattu, ou n'a pas eu le désir de combattre, alors il meurt sur l'une des branches de l'hypocrisie ». [18]
[Le Djihâd n'est complet sauf avec le Hijrah, la signification de la Hijrah, et il n'y a point de Hijrah excepté avec foi]
Et le Djihâd n'est complété que par la Hijrah, et il n'y a nul Djihâd, ni Hijrah, excepté avec Imân [foi]. Et ceux qui placent leur espoir dans la Miséricorde d'Allâh, ce sont ceux qui ont réalisé ces trois points. Le Très Haut dit :
« Certes ceux qui ont cru, émigré et lutté dans le sentier d'Allâh, ceux-là espèrent la miséricorde d'Allâh. Et Allâh est Pardonner et Miséricordieux ». [19]
Et de même que l'Imân est obligatoire [fardh] pour chacun, et bien deux types de Hijrah sont obligatoires à tout instant : une Hijrah [émigration] vers Allâh -Subhânnahu Wa Ta'âla- avec le tawhîd, al-Ikhlâs [la sincérité] et al-Inâba [le remords], at-Tawakkoul [la confiance], al-Khawf [la crainte], ar-Radjâ [l'espoir], al-Mahabba [l'amour], et at-Tawbah [le repentir].
Et aussi une Hijrah vers Son Messager (sallallahu 'alayhi wa sallam) avec al-Mouttaba'a [le suivi], et la soumission, et le fait de suivre son commandement [Amr] et de croire en ce dont il a informé [al-Khabar], et de placer sa parole et son commandement au-dessus de toute parole et commandement de tout autre, [ainsi qu'il (sallallahu 'alayhi wa sallam) l'a dit] : « Ainsi, quiconque accomplit la Hijrah vers Allâh et Son Messager, alors sa Hijrah sera pour Allâh et Son Messager. Et quiconque a accomplit sa Hijrah pour ce monde afin d'en gagner une part, ou pour une femme pour se marier avec elle, et bien sa Hijrah sera pour ce pourquoi il a émigré ».
[Le houkm [avis] du Djihâd]
Et afin d'accomplir le Djihâd contre sa propre âme pour Allâh, il lui est obligatoire également de faire Djihâd contre son Chaytân. Ainsi tout cela est « Fardh 'ayn » [obligatoire individuel], et nul ne peut déléguer cela à une autre personne.
Quant au Djihâd contre les Kouffar et les Mounafiqîn, et bien il se suffit [d'être accomplit] par certains de la Oummah, lorsqu'ils remplissent les conditions du Djihâd.
[La perfection est fondée sur la perfection (de l'accomplissement) de chacun des niveaux du Djihâd ]
Et le plus parfait de la création d'Allâh est celui qui a parfait tous les niveaux du Djihâd. Et [ceux parmi la] création ont varié [entre eux] quant à leur position auprès d'Allâh, [fondée sur] leur degré variable d'accomplissement des divers degrés du Djihâd.
Pour cette raison, le plus parfait et le plus noble de la création d'Allâh fut le sceau de Ses Messagers, car il a parfait les niveaux du Djihâd, accomplit véritablement le Djihâd dans le sentier d'Allâh ainsi que le Djihâd se doit véritablement d'être accomplit pour Lui. Et il a également engagé ce Djihâd à partir du moment même où il fut envoyé [en tant que Messager], et ce jusqu'à ce qu'Allâh -Subhanahu wa ta'âla- le reprenne. Ainsi, lorsqu'Il lui révéla :
« O toi le revêtu d'un manteau ! Lève-toi et avertis. Et de ton Seigneur célèbre la grandeur. Et tes vêtements, purifie-les. » [20]
Il pris le chemin de la da'wah avec zèle et vigueur, et il se leva pour Allâh de la manière la plus complète, et il appela jour et nuit, en secret et en public. Et lorsqu'Il révéla :
« Expose donc clairement ce qu'on t'a commandé et détourne-toi des associateurs » [21]
Il commença à proclamer publiquement le commandement d'Allâh, sans être retenu par (la crainte) du blâme des blâmeurs. Ainsi il appela le jeune et le vieux, l'esclave et l'homme libre, l'homme et la femme, le rouge et le noir, les Djinns et les hommes, à Allâh.
Et lorsqu'il proclama publiquement le commandement d'Allâh, et qu'il fit da'wah publiquement à son peuple, et qu'il les appela à abandonner leurs divinités, et qu'il [énonça] leurs erreurs dans la Religion [le Chirk qu'ils faisaient], leurs bras envers lui et ceux qui répondirent à son appel parmi ses compagnons devinrent sévères. Ils leur firent, à lui et à eux, subirent de nombreux genres de maux. Et ceci est la Sounnah d'Allâh -Subhânnahu wa ta'âla- envers Sa création, de même qu'Il, ta'âla, a dit :
« Il ne t'est dit que ce qui a été dit aux messagers avant toi » [22]
Et Il a dit :
« Ainsi, à chaque Prophète, Nous avons assigné un ennemi : des diables parmi les hommes et les Djinns » [23]
Et Il a dit :
« Ainsi aucun Messager n'est venu à leurs prédécesseurs sans qu'ils n'aient dit : "C'est un magicien ou un possédé ! Est-ce qu'ils se sont transmis cette injonction ? Ils sont plutôt des gens transgresseurs » [24]
Et Il -Subhânnahu- a persuadé et consolé Son Prophète par ceci, expliquant qu'il avait un bon exemple en ces messagers qui sont venus avant lui. Et il l'a également consolé et encouragé ses suiveurs par Sa Parole :
« Pensez-vous entrer au Paradis alors que vous n'avez pas encore subi des épreuves semblables à celles que subirent ceux qui vécurent avant vous ? Misère et maladie les avaient touchés ; et ils furent secoués jusqu'à ce que le Messager, et avec lui, ceux qui avaient cru, se fussent écriés : « Quand viendra le secours d'Allâh ? » - Quoi ! le secours d'Allah est sûrement proche. » [25]
Et Sa Parole :
« Alif, Lâm, Mîm. Est-ce que les gens pensent qu'on les laissera dire : « Nous croyons ! » Sans les éprouver ? Certes, Nous avons éprouvé ceux qui ont vécu avant eux ; (Ainsi) Allah connaît ceux qui disent la vérité et ceux qui mentent. Ou bien ceux qui commettent des méfaits, comptent-ils pouvoir Nous échapper ? Comme leur jugement est mauvais !
Celui qui espère rencontrer Allâh, le terme fixé par Allâh va certainement venir. Et c'est Lui l'Audiant, l'Omniscient. Et quiconque lutte, ne lutte que pour lui-même, car Allâh peut Se passer de tout l'univers. Et quant à ceux qui croient et font de bonnes œuvres, Nous leur effacerons leurs méfaits, et Nous les rétribuerons de la meilleure récompense pour ce qu'ils auront accompli. Et Nous avons enjoint à l'homme de bien traiter ses père et mère, et « si ceux-ci te forcent à M'associer, ce dont tu n'as aucun savoir, alors ne leur obéis pas ». Vers Moi est votre retour, et alors Je vous informerai de ce que vous faisiez.
Et quant à ceux qui croient et font de bonnes œuvres, Nous les ferons certainement entrer parmi les gens de bien. Parmi les gens il en est qui disent : "Nous croyons en Allah" ; puis, si on les fait souffrir pour la cause d'Allâh, ils considèrent l'épreuve de la part des hommes comme un châtiment d'Allâh. Or, s'il vient du secours de ton Seigneur, ils diront certes : « Nous étions avec vous ! » Allâh n'est-Il pas le meilleur à savoir ce qu'il y a dans les poitrines de tout le monde ?
Allâh connaît parfaitement les croyants et connaît parfaitement les hypocrites. » [26]
[L'épreuve après que l'on ait dit « je crois », et comment l'on est renforcé et rendu ferme]
Puis que le serviteur médite sur la mise en forme de ces versets en ce qu'ils contiennent de leçons (d'admonestations) et de trésors de science. Car les gens, lorsque les Messagers leur furent envoyés, étaient entre deux conditions :
a) soit l'un d'entre dit : « j'ai cru ».
b) soit il ne le dit pas, et continue sur le mal et la mécréance.
Ainsi celui qui a dit « nous avons cru », son Seigneur va le mettre à l'épreuve et le tester et lui faire subir des tribulations [fitnah]. Et « al-fitnah » consiste en l'affliction [al-ibtila] afin que le véridique soit démarqué du menteur. Et celui qui dit « nous avons cru » alors qu'il ne pense pas qu'il puisse échapper à Allâh, et passer à côté, car Il possède les diverses étapes (du destin de la personne) entre Ses [deux] Mains.
Et comment un homme peut-il Lui échapper avec ses péchés, alors que les diverses voies sont en vérité entre Ses Mains
Ainsi, quiconque avait cru dans les Messagers et leur a obéit, alors ses ennemis lui montreront de l'inimitié et lui nuiront. Ainsi il sera testé par ce qui va lui faire du mal. Et s'il ne croit pas en eux, et ne leur obéit pas [aux Messagers], il sera châtié dans ce monde et dans l'au-delà, et ainsi il recevra ce qui lui est pénible, et cette chose, qui lui nuit, est plus grande que la douleur et plus durable que la douleur qui est subit par les suiveurs [des Messagers].
Dès lors, il n'y a pas d'échappatoire au fait de subir des maux, et ce pour toute âme que ce soit qui a cru ou bien qui n'a pas voulu croire. Cependant, le Croyant subit la douleur dans ce monde initialement, puis il reçoit la bonne fin dans ce monde et dans l'au-delà. Quant à celui qui se détourne d'al-Imân, il goûte le plaisir et le plaisir initialement, puis il entre dans une peine éternelle. Et Ach-Châfi'î (rahimahullâh) fut interrogé :
« Lequel des deux est le plus excellent pour un homme ? Qu'il soit fermement établit soit qu'il soit mis à l'épreuve ? » Il répondit : « il ne sera point fermement établit jusqu'à temps qu'il ne soit (d'abord) mis à l'épreuve. Et Allâh Ta'âla a mis les cinq Messagers de ferme résolution à l'épreuve et lorsqu'ils furent patients Il les établit fermement ».
Donc que nul ne pense qu'il sera libéré de toute douleur. En accord avec leurs douleurs, les gens varient selon leur intellect. Ainsi le plus intelligent est celui qui a vendu une peine éternelle en échange d'une peine temporaire et légère. Et le plus misérable d'entre eux est celui qui a vendu un peine temporaire et légère contre l'immense peine éternelle.
--------------------------------------------------------------------------------
[1] Zâd al-Ma'âd - 3/5-13, publié par Mou'assisat Ar-rissala, Beyrouth, Liban. Nous (salafipublications) avons ajouté les titres entre crochets afin d'aider à la compréhension et de donner une structure à l'article.
[2] Sourate AL-Fourqan, 25/52
[3] Sourate At-Tawbah 9/73
[4] Ainsi ce Djihâd est entrepris pas les Grands Savants de l'Islâm qui transmettent les preuves du Qor'ân ouvertement et de façon manifeste, et ils sont les savants de la 'aqîda ferme et certaine et du « manhâj » [voie] ferme et certain. Et par cela, les affaires de l'Islam et de la Sounnah sont connue ouvertement et propagées, de telle sorte que les hypocrites et leurs caractéristiques sont également connues et rendues manifestes, par la voie de la mise en avant de l'Islâm par le biais des efforts de ces savants. Et parmi ceux qui ont une grande part de ce travail à cette époque, sont ceux qui ont transmis, avec force détails, les preuves du Qor'ân et les preuves de la Sounnah et la « 'Aqîda Salafiyyah », et le « Manhâj as-Salafî », de telle façon que les Zanadiqa [mécréants] et les Mounafiqîn soient exposés et découverts. Et parmi les Mounafiqîn sont ceux qui corrompent la 'aqîda, et d'autres qui corrompent la 'Ibâda [acte d'adoration] et d'autres qui corrompent le « manâhij » (pluriel de manhâj), et d'autres qui corrompent les mou'amalat [affaires sociales] et les siyassat [politiques], et d'autres qui apportent délibérément du mal au niveau de ce bas-monde envers les musulmans. Ainsi par le biais des Savants de la Sounnah et leurs efforts dans le prêche de l'Islâm correct et l'Imân [Foi] correcte avec tous leurs détails, et tout ce qui s'y oppose, le Djihâd contre les Mounafiqîn est établit par la transmission des preuves, de telle sorte que les preuves deviennent répandues, connues parmi les gens, et les Mounafiqîn deviennent isolés et leurs actions sont reconnues. Alors quand cela prend place, ils sont subjugués, et leur mal ne peut poindre à la surface
[5] Ceci est lorsqu'ils proclament ouvertement leur appel au Tawhîd et disent les paroles de vérité concernant la fausse religion des moushrikîn [polythéistes].
Ibn al-Qayyîm dit plus loin :
« Et lorsqu'il proclama publiquement le commandement d'Allâh, et qu'il fit da'wa [prêche] publiquement à son peuple, et qu'il les appela à abandonner leurs divinités, et qu'il (énonça) leurs erreurs dans la Religion [le Chîrk qu'ils faisaient], leurs bras envers lui et ceux qui répondirent à son appel parmi ses compagnons devinrent sévères. Ils leur firent, à lui et à eux, subirent de nombreux genres de maux ».
[6] Rapporté par Ahmad (6/21), son isnâd est bonne.
[7] Sourate Al-Fâtir, 35/6
[8] Sourate Al-Fourqan, 25/20
[9] Sourate Muhammah, 47/4
[10] Sourate Muhammad, 47/31
[11] Sourate Al-Anfal, 8/12
[12] Et ceci fait partie des « Sounnans » d'Allâh dont la signification véritable n'est pas comprise ni appréciée par bien des "réformateurs" et groupes et sectes, et qu'ils n'incluent pas dans le champ de leur da'wa. Et chaque calamité qui atteint les musulmans, les individus et les sociétés, revient à cela, à cause soit de la corruption [déviation] ou de la faiblesse de leur Imân [foi].
[13] Ed. lier cela à ce qui constitue le Djihâd contre l'âme et le Djihâd contre Chaytân, qui sont de 6 niveaux au total, et qui comprennent le Djihâd « fard' 'ayn » sur chaque individu. Survient la force, le pouvoir, et les moyens par lesquels il accomplit le Djihâd extérieur contre les ennemis d'Allâh, par son cœur, sa langue, sa main et ses biens, afin que la Parole d'Allâh soit la plus élevée
[14] Cela montre que l'obligation (des différents degrés) du Djihâd varie d'individu à individu, cela étant basé sur les facteurs que Ibn al-Qayyîm a cités.
Et ceci contient une réfutation de ceux qui font un principe de leur da'wa le fait l'appel à un niveau particulier du Djihâd et de le rendre « fard 'ayn » sur la Oumma. Cependant, il y a certaines situations où le niveau du Djihâd du combat spécifiquement devient obligatoire sur chaque individu d'un endroit, d'une époque ou d'une situation particulière. - voire plus tard
[15] sourate Al-Hadj, 22/78
[16] Rapporté par Hâkim (2/528) d'après Al-Hassan concernant la Parole d'Allâh : « Certes, avec la difficulté est toujours la facilité ». Il a dit : « Le Prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam) sortit réjouit et content, tandis qu'il riait et il dit : « une difficulté ne surpassera pas deux facilités, certes, après chaque difficulté vient la facilité ». Tous les rapporteurs sont thiqat [dignes de confiance]. Cependant, il est Mursal.
[17] sourate As-sajda, 32/24
[18] Rapporté par Mouslim (1910) dans le chapitre de l' « Imara » d'après Abû Houreyra. Il est également rapporté par Abû Dawoud (2502) dans le chapitre sur le « Djihâd »
[19] Sourate Al-Baqara 2/218
[20] Sourate Al-Moudaththir, 74/1-4
[21] Sourate Al-Hijra, 15/94
[22] sourate Foussilat 41/43
[23] sourate Al An'âm, 6/112
[24] sourate Adh-dhariya, 51/52-53
[25] Sourate Al-Baqarah, 2/214
[26] Sourate Al-'Ankabout, 29/1-11
vBulletin® v.3.6.5, Copyright ©2000-2008, Jelsoft Enterprises Ltd. Tous droits réservés - Version française vbulletin-fr.org